La semaine dernière, la chaîne de télévision japonaise Asahi avait annulé une représentation de BTS après la publication d’une photo d’un de ses membres, Jimim, portant un T-shirt montrant une explosion nucléaire.

T-shirt et explosion nucléaire: les gérants des rois de la K-pop BTS s’excusent

SÉOUL - Les gérants de BTS, boys band adulé de Corée du Sud, se sont répandus en excuses après une controverse née sur le lucratif marché japonais à cause d’un T-shirt porté par l’un des chanteurs et montrant une explosion nucléaire.

Dans un communiqué en 1.000 mots publié en coréen, en anglais et en japonais, Big Hit Entertainment a présenté à plusieurs reprises «ses excuses les plus sincères».

Les gérants ont tenté de protéger les sept garçons idolâtrés par une armée d’admirateurs dans le monde entier en assumant toutes les responsabilités de l’affaire, ajoutant: «Big Hit ne tolère aucune activité de guerre ou l’utilisation d’armes atomiques».

En réponse à d’autres accusations selon lesquelles BTS s’est servi de symboles nazis, la société s’est dite opposée aux organisations «tendant à l’extrémisme politique et aux croyances totalitaires, y compris le nazisme».

Physique avenant, tenues soignées et chorégraphies méticuleusement orchestrées, les vedettes de BTS sont l’une des exportations musicales les plus lucratives de Corée du Sud.

Ils ont vendu 380.000 billets pour leur tournée japonaise en cours. Leurs singles s’arrachent à des centaines de milliers d’exemplaires.

Ce qui n’empêche que les Coréens conservent des souvenirs plus qu’amers de l’occupation brutale par le Japon de la péninsule entre 1910 et 1945, date de la capitulation japonaise précipitée par les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

Les contentieux historiques continuent de peser lourd sur les relations entre les voisins, deux démocraties alliées des États-Unis aux liens économiques et culturels forts.

La semaine dernière, la chaîne de télévision japonaise Asahi avait annulé une représentation de BTS après la publication d’une photo d’un de ses membres, Jimim, portant le T-shirt en question.

On y voyait deux photos, le champignon d’une explosion nucléaire ainsi que des Coréens célébrant la libération, avec en lettres majuscules un message répété à de multiples reprises: «PATRIOTISM OUR HISTORY LIBERATION KOREA».

Tandis que la querelle s’envenimait, des images d’un concert datant de 2017 ont émergé, montrant les garçons de BTS en uniforme et agitant des drapeaux qui, selon leurs critiques, rappelaient les symboles nazis. Des photos de 2014 sont également apparues, montrant le leader RM coiffé d’une casquette avec une tête de mort SS.

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Les SS ont joué un rôle majeur dans le génocide de six millions de Juifs durant l’Holocauste et une influente organisation de défense des droits de l’Homme a accusé le boys band de «se moquer du passé».

«Il va sans dire que ce groupe doit des excuses au peuple du Japon et aux victimes du nazisme», a réagi le rabbin Abraham Cooper du Centre Simon Wiesenthal à Los Angeles. «Les jeunes générations en Corée du Sud et dans le monde vont croire que l’intolérance et le sectarisme, c’est cool, et contribuer à l’effacement des leçons de l’Histoire».

Dans son texte publié sur Facebook mardi soir, Big Hit explique que lors du concert de 2017, BTS avait repris un titre du groupe sud-coréen Seo Taiji, «Classroom Idea», qui «dénonce l’éducation normalisée à coups de critiques sociales».

Il s’agissait de s’en prendre au totalitarisme et ce n’était «en aucune façon associé au National-Socialisme».

Big Hit n’a pas voulu «causer de détresse», mais est en train de contacter les associations de défense de victimes de la bombe atomique et le Centre Simon Wiesenthal pour s’expliquer et s’excuser.

BTS est devenu en mai le premier groupe du phénomène K-pop à se placer en tête du Billboard, le classement hebdomadaire des 200 meilleures ventes d’albums aux États-Unis.

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