Une bonne partie du chemin de l’île de Sable à Sainte-Anne-de-la-Pérade se retrouve recouverte d’eau à marée haute.

Inondations: une situation comparable à 2017 dans la MRC des Chenaux

SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE — La situation actuelle dans les quartiers riverains du fleuve Saint-Laurent dans les localités de la MRC des Chenaux, dont à Sainte-Anne-de-la-Pérade, est similaire à celle de 2017.

Tout comme c’était le cas à pareille date il y a deux ans, les sacs de sable et les débris amenés par la marée étaient nombreux, mardi avant-midi, sur la rue Gamelin à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Depuis déjà plusieurs jours, les résidents de ce quartier dont les propriétés donnent directement sur le fleuve doivent composer avec les désagréments qu’amène le printemps. Habitués pour la plupart à faire face à cette montée des eaux, ils reconnaissent tout de même que le niveau de l’eau et l’intensité des marées se comparent à ceux des grandes inondations de 1976, 1998 et 2017.

«Il commence à y en avoir pas mal, mais nous sommes habitués. Nous vivons ici depuis 40 ans. Je me souviens que l’eau montait jusqu’à l’aréna [qui est situé à l’intérieur des terres sur la rue Gamelin] en 1998. C’est loin d’être ça cette année», indique avec aplomb Pierre Lafontaine, sous le regard approbateur de sa femme.

Les deux riverains ne sont d’ailleurs aucunement énervés lorsqu’ils regardent les vagues produites par les vents qui soufflaient mardi se rabattre sur leur terrain. Après 40 ans à vivre à cet endroit, ils ont en quelque sorte développé une expertise leur permettant de passer au travers les pires épisodes printaniers.

«Nous avons un drain français tout le tour de la maison et un puits à l’extérieur duquel on pompe l’eau avant qu’elle n’atteigne les fondations. Ces dernières sont d’ailleurs recouvertes d’une membrane extérieure et d’une autre à l’intérieur. Nous n’avons donc pas d’eau dans le sous-sol», explique fièrement M. Lafontaine avant d’ajouter qu’il a effectué des travaux afin de surélever son terrain après les inondations d’il y a deux ans afin d’empêcher le plus possible l’eau de monter.

La situation était similaire sur le chemin de l’Île de Sable, un autre secteur résidentiel situé quelques kilomètres plus à l’est. On y retrouvait également de nombreux sacs de sable positionnés de façon à protéger les constructions. Des résidents de l’endroit s’affairaient de plus à installer des plastiques afin d’empêcher tant bien que mal l’eau d’entrer dans leur maison et leur garage. C’était le cas de Chantal Jacob et Roger Parent, deux retraités qui vivent à cet endroit à l’année depuis maintenant quatre ans.

«Il y a plus d’eau qu’en 2017. Je crois que l’on peut commencer à parler de réchauffement climatique», mentionne M. Parent, visiblement un peu exaspéré.

«Il faut apprendre à vivre avec ça», mentionne pour sa part sa conjointe, qui confie en avoir vu d’autres étant donné qu’elle a grandi sur le bord du lac Saint-Pierre.

Des militaires sont déployés à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Du côté de Batiscan, où des résidences sont également construites en zone inondable, la Municipalité soutient qu’elle suit la situation de près. Selon le maire de l’endroit, Christian Fortin, des sacs de sable ont notamment été mis à la disposition des citoyens. Tout comme à Sainte-Anne-de-la-Pérade, aucune évacuation n’a été nécessaire.

«Il n’y a aucun chemin qui n’est pas carrossable [en raison de l’eau]», déclare le maire, avant de préciser que les secteurs du chemin de l’Île Saint-Éloi et du chemin Couet sont tout particulièrement touchés.

Le directeur général de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Jacques Taillefer considère quant à lui que la situation avec laquelle doivent composer les riverains de sa localité est différente de celle qui prévaut autour du lac Saint-Pierre.

«C’est ponctuel ici en raison des marées. À marée basse, on peut circuler partout en voiture. Au maximum, il y avait entre quatre et cinq pouces d’eau à certains endroits lorsque j’y suis allé vers 8 h 30 ce matin [mardi]», indique-t-il.

Comme dans les autres localités touchées du Québec, des militaires ont été déployés dans la capitale du poulamon afin de porter main forte aux employés municipaux, pompiers, et surtout, aux sinistrés.

Des critiques

Afin de traverser le présent épisode de crue printanière, l’administration municipale de Sainte-Anne-de-la-Pérade a adopté des mesures afin d’épauler les citoyens touchés. Elle a notamment mis à leur disposition, et également distribué, des sacs de sable. Mais pour certains, ces actions ne sont pas suffisantes. Des résidents rencontrés par Le Nouvelliste considèrent que la Ville devrait adopter une approche différente afin de gérer la situation, d’autant plus que les risques que ce scénario se répète dans le futur sont bien réels.

«Il compte ses sacs de sable», lance un résident désireux de garder l’anonymat en visant directement le directeur général.

En réponse à ces allégations, M. Taillefer considère que la grande majorité des citoyens sont satisfaits de l’aide qu’ils reçoivent et que la Ville a fait tout ce qu’elle devait faire dans les circonstances. Il tient à rappeler que la priorité est toujours de protéger les constructions, notamment les résidences et les garages.

«Il y en a pour qui ça ne sera jamais assez», laisse-t-il simplement tomber.