Le larvicide biologique utilisé par GDG Environnement rend possible le contrôle des insectes piqueurs dans une zone donnée.

Insectes piqueurs: Shawinigan continue avec GDG Environnement

SHAWINIGAN — La Ville de Shawinigan a décidé de poursuivre le contrôle biologique des insectes piqueurs sur son territoire en confiant une nouvelle fois ce mandat à la firme trifluvienne GDG Environnement. Lors de la dernière assemblée publique régulière, un citoyen a questionné la pertinence de ce service, mais le maire, Michel Angers, est convaincu que la majorité des gens ne peuvent plus s’en passer.

GDG Environnement hérite de ce mandat pour la somme de 827 000 $ en 2020. Il s’agit d’un montant légèrement inférieur par rapport aux 835 380 $ exigés par la même entreprise cette année, mais la différence s’explique par une partie du rang Saint-Mathieu qui ne sera plus couverte.

Shawinigan n’a reçu aucune autre proposition pour ce contrat lors de l’appel d’offres publié cet automne, même s’il s’agit de l’un des plus importants mandats du genre au Québec. La dernière fois, en 2017, Conseillers forestiers Roy, de Saguenay, avait déposé une soumission. Son pointage obtenu dans la grille d’évaluation n’avait même pas permis à l’entreprise de se qualifier, ce qui avait soulevé l’ire de son directeur général. Antoine Roy a donc décidé de passer son tour cette fois-ci.

«C’est un choix d’affaires», commente-t-il. «Nous avons soumissionné deux fois à Shawinigan et les deux fois, notre enveloppe de prix n’a pas été ouverte. On choisit nos combats. Faire une soumission, c’est coûteux. Ça prend du temps, de l’énergie.» Pour le moment, Conseillers forestiers Roy possède sept contrats d’épandage pour le contrôle des insectes piqueurs au Québec en 2020.

Shawinigan a offert ce service une première fois en 2012, lors d’un projet pilote dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides. Il avait été étendu à l’ensemble de la ville dès 2013. Le service avait été suspendu en 2015, en raison de restrictions budgétaires, mais avait repris dès l’année suivante. GDG Environnement assume ce mandat depuis le début.

À la dernière assemblée publique, Lionel Thiebault a profité de la période de questions pour savoir si ce traitement s’harmonisait vraiment avec la faune et la flore. Ces insectes, rappelle-t-il, font partie d’une chaîne alimentaire pour certaines espèces. «On parle beaucoup de changements climatiques, de perte de biodiversité», fait-il remarquer. «Je me demandais si ce n’était pas un peu en contradiction avec ce contrat?»

M. Angers a réitéré qu’il s’agissait d’un service très apprécié par les citoyens. «Santé Canada nous a toujours donné des avis positifs», explique-t-il. «L’application de ce larvicide n’influencerait pas la biodiversité. Ça ne vise que les insectes piqueurs. Plusieurs municipalités, à travers le Québec, font ces applications.»

«Quand nous avions abandonné le service en 2015, les pétitions sont entrées tout de suite pour qu’on reprenne le contrôle des insectes piqueurs. Le choix du conseil, c’est qu’il y a aussi la santé et le bien-être des citoyens, qui ne peuvent pas, pendant une bonne période de l’été, manger à l’extérieur. Ils veulent également éviter de mettre des crèmes contre les insectes. Il existe toutes sortes de théories, mais le conseil municipal souhaite que les citoyens puissent avoir une qualité de vie.»

Un peu plus tard lors de la même séance, M. Thiebault est revenu à la charge pour savoir quelles suites le conseil municipal allait-il donner à l’adoption de sa déclaration d’urgence climatique, en octobre. Cette résolution avait été adoptée en plein cœur de la dernière campagne électorale fédérale, lorsque la candidate du Parti vert, Stéphanie Dufresne, avait interpellé les élus municipaux de la circonscription de Saint-Maurice - Champlain sur leur manque d’empressement à endosser cette déclaration de principes.

«Des démarches sont en cours», assure M. Angers. «Deux premières actions seront indiquées dans le budget de lundi. Nous transformons nos camions au gaz à l’électrique, grâce aux nouvelles technologies que nous avons vues au dernier Sommet international sur l’innovation. Nous prenons des initiatives pour diminuer les gaz à effet de serre.»

Chantal Caron a poursuivi dans la même veine, en abordant l’enjeu des îlots de chaleur à Shawinigan. Elle a qualifié le quartier Saint-Marc de «vrai four» en été.

«Quand on fait des stationnements maintenant, on prévoit de la verdure, des arbres», souligne M. Angers. «C’est une nouvelle pratique. Nous avons déjà regardé, sur l’avenue de Grand-Mère, s’il était possible d’avoir des plantations d’arbres. Notre service sur l’environnement travaille à diminuer, autant que possible, les îlots de chaleur. Une initiative a déjà été prise au stationnement en face du marché public. Nous sommes sensibles à cette situation, mais les citoyens ont aussi cette responsabilité.»

«Je pense que les actions qui ont été prises par le conseil municipal et les employés municipaux prouvent qu’on s’en va dans la même direction», ajoute le maire. «Peut-être pas suffisamment rapidement, mais nous y allons à la hauteur de nos capacités et de nos moyens.»

Mme Caron voulait savoir si la Ville avait un coordonnateur aux changements climatiques à temps plein dans son organisation, compte tenu de l’urgence de la situation. Le maire a simplement mentionné que ce n’était pas le cas, mais que l’administration municipale au complet tenait compte de cette préoccupation.