Les inondations du printemps 2017 ont touché des centaines de maisons en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Inondations: une infime partie des réclamations a été complètement réglée

Trois-Rivières — La très grande majorité des sinistrés des inondations du printemps 2017 en Mauricie et au Centre-du-Québec sont encore en attente d’un dédommagement complet de la part du gouvernement du Québec. Ce sont là des chiffres mis en lumière par la Coalition avenir Québec, obtenus grâce à la Loi d’accès à l’information. Une sortie qui n’a pas manqué de piquer au vif le député libéral de Maskinongé, Marc H. Plante, qui accuse la formation politique d’utiliser des chiffres hors de leur contexte pour faire de la politique sur le dos des sinistrés.

Selon les données obtenues, on comprend qu’en Mauricie, seulement 5,4 % des dossiers de réclamation sont considérés comme étant fermés, près d’un an après les inondations. Au Centre-du-Québec, cette proportion est de 8,4 %.

En clair, le ministère de la Sécurité publique a reçu, dans toute la région, 343 dossiers de particuliers, dont seulement 21 sont actuellement fermés. Ce sont 260 dossiers en Mauricie, pour 14 fermés, et 83 au Centre-du-Québec, pour 7 fermés. À cela s’ajoutent 28 dossiers d’entreprises et 21 de municipalités en Mauricie, ainsi que huit dossiers d’entreprises et quatre de municipalités au Centre-du-Québec. De tous ces dossiers, seulement trois ont été fermés.

Selon la définition fournie par le ministère de la Sécurité publique, un dossier est considéré fermé lorsque tous les travaux ont été exécutés, toutes les factures fournies et tous les versements envoyés pour remboursement. «À l’heure actuelle, tous les sinistrés dont la réclamation a été jugée admissible ont reçu au moins un versement et réalisent leurs travaux de rénovation. Les dossiers peuvent donc être très avancés, mais ne sont pas nécessairement fermés. Les dossiers demeurent ainsi ouverts pour recevoir d’autres réclamations. Il est important de savoir que tout au long du traitement d’une demande d’aide financière, plusieurs avances de fond peuvent être versées à différents moments dépendant de l’évolution du dossier. Ces avances peuvent totaliser jusqu’à 90 % du coût admissible. Le 10 % restant étant versé à la réception des factures finales», précise le ministère à l’intérieur de cette demande d’accès à l’information.

Selon la CAQ, ces chiffres indiquent qu’«on assiste à l’une des pires gestions gouvernementales des dernières années». La députée de Mirabel, Sylvie D’amours, dont le comté n’a pas été épargné par les inondations, s’insurge de voir que des centaines de Québécois n’ont toujours pas retrouvé un rythme de vie normal. «Les familles de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne demandent qu’à tourner la page. Au lieu de leur tendre la main, le gouvernement libéral les enterre sous la paperasse. C’est un scandale. Aujourd’hui, ce n’est plus Martin Coiteux que j’interpelle, c’est Philippe Couillard. J’exige qu’il mette fin à cette bureaucratie, en dédommageant immédiatement tous les sinistrés», indique la députée.

Appelé à réagir à ces informations diffusées par la CAQ, le député libéral de Maskinongé Marc H. Plante s’est dit choqué de voir que l’on interprétait des chiffres de cette façon pour «faire de la politique sur le dos des victimes». «Ça rappelle l’improvisation de l’ensemble des sorties de la CAQ, qui lancent des chiffres en l’air comme pour démontrer que rien n’a été fait jusqu’ici, ce qui est complètement faux», indique le député.

Selon M. Plante, pour les 310 réclamations faites en Mauricie, à ce jour 1 650 000 $ ont été versés, et de l’argent reste encore à venir. Plus de 400 maisons ont été touchées en Mauricie, mais toutes n’ont pas eu besoin de l’aide gouvernementale. Au Centre-du-Québec, près de 478 000 $ ont déjà été versés en aide financière. Il note par ailleurs que deux cas de perte totale ont été enregistrés en Mauricie, et que ces deux cas ont été entièrement réglés.

Marc H. Plante indique, à titre d’exemple, qu’une personne qui aurait effectué les travaux majeurs mais n’aurait pas encore fait refaire son aménagement paysager, qui est compris dans l’aide gouvernementale, n’a donc pas terminé de fournir ses factures et ses pièces justificatives, ce qui fait que son dossier n’est pas encore considéré fermé.

«C’est dommage parce qu’on vient en même temps discréditer le travail de la direction régionale de la Sécurité civile, qui a fait un travail exemplaire pendant et après les inondations. Les sinistrés ont été bien accompagnés et se sont sentis appuyés. Je ne suis pas très heureux de cette sortie ce matin, d’autant plus qu’on parle de drames humains. C’est déjà assez pénible pour les sinistrés sans qu’on vienne faire de la politique sur le dos des victimes», croit M. Plante.

Pour sa part, le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, signale que l’objectif n’est certes pas de critiquer le travail de la Sécurité civile. «On a eu un fichu bon coup de main de la part de la Sécurité civile, le but n’est pas de blâmer les fonctionnaires. Mais il y a un ralentissement dans le traitement des dossiers, il y a trop de bureaucratie. Ce n’est pas normal que si peu de dossiers aient été fermés à ce stade-ci. Si M. Plante croit qu’on fait de la politique sur le dos des victimes, j’aimerais qu’il aille en parler aux gens qui dorment encore à l’hôtel pratiquement dix mois plus tard», lance M. Martel.