Jean-Philippe Picard a dû survivre pendant deux heures au beau milieu des glaces avant d'être secouru, samedi.

Inondations: un motoneigiste l'a échappé belle

Bécancour — La débâcle qui a causé de nombreuses inondations sur la rivière Bécancour samedi a bien failli coûter la vie à un motoneigiste. Jean-Philippe Picard a dû survivre pendant deux heures au beau milieu des glaces avant d’être secouru.

En compagnie de deux de ses amis, M. Picard a été surpris par la crue des eaux qui a inondé les champs situés autour du secteur de Bécancour. Ceux-ci étaient de retour de Gentilly, par le sentier Trans-Québec, qui traverse la municipalité d’ouest en est, lorsqu’ils ont subitement réalisé qu’ils n’avançaient plus sur la neige, mais sur de la gadoue qui se transformait rapidement en piscine, puisque la rivière Bécancour, voisine du sentier, était sortie de son lit.

«Nous allions manger au restaurant et en se rendant, c’était de la grosse poudreuse. Nous sommes allés prendre une bière à Gentilly et à notre retour, l’eau avait monté de cinq mètres en 1h15», estime le motoneigiste.

«Lorsque j’ai vu que mes amis étaient en train de s’enliser, j’étais déjà engagé. J’ai appuyé sur l’accélérateur au fond en espérant que j’allais m’en sortir, mais je n’ai pas été capable. J’ai nagé pendant environ 200 m avant de trouver une banquise qui avait l’air plus solide. Je criais!»

Pris dans les eaux, M. Picard a dû attendre un long moment avant d’avoir l’aide des secouristes. Ses deux amis ont été en mesure de s’approcher de la route 132 avant de s’enliser complètement. C’est à la course qu’il ont finalement pu avertir les pompiers, plus d’une heure après l’incident.

Comble de malheur, avec la débâcle qui se produisait, le pont en question avait été fermé à la circulation. Les pompiers ont donc dû emprunter un détour par l’avenue des Jasmins, dans le secteur Sainte-Angèle-de-Laval, afin de se rendre sur l’autre rive de la Bécancour.

«Il s’est passé deux heures avant que les pompiers puissent m’atteindre. À un moment donné, j’avais de l’eau jusqu’à la bouche. C’est une bonne péripétie!», ajoute M. Picard.

Incapable de récupérer sa motoneige dimanche, ce dernier a dû faire appel à une douzaine de personnes lundi afin d’extirper l’engin des glaces. Fort heureusement, aucun des trois motoneigistes n’a été blessé dans cette aventure, si ce n’est que de légères engelures. Pas question que cette frousse ne l’empêche de pratiquer son hobby, bien que sa motoneige aura besoin d’une sérieuse mise au point.

«C’est sûr que dorénavant, on va être plus prudent, mais je n’ai pas l’intention d’arrêter de m’aventurer sur les cours d’eau. Si j’avais traversé la rivière à ce moment, j’aurais compris ma malchance, mais là, j’étais dans un champ sur un sentier qui n’était pas fermé.»