L’eau commence à monter dans la région comme on peut le constater sur le rang du Lac-Saint-Pierre, à Louiseville. La situation n’est toutefois pas inquiétante pour l’instant.
L’eau commence à monter dans la région comme on peut le constater sur le rang du Lac-Saint-Pierre, à Louiseville. La situation n’est toutefois pas inquiétante pour l’instant.

Inondations: une courbe de plus à surveiller

Marie-Eve Lafontaine
Marie-Eve Lafontaine
Le Nouvelliste
Nicolet — Après la courbe des cas de la COVID-19, il faudra surveiller la courbe des niveaux d’eau dans la région. Déjà, il y a quelques débordements à Louiseville aux abords du lac Saint-Pierre, mais rien d’important pour l’instant. Le lac Saint-Pierre et la rivière Nicolet sont d’ailleurs sous haute surveillance. Évidemment, les Municipalités sont sur le qui-vive.

«L’eau est montée mais elle n’embarque pas encore sur les terrains. Il manque à peu près un pied. Il n’y a pas d’urgence, mais on se prépare. S’il se passe quelque chose, on va être en mesure d’opérer», assure Yvon Deshaies, maire de Louiseville.

Yvon Deshaies, maire de Louiseville.

Des deux côtés du fleuve, on assure que les niveaux d’eau ne sont pas inquiétants pour le moment. «On est vraiment en mode préventif présentement», assure Cynthia Simard, directrice des communications de la Ville de Trois-Rivières.

Cynthia Simard, directrice des communications de la Ville de Trois-Rivières.

«Ce n’est pas encore commencé. Au moment où on se parle, tout est calme. Mais évidemment, il y a encore de la glace. Ça va se passer comment? On ne le sait pas», note Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour.

Les municipalités ont eu une première réunion avec le ministère de la Sécurité publique à ce sujet, lundi après-midi.

En attendant de voir comment la situation va évoluer, elles se préparent à toute éventualité. À Bécancour, du sable est disponible au bureau touristique, dans le stationnement de l’hôtel de ville et dans le secteur Belle-Vallée. Situation de pandémie oblige, les citoyens devront apporter leur propre pelle pour éviter toute transmission par contact. Ils devront aussi respecter une distance de deux mètres entre eux.

Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour.

«On est en attente, on est en préparation. Nos tas de sable sont installés, tous les documents sont partis et tous les intervenants sont à pied d’œuvre, prêts à intervenir», mentionne M. Dubois. «On est encore sous les seuils d’inondation mineure. C’est sûr que, pour nous, la surveillance quotidienne est commencée depuis déjà deux semaines. À travers tout ce qui se passe avec la COVID-19, on surveille quand même le fleuve et le lac Saint-Pierre», souligne Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet.

Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet.

À Nicolet, des digues ont été installées dès l’automne dernier dans les secteurs problématiques. De plus, les puisards ont été colmatés pour éviter que de l’eau s’infiltre dans les canalisations. La Ville a 8000 sacs en inventaire. Le sable sera d’ailleurs disponible sous peu.

Comme dans plusieurs municipalités, des modifications ont été apportées quant aux interventions prévues pendant d’éventuelles inondations. Par exemple, les citoyens devront dorénavant faire eux-mêmes leurs sacs de sable à Nicolet et Bécancour notamment.

Avec la COVID-19 dans le portrait, la situation risque évidemment de se complexifier encore davantage. «Cette année, on s’en passerait étant donné les circonstances. C’est difficile de faire des opérations tout en restant à six pieds l’un de l’autre. C’est sûr que c’est une complication de plus», déplore M. Dubois. «On est bien conscient que ça va être plus difficile peut-être de trouver des bénévoles, des membres de la famille, parce que tout le monde est soit en confinement ou en isolement à la maison. C’est sûr que ça ajoute un défi supplémentaire», mentionne Mme Dubois.

Ce sera peut-être l’occasion de faire une bonne action. «Faire des sacs avec les citoyens, ce serait une belle façon de leur venir en aide en respectant bien sûr la distanciation sociale, les mesures de sécurité et de protection», souligne Mme Dubois.

Encore une fois, l’adaptation sera la clé. «On sera présent sur place pour les citoyens, mais on va être aussi présent au téléphone pour faire des suivis avec les gens qui sont plus vulnérables, note la mairesse de Nicolet. Autant on doit s’adapter pour le travail actuellement, autant on va devoir s’adapter pour les inondations à venir s’il y en a.»