Invasion de domicile: «C’est un criminel de carrière»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Stéphane Lévesque devra demeurer derrière les barreaux jusqu’à la fin des procédures judiciaires, c’est ce qu’a conclu le juge Jacques Lacoursière aux termes de l’enquête sur remise en liberté. L’homme de 52 ans est accusé, entre autres, d’introduction par effraction, de voies de fait armé et de voies de fait causant des lésions corporelles en lien avec une invasion de domicile qui a eu lieu sur la rue des Rondiers à La Tuque en avril.

«Ce sont des accusations extrêmement graves qui ont été portées contre M. Lévesque», a indiqué le juge lors de sa décision sur la remise en liberté de l’accusé.

«Aujourd’hui, j’ai une preuve non contredite que c’est une invasion de domicile. C’est une attaque sournoise de quelqu’un qui dormait dans sa résidence», a-t-il ajouté.

Le juge a également souligné que le Tribunal lui avait fait confiance à plusieurs reprises avec des conditions qu’il n’avait pas respectées.

Le juge a conclu que la détention de l’accusé devait être ordonnée pour assurer la sécurité de la victime et des témoins et pour ne pas miner la confiance du public.

Une ordonnance interdit aussi à l’accusé de communiquer avec certains témoins et la victime.

Dans la nuit du 6 avril, un homme a été attaqué dans sa résidence alors qu’il dormait. Ce sont les coups qui l’ont réveillé. L’agresseur avait été surpris par des témoins et avait pris la fuite.

Steve Blanchette avait subi de nombreuses blessures au dos, aux bras, mais surtout au visage. La victime dans cette histoire avait d’ailleurs raconté ces minutes d’horreur au Nouvelliste. Il avait témoigné avoir été agressé sauvagement.

«Le docteur qui m’a refait la face a dit que c’était trop magané pour que ce soit un poing. J’ai failli perdre un œil et la vue. S’il n’y avait eu personne d’autre, je serais mort. C’est un monstre qui est entré ici», avait-il indiqué en entrevue au Nouvelliste.

Le procureur a d’ailleurs présenté au Tribunal le rapport médical des blessures de la victime rapportant, entre autres, une fracture du sinus maxillaire et une fracture de l’os nasal.

Il a également présenté les nombreux antécédents de l’accusé qui cumule une douzaine de bris d’engagement et plus d’une vingtaine d’antécédents en matière de crime violent et d’introduction par effraction.

Steve Blanchette avait raconté l’événement au <em>Nouvelliste</em> en avril dernier.

«On a un individu qui a passé 20% de sa vie derrière les barreaux. C’est un criminel de carrière», a plaidé le procureur.

On apprend également dans la preuve présentée au Tribunal que lors de la première rencontre de Stéphane Lévesque avec les policiers, il aurait nié être impliqué. Il aurait toutefois affirmé qu’il était content que ce soit arrivé, mais «qu’il n’aurait pas fait ça de cette façon».

Soupçonné par les policiers, Lévesque avait quitté La Tuque pour prendre la fuite vers Saint-Hyacinthe où il avait finalement été arrêté plus tard par la Sûreté du Québec caché «sous une pile de vêtements» dans une salle de lavage.

Une histoire de cœur serait le mobile dans cette affaire, selon la Couronne. L’accusé aurait même envoyé une lettre du centre de détention en 2015 à l’accusé lui signifiant de «lâcher sa femme».

Stéphane Lévesque aurait également confessé son crime à un témoin dans ce dossier. Le procureur de la Couronne a dévoilé durant l’audience différentes déclarations extrajudiciaires de l’accusé qui aurait dit aux policiers: «Vous voulez que ce soit moi, alors c’est moi, c’est moi, c’est moi».

Après l’interrogatoire, il aurait déclaré spontanément de sa cellule: «J’ai encore scrappé ma vie», «Gang de caliss, ils m’ont vendu», «Gang de chiens, du monde que j’ai aidé».

«Ce n’est pas compliqué, dans son interrogatoire, il corrobore tous les faits sauf avoir frappé», a souligné Me Thériault.

L’avocat de la défense pour sa part avait tenté d’offrir des garanties au Tribunal pour la remise en liberté de son client. Il avait également fait valoir que la description de l’individu ne concordait pas avec les vêtements saisis dans l’appartement de son client.

L’avocat de la défense a aussi noté qu’il n’y avait pas d’ADN ou d’empreintes retrouvées sur la scène de crime qui pourraient rattacher l’accusé à l’événement.

Il a également fait remarquer que la victime «n’est pas un ange» selon des témoins.

L’accusé demeure donc détenu pour la durée des procédures judiciaires.