L’équipe du projet J’ai mon appart a ajouté 15 580 $ à sa collecte à la suite de l’ascension du Mont Albert. De gauche à droite: Félix Lapointe (capitaine de l’équipe), Jacinthe Cloutier (directrice adjointe des services spécifiques et spécialisés, clientèle adulte DI-TSA au CIUSSS-MCQ), Michèle Lafontaine (présidente du conseil d’administration de J’ai mon appart), Jean-Philippe Ranger (président de la Fondation La Canopée) et Marie-Louise Tardif (députée de Laviolette - Saint-Maurice).

J’ai mon appart récolte plus de 15 000 $

SHAWINIGAN — Grand moment de retrouvailles, mardi matin, entre l’équipe de la Fondation La Canopée et celle de J’ai mon appart, dont les ressources mises en commun ont permis d’amasser 15 580 $ lors de l’ascension du Mont Albert, en Gaspésie, le 28 septembre dernier. Le projet de construction de 12 appartements à loyer modique pour des adultes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme à l’arrière de l’ancienne école Saint-Jean-Bosco, dans le secteur Grand-Mère, s’approche lentement mais sûrement de son objectif de recueillir 1,2 million $ dans la communauté pour voir le jour.

Ce rendez-vous a notamment permis au capitaine des Geais Gris, Félix Lapointe, d’étreindre chaleureusement une représentante de son équipe, la députée de Laviolette – Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif. L’élue a participé à cette activité avec enthousiasme malgré l’humeur maussade de Dame Nature.

«Le temps était horrible», raconte-t-elle. «Il ventait, il s’est mis à pleuvoir, il faisait froid. Rendus en haut, certains disaient qu’il fallait redescendre pour rencontrer les autres. J’ai dit qu’on ne redescendait pas, parce qu’il fallait attendre que Félix arrive en haut. Jamais Félix n’allait abandonner. C’est un modèle de persévérance!»

La Fondation La Canopée a adopté l’ascension de montagnes comme activité de financement depuis quelques années. Le 28 septembre, quatre équipes composées de 48 participants, dont sept présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme, ont recueilli 21 601 $ pour l’ascension du Mont Albert. Formée en juin seulement, l’équipe de J’ai mon appart a gonflé la mise, en récoltant à elle seule 15 580 $. L’objectif de 10 000 $ a donc été aisément surpassé.

«C’est réellement un beau travail, en si peu de temps», fait remarquer Jean-Philippe Ranger, président de la Fondation La Canopée. «Après huit montées, nous sommes capables de déceler les efforts hors du commun. C’en était un!»

Michèle Lafontaine, présidente du conseil d’administration de l’organisme sans but lucratif J’ai mon appart, s’enthousiasme de constater la solidarité de la communauté shawiniganaise autour de ce projet, alors que 40 % de l’objectif est maintenant atteint. De son côté, Mme Tardif n’hésite pas à qualifier l’organisme de modèle pour l’ensemble du Québec.

Mardi d’ailleurs, Sylvie Poirier, une amie de longue date de Michèle Lafontaine, s’était déplacée à cette activité pour prendre de l’information. Maintenant établie dans l’est de la province, elle confirme que J’ai mon appart attire les regards.

«Ça fait seulement trois ans que je vis en Gaspésie», explique-t-elle. «J’ai commencé à regarder dans mon nouveau milieu et il n’y a pas de service comme celui -là, même s’il y a des besoins. Il y a des personnes avec déficience intellectuelle légère qui sont dans leur famille, même si elles sont adultes. Ce sont des besoins criants. Le projet est tellement bien structuré que je regarde ça de près. Peut-être y aurait-il quelque chose à faire dans notre milieu...»

Jacinthe Cloutier, directrice adjointe des services spécifiques et spécialisés, clientèle adulte DI-TSA (22 ans et plus) au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, croit aussi que le modèle fera école. Pour la portion du territoire comprenant Shawinigan, La Tuque, Louiseville et Batiscan, pas moins de 319 adultes de plus de 22 ans vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme doivent se trouver un milieu de vie adapté, sans compter 38 autres qui ont entre 18 et 21 ans.

«Des gens très autonomes, d’autres qui cherchent davantage d’aide», explique-t-elle. «C’est important d’avoir un continuum résidentiel adapté à chacune des conditions des personnes. J’ai mon appart vient vraiment remplir un vide que nous avions.»

La Fondation La Canopée a amassé plus de 200 000 $ par ces diverses ascensions au fil des ans. En janvier, 22 participants s’envoleront pour l’Équateur pour affronter le volcan Cotopaxi, d’une altitude de près de 6000 mètres.