Des pêcheurs disent avoir été victimes d'intimidation au réservoir Gouin de la part d'un groupe d'autochtones.

Intimidation au réservoir Gouin

Des pêcheurs qui célébraient sur une des nombreuses plages du Réservoir Gouin, en Haute-Mauricie, ont vu leur séjour prendre fin abruptement le week-end dernier. Ils disent avoir été victimes d'intimidation de la part d'un autre groupe autochtone qui s'amenait sur la même île pour camper. Des propos qui surprennent le chef de la communauté atikamekw d'Opitciwan, Christian Awashish.
«C'est un événement déplorable», a lancé d'entrée de jeu Michel Lacroix, propriétaire de la Pourvoirie Marmette sur le Gouin.
Il s'agissait de retrouvailles entre des finissants de l'université de Sherbrooke, une croisière de quatre jours sur le réservoir Gouin en bateau-maison. Tout avait été prévu sur cette île par les gens de la pourvoirie. Les chapiteaux, les tables, le bois, le feu... tout avait été minutieusement installé. 
«On était quinze, tout allait bien. C'était le bonheur total et il faisait super beau. Dimanche après-midi, il est arrivé un bateau en catastrophe. [...] Ils étaient deux gars. On est allé les rencontrer. Là, ils nous ont dit qu'ils étaient une cinquantaine à s'en venir, des gens en canots et des accompagnateurs. C'était l'endroit où ils avaient décidé qu'ils allaient coucher», a raconté M. Lacroix.
«Cette île-là est grande, mais c'est cette plage-là qu'ils voulaient. C'était ridicule, on était installé là», a-t-il ajouté.
Une heure après, d'autres gens se sont amenés sur l'île et auraient mentionné aux gens qui étaient installés là depuis quelques jours «qu'ils n'avaient pas d'affaires là».
«Les canots sont arrivés ainsi que les accompagnateurs. Ils ont débarqué à travers nos embarcations, il n'y avait plus de place sur la plage. Ils ont commencé à mettre leurs affaires derrière les nôtres. Il y a des gens qui ont commencé à être nerveux dans notre groupe. On a commencé à discuter, et là, un d'entre eux nous a dit qu'ils allaient pousser nos bateaux-maison si on ne partait pas. On n'a pas répliqué», poursuit M. Lacroix.
Des gens de la pourvoirie ont été appelés en renfort sur le site, et un appel a été logé à la Sûreté du Québec. Les négociations ont continué, mais voyant que cela ne menait à rien, ils ont plié bagage et quitté les lieux.
«C'est de l'intimidation totalement. C'est ridicule, car ce n'est pas les plages qui manquent autour. Ils voulaient montrer qu'ils étaient chez eux et qu'il fallait vivre avec ça.»
Comble du malheur, lors du trajet de retour «occasionné par cette expulsion», les embarcations se sont retrouvées au coeur d'une violente tempête sur le Gouin.
«Il y aurait pu avoir des conséquences dramatiques, sans la présence des trois employés de la pourvoirie qui avaient été appelés en renfort pour aider à dénouer l'impasse», insiste le propriétaire de la pourvoirie. 
Si ce dernier a décidé de raconter l'incident, c'est pour dénoncer la situation, mais il n'a pas l'intention d'aller plus loin.
«Je ne veux pas envenimer la situation. Je suis prêt à rencontrer le chef pour en discuter de vive voix. Je suis certain que de notre côté on n'a rien fait de mal. [...] On espère que ça va servir d'exemple pour que ça aille mieux dans le futur», a noté Michel Lacroix.
«Un événement malheureux»
Le groupe d'autochtones en question est composé de jeunes canotiers accompagnés par des adultes qui sont en randonnée entre Opitciwan et Manawan. On parle d'une quarantaine de jeunes. 
«Ils devaient s'arrêter là, mais il y avait quatre bateaux-maison. Ce que l'on nous a rapporté, c'est que les gens ne voulaient pas se déplacer. Il y aurait eu des échanges élevés. [...] Il n'y a pas eu d'altercation. C'est un événement malheureux des deux côtés, malheureusement le pourvoyeur n'a pas d'exclusivité sur le territoire», a lancé le chef du conseil des Atikamekws d'Opitciwan, Christian Awashish. 
«J'ose croire que ce n'était pas de l'intimidation. Ce sont des jeunes accompagnés d'adultes dans un objectif de pratique culturelle. Je ne crois pas que ça puisse aller jusque-là. [...] On nous a dit qu'ils avaient consommé de l'alcool, alors c'est difficile de dire qui était le plus agressif entre les deux. C'est difficile à dire», a-t-il ajouté.
Des mesures ont quand même été mises en place pour la fin de trajet pour éviter ce genre de situation. Deux policiers vont accompagner le groupe d'Opitciwan.
«Probablement que chacun se chicane les meilleurs attraits du réservoir Gouin. C'est une situation malheureuse, mais un principe qui est toujours respecté, c'est de partager le territoire», a-t-il conclu.