Les 48 jeunes de l’école secondaire Val-Mauricie ont visité plusieurs villes en Italie, dont Rome
Les 48 jeunes de l’école secondaire Val-Mauricie ont visité plusieurs villes en Italie, dont Rome

Isolement volontaire recommandé pour les élèves de Val-Mauricie de retour d'Europe

SHAWINIGAN — Les 48 jeunes de l’école secondaire Val-Mauricie, qui revenaient vendredi de leur voyage en Grèce et en Italie, ne sont visiblement pas au bout de leur aventure. Une directive d’isolement volontaire a été émise à leur endroit, en lien avec l’épidémie de coronavirus qui continue de gagner en importance à travers le monde. Par mesure préventive, on leur suggère, tout comme à leurs accompagnateurs, de rester à domicile pour une durée de deux semaines.

C’est la Commission scolaire de l’Énergie qui s’est tournée vers les autorités publiques de la Santé, dans la journée de jeudi, pour savoir comment gérer le retour des voyageurs. La directive de la Santé publique serait arrivée en milieu d’après-midi, vendredi, à quelques heures de l’arrivée des élèves. On s’est empressé d’aussitôt relayer l’information aux parents, fait valoir Amélie Germain-Bergeron, coordonnatrice aux communications à la Commission scolaire de l’Énergie.

Au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ), on indique que la situation a été évaluée en tenant compte de l’itinéraire emprunté par le groupe et en considérant que l’ensemble des voyageurs semblait en bonne santé et ne présentait aucun symptôme de la maladie.

Appelé à commenter le fait que la recommandation soit émise à quelques heures seulement du retour des élèves, Guillaume Cliche, agent d’information au CIUSSS-MCQ, souligne que la situation évolue rapidement et qu’il y avait plusieurs facteurs à considérer.

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À lire également: «J’étais inquiète de le laisser partir»: des jeunes de l’école Val-Mauricie en voyage en Italie

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Minimiser les contacts

Dans la lettre de recommandation, on suggère aux élèves et aux accompagnateurs de «s’isoler volontairement à leur domicile pendant une période de 14 jours» et d’«éviter tout rassemblement social et les milieux suivant: travail, école, garderie, établissement de santé, résidence de personnes âgées».

On précise que les contacts avec les personnes âgées ou malades devraient être évités. On souligne également qu’on ne devrait pas recevoir de visiteurs à la maison, tout comme on ne devrait pas utiliser les transports en commun.

On demande enfin aux voyageurs d’être attentifs à l’apparition de «symptômes compatibles avec le COVID-19», telles la fièvre ou la toux, et de contacter Info-Santé (811) sans attendre, le cas échéant.

Au CIUSSS-MCQ, on explique que l’isolement volontaire est présentement de mise pour les voyageurs arrivant de Chine ou d’Iran, mais que compte tenu de l’importance du groupe d’élèves de Val-Maurice, du fait qu’ils sont tous appelés à fréquenter le même bassin de 900 élèves et qu’ils ont voyagé dans le troisième pays le plus touché par l’épidémie, on aura jugé opportun d’appliquer une mesure plus serrée.

Compte tenu des circonstances, il serait difficile de circonscrire rapidement le foyer d’éclosion, si jamais il y avait développement de symptômes, fait valoir Guillaume Cliche.

Communications de dernière minute

À la Commission scolaire, on dit avoir avisé les parents de la directive par courriel et par le biais d’un groupe Facebook privé, mis en place pour la durée du voyage. Amélie Germain-Bergeron soutient par ailleurs avoir répondu à des centaines de messages de parents en après-midi.

Or, des parents que nous avons joints à Montréal, alors qu’ils attendaient l’arrivée de leur enfant en fin d’après-midi, affirmaient toujours ignorer le mot d’ordre. «Je n’ai rien eu comme données», maintient Alain Boucher. «De quelle façon ils ont envoyé ça?.. Moi je n’ai rien eu personnellement», indique-t-il.

«J’ai hâte de vivre le moment avec ma fille, s’il y a des indications par la Commission scolaire, par le groupe, ils me le diront. Mais moi, personnellement, on a décidé de vivre le moment et d’attendre nos enfants», ajoute M. Boucher, qui confiait plus tôt cette semaine au Nouvelliste avoir vécu un peu d’inquiétude à l’approche du voyage, tandis que l’épidémie commençait à gagner du terrain.

Dans la même veine, Luc Arvisais, qui attendait également le retour de sa fille, se disait davantage préoccupé par les retrouvailles imminentes que par une directive dont il avait vaguement eu écho. «J’ai hâte d’entendre ma fille me raconter quel beau voyage elle a vécu, le reste on le gérera plus tard», lance-t-il.

Gérer l’absence prolongée

Puisque la directive est volontaire, la Commission scolaire ne tient pas pour acquis qu’elle sera suivie par l’ensemble des élèves. «Les parents devront décider de quelle façon ils partent avec la recommandation de la Santé publique», indique Mme Germain-Bergeron.
S’en remettant à «la bonne foi» des gens, on concédait toutefois s’attendre à ce qu’un certain nombre d’élèves s’y conforment. «On serait des plus étonnés si lundi matin les 48 élèves se présentaient à l’école», convient-on.

On disait donc prendre acte de la recommandation et en être à une réflexion sur la gestion de la situation d’un point de vue académique. La marche à suivre devrait se préciser en début de semaine, relate Mme Germain-Bergeron, soulignant que l’objectif demeure de «minimiser au maximum les impacts de l’isolement et de ne pas ralentir leur progression scolaire».

Même mesure en Beauce

Un groupe de 37 élèves de la Beauce, ayant également séjourné en Italie dans les derniers jours, est aussi touché par une recommandation d’isolement volontaire.

Les élèves de la Polyvalente Benoît-Vachon n’avaient d’abord pas été l’objet de directives particulières, avant que la Direction de la Santé publique se ravise et suggère aux jeunes voyageurs de ne pas fréquenter les milieux «où il serait difficile de vous isoler rapidement».
Les jeunes beaucerons qui décideront de suivre la directive devront donc passer les 12 jours à la maison.