Un policier assure la traversée des élèves au coin de la rue Bellefeuille et de la Côte Richelieu.
Un policier assure la traversée des élèves au coin de la rue Bellefeuille et de la Côte Richelieu.

Intersection dangereuse: le syndicat des brigadiers interpelle la Ville de Trois-Rivières

Marc-André Pelletier
Marc-André Pelletier
Initiative de journalisme local - Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le Syndicat des brigadiers de la Ville de Trois-Rivières interpelle l’administration municipale afin qu’elle sécurise l’intersection Bellefeuille/Côte Richelieu, dont les enjeux de sécurité ont été dénoncés par deux mères qui accompagnent leur enfant à l’école du secteur.

Lundi, deux mamans dénonçaient le fait qu’elles avaient dû faire traverser elles-mêmes leurs enfants en raison de l’absence d’une brigadière à cette intersection passablement achalandée.

Mardi, le Syndicat a soutenu en entrevue avoir eu des discussions avec la Ville «depuis le début de l’année» concernant l’endroit en question, afin de la sensibiliser au niveau de danger présent.

«Soyons clair: ce n’est pas un moyen de pression. La brigadière trouvait son travail dangereux et la Ville lui a demandé de rester à la maison après la visite d’un inspecteur de la CNESST», explique Sébastien Desnoyers, conseiller syndical.

L’inspecteur en question s’est présenté sur place jeudi dernier pour constater le travail effectué par la brigadière et évaluer le degré de danger de l’endroit. Dans son rapport, dont Le Nouvelliste a obtenu copie, il précise que le travail de la brigadière est effectué dans les règles de l’art et que la Ville doit prendre action rapidement.

En voici un extrait:

«Lors des 45 minutes passées sur place, je constate que la brigadière applique très bien les règles pour assurer la sécurité des enfants, mais que pour ce faire, elle doit se mettre en danger presque à chaque passage de piétons. En effet, en 45 minutes, je constate au moins une quinzaine d’automobilistes agressifs qui traversent alors que la pancarte est en place. Je vois des automobilistes qui décident de passer alors qu’elle signale son intention de faire traverser les enfants, des automobilistes tournent alors que des enfants sont engagés et d’autres traversent en contournant les piétons alors que la brigadière montre sa pancarte. Plusieurs automobilistes se montrent agressifs et ont des gestes d’impatience envers la brigadière et les piétons. Plusieurs enfants me signalent eux-mêmes qu’il est évident que ce coin est dangereux car des voitures passent même quand ils sont dans la rue. Je considère que cette intersection pose un problème grave pour la sécurité de la travailleuse et les citoyens en général. Considérant que le danger vient des automobilistes qui ne respectent pas les consignes et qu’il est donc difficile d’éliminer le danger à la source, la Ville devra trouver des solutions à court terme […] Ce coin de rue ne peut être géré de façon sécuritaire par un brigadier considérant le non-respect des indications par les automobilistes. La Ville devra donc proposer des changements immédiats et à long terme.»

À la Ville, on promet d’être proactif et de chercher la meilleure option.

«On travaille actuellement sur des solutions et jusqu’à nouvel ordre, ce sera un policier qui assurera la traversée des piétons. Ce qui s’est passé lundi était toutefois un problème de communication. Nous cherchons une solution pour régler le problème sur le long terme. Dans ce dossier, il y a aussi une question du comportement des automobilistes et il faut s’assurer que le message de prudence passe auprès d’eux», précise Guillaume Cholette-Janson, porte-parole de la Ville.

N’empêche, le Syndicat affirme que la municipalité fait la sourde oreille depuis longtemps.

«On aimerait que la Ville nous contacte afin de créer un comité de sécurité. Ça fait depuis le mois de septembre qu’on le demande. Tout ce qu’on veut, c’est la sécurité de tous. On avait même avisé la conseillère municipale du secteur, il y a un mois et demi et elle nous a dit que ce n’était pas de son ressort», mentionne Hélène Duplessis, trésorière du Syndicat.

Le conseiller syndical Desnoyers abonde dans le même sens.

«On a interpellé la Ville à la fin de la semaine dernière et on n’a toujours aucun retour d’appel», se désole-t-il.

Interrogé à ce sujet, M. Cholette-Janson a souligné que la Ville s’empresse de présenter un plan de match à la CNESST et assure que «le syndicat fera partie des discussions».