Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, espère que Québec va envoyer l’argent rapidement.

Internet haute vitesse: «tout ça n’a aucun sens»

La Tuque — «On est totalement prêt. J’ai même reçu récemment un calendrier de déploiement. L’argent est là, mais il ne verse pas l’argent, c’est ça le gros problème. On est écœuré de ça parce que ça ralentit notre projet réellement. On veut que ça aboutisse». Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, en a ras le bol, il implore Québec de verser l’argent du projet de Solution Ambra au plus vite pour que le projet se mettre en branle. Il n’est pas le seul à attendre du financement pour un projet d’Internet haute vitesse, la MRC de Bécancour est également dans le même bateau.

«Le problème, c’est que le fédéral a donné l’argent au provincial et le provincial ne donne pas l’argent aux compagnies. Il faut dénoncer ça. Québec n’a pas encore donné l’argent à Ambra pour qu’ils puissent aller de l’avant pour le déploiement des travaux», a lancé d’entrée de jeu le maire de La Tuque qui commence à être impatient.

Rappelons qu’à l’été 2017, Québec et Ottawa ont annoncé qu’ils investiraient une somme totale de 26 millions de dollars dans deux projets d’infrastructure de télécommunication, menés par Solutions Ambra, qui vont permettre le branchement à Internet haute vitesse et l’augmentation de la couverture cellulaire sur la route 155.

«C’est une enveloppe de 26 millions. Les gens ont fait les études, les travaux, ont développé des technologies… Chaque problème rencontré a été traité. J’ai le calendrier et là on me dit que l’argent n’a pas été versé de Québec pour commencer les travaux. On est prêt. Ça retarde le calendrier. Plus on retarde le calendrier plus on met nos régions à risque, et moins de développement économique se fait dans nos régions. On a besoin de ce projet-là. Ça n’a aucun sens, ils ont promis… alors qu’ils envoient l’argent», insiste le maire de La Tuque.

On parle dans le projet de la construction d’une nouvelle dorsale de fibre optique entre Saint-Tite et Chambord. Les nouvelles infrastructures permettront aux citoyens de Lac Édouard, La Bostonnais, Hervey-Jonction, Saint-Joseph-de-Mékinac, Lac-à-Beauce, Lac-Chat, Lac-Bouchette, Parent et La Tuque de bénéficier d’un réseau Internet à fibre optique performant et de nouvelles tours cellulaires LTE. Le projet permettra, par la bande, d’augmenter le service cellulaire sur la route 155.

«Il faut faire des pressions pour qu’ils versent l’argent pour qu’on puisse avancer. C’est incroyable», a lancé le maire de La Tuque.

82 projets en attente
La Tuque n’est pas seule, au total 82 projets en région annoncés par Ottawa et Québec n’ont pas reçu les montants promis pour le déploiement des réseaux Internet haute vitesse.

La Voix de l’Est révélait, la semaine dernière, que plusieurs projets étaient encore au stade de l’analyse par des ingénieurs fédéraux au ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique. Quelques-uns auraient été transmis aux fonctionnaires provinciaux du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI) où ils font l’objet d’autres analyses.

C’est le cas pour le projet de la MRC de Bécancour. Ottawa et Québec se sont engagés le 17 novembre dernier à injecter 7 des 15,9 millions de dollars pour doter les 12 municipalités de la région d’une connexion haute vitesse par fibre optique.

En entrevue avec La Voix de l’Est, le directeur général de la MRC de Bécancour, Daniel Béliveau, a dénoncé la lourdeur administrative et «le manque de confiance des gouvernements envers la capacité des municipalités et des MRC à mener des projets d’ampleur».

«On les attend encore», a-t-il lancé en parlant des subventions.

Le projet de la MRC, assure-t-il, a été longuement pensé et planifié et toutes les données techniques ont été colligées avec soin. «Ce sont des dossiers complexes à analyser, on comprend ça. Mais on a dépensé plus de 800 000 $ seulement en ingénierie pour avoir des données fiables. Pourquoi doit-on tout vérifier à nouveau? On a la ceinture, les bretelles et on en veut une deuxième paire. C’est trop.»

Une meilleure cohésion entre les programmes fédéral et provincial d’accès à Internet haute vitesse est souhaitable pour améliorer la situation, croit M. Béliveau.