Le GRIL craint que sans cette mesure de contrôle, la redoutée carpe asiatique, qui a été signalée dans le fleuve récemment, se retrouve dans les lacs et les eaux intérieures du Québec.

Interdiction des poissons-appâts: les bons effets côtoient les mauvais

La question de l'interdiction de pêcher avec des poissons-appâts vivants refait surface alors que le GRIL (Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique) a pris position, jeudi, en faveur de la nouvelle réglementation du gouvernement.
Le GRIL rappelle que «des recherches menées par Pierre Magnan, professeur à l'UQTR et membre du GRIL qui a travaillé pendant plus de 30 ans sur l'impact de l'introduction de poissons-appâts, ont montré que les lacs québécois qui ont connu de telles introductions ont affiché des baisses de rendement à la pêche sportive de 50 % à 70 % en truite mouchetée».
De leur côté, l'Aire faunique communautaire du lac Saint-Pierre et la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs sont revenues à la charge, jeudi, pour faire connaître leurs craintes face aux effets indirects de la nouvelle interdiction.
Selon leur point de vue, cette réglementation provoquera «une forte diminution du nombre de pêcheurs sportifs, de pêcheurs commerciaux de poissons-appâts, de guides de pêche et de centres de pêche». Or ces derniers, estiment les deux organismes, «constituent un essentiel réseau de suivi des espèces aquatiques envahissantes».
«Jamais le MFFP (ministère des Forêts, Faune et Parcs) ne sera en mesure de les remplacer, faute de moyens financiers», estiment-ils.
«Les pêcheurs commerciaux de poissons-appâts pourraient même participer» au contrôle des espèces envahissantes «puisqu'ils en font la capture dans leurs engins de pêche. C'est d'ailleurs un non-sens que le ministère, actuellement, leur interdise d'éliminer les espèces envahissantes qu'ils capturent et qu'il les oblige à les remettre à l'eau», font valoir les deux organismes au passage.
Le GRIL plaide toutefois que des sondages effectués au Canada et aux États-Unis démontrent qu'entre 20 % et 40 % des pêcheurs reconnaissent avoir libéré leurs appâts. Rien ne laisse croire que les pêcheurs du Québec n'ont pas la même habitude.
Le GRIL craint que sans cette mesure de contrôle, la redoutée carpe asiatique, qui a été signalée dans le fleuve récemment, se retrouve dans les lacs et les eaux intérieures du Québec. 
Bref, ce sont tous les systèmes aquatiques du Québec que l'on veut protéger.