Les députés britanniques se prononcent mardi sur l'accord de Brexit négocié par Theresa May avec Bruxelles.

Une députée britannique reporte sa césarienne pour pouvoir voter sur le Brexit

LONDRES — La députée travailliste Tulip Siddiq a reporté la césarienne qu’elle devait subir mardi pour pouvoir voter au Parlement britannique sur l’accord de Brexit négocié par la première ministre Theresa May avec l’Union européenne.

La députée de Hampstead & Kilburn (nord de Londres), par ailleurs nièce de la première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a repoussé la date de l’opération de deux jours et «compte être poussée en fauteuil roulant par son mari Chris» jusqu’au Parlement, selon le quotidien britannique Evening Standard.

«Si mon fils vient au monde même un jour plus tard que les médecins l’ont conseillé, mais que ce monde offre de meilleures chances de relation solide entre le Royaume-Uni et l’Europe, alors ça vaut le coup de se battre», a justifié la femme politique de 36 ans.

Généralement les parlementaires en fin de grossesse, venant d’accoucher ou malades peuvent se reposer sur un système informel de «jumelage» : les députés de partis rivaux s’accordent tous les deux pour manquer un vote, annulant ainsi les conséquences de leur absence. Mais cela demande des négociations et l’accord des whips, les députés chargés de faire respecter la discipline au sein des partis, un accord qu’ils risquent de ne pas donner lorsqu’il s’agit d’un vote crucial.

Tulip Siddiq a déclaré au Evening Standard ne pas faire confiance au système de jumelage.

En juillet 2018, le président du Parti conservateur, Brandon Lewis, avait rompu un engagement pris avec Jo Swinson, responsable adjoint des libéraux démocrates. Il s’était ensuite excusé et avait plaidé «l’accident».

«Si le système de jumelage n’est pas respecté, je ne peux rien faire, et ça va être un vote très serré», souligne Mme Siddiq, qui défend, comme des députés de tous bords politiques, de permettre le vote par procuration.

Un débat avait été organisé sur ce sujet il y a un an mais aucun changement n’a encore été fait, a regretté le président de la Chambre des communes, John Bercow, jugeant cela «franchement lamentable».