Akhtar Imam avec l’un de ses deux éléphants, dans le villa de Murgia Chai, en Inde, mardi 
Akhtar Imam avec l’un de ses deux éléphants, dans le villa de Murgia Chai, en Inde, mardi 

Un Indien lègue des terres à ses deux éléphants

PATNA - Un Indien a légué la majorité de ses terres à deux éléphants domestiqués qui l’ont présumément sauvé de criminels, une décision qui a contrarié sa femme et ses enfants.

Akhtar Imam, qui vit dans un village de l’État du Bihar (est de l’Inde), a amendé son testament pour que ses éléphants Moti («perle» en hindi) et Rani («reine») héritent de 2,5 hectares de ses terres à son décès.

«Je ne veux simplement pas que Moti et Rani, qui font partie de ma famille, souffrent» après sa mort, a déclaré cette semaine à l’AFP ce gérant d’un refuge pour animaux, en baignant les deux pachydermes pour les rafraîchir dans l’accablante chaleur estivale d’Inde.

«Je ne veux pas que mes éléphants subissent le sort d’éléphants orphelins ou captifs qui sont abandonnés et meurent dans la rue ou sur des terrains vagues en raison du manque de soins appropriés», a-t-il expliqué.

Cet Indien de 50 ans élève Moti, 20 ans, et Rani, 15 ans, depuis leur naissance. Ils sont la progéniture d’une autre éléphante domestiquée, décédée depuis.

Chacun des éléphants a deux employés dédiés qui s’en occupent nuit et jour. Le duo peut se promener librement sur la propriété d’Akhtar.

Son affection pour les deux pachydermes a été renforcée l’année dernière lorsqu’ils l’ont sauvé de «criminels armés», qui sinon l’auraient selon lui tué dans son sommeil.

«Lorsque j’ai ouvert ma porte pour voir pourquoi les éléphants barrissaient, j’ai vu qu’ils chassaient des criminels. C’était une manifestation exceptionnelle d’amour envers moi de la part des éléphants», a-t-il dit. «Je suis en vie grâce à mes éléphants, qui ont agi comme des gardes du corps pour moi.»

L’amoureux des animaux laissera aussi à sa femme et ses enfants un terrain, mais plus petit que celui accordé aux éléphants. Un choix qui les a laissés fort mécontents.

«Ils ne comprennent pas que les éléphants ne sont pas pour moi un objet de prestige (...) Ma relation avec les éléphants est à vie. Nous nous aimons.»

Sollicités par l’AFP, ses proches n’ont pas souhaité s’exprimer.

Ce geste survient au moment où une polémique fait rage en Inde après la mort cruelle d’une éléphante sauvage enceinte dans l’État du Kerala (sud), tuée par un fruit piégé avec des pétards.

Les autorités ont arrêté un suspect dans cette affaire, qui a provoqué une grande émotion dans le pays d’Asie du Sud.

L’éléphant d’Asie est inscrit sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Sur les 45.000 membres restants, environ un tiers vit en captivité. Certains éléphants d’Asie peuvent vivre au-delà de 70 ans.