Des citoyens de Louiseville et de Maskinongé ont assisté à une séance d’information sur le programme de soutien aux sinistrés, lundi soir, au Centre communautaire de Maskinongé.

Inondations: trois ménages de Louiseville veulent partir

LOUISEVILLE — Pour un certain nombre de sinistrés, l’heure est maintenant au choix: réparer leur résidence endommagée par les inondations de ce printemps ou accepter une compensation financière du gouvernement du Québec et déménager. Au moins trois ménages de Louiseville ont fait leur choix: partir.

«Officiellement, les résidents de trois maisons vont déménager, ils me l’ont dit, indique le maire de Louiseville, Yvon Deshaies. Ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup de dégâts (chez eux), mais parce qu’ils sont fatigués.»

Une rencontre d’information avait d’ailleurs lieu à Maskinongé, lundi soir. Les citoyens touchés par les inondations de cette municipalité et de Louiseville y étaient conviés afin d’obtenir plus de détails sur les montants rendus disponibles par le gouvernement du Québec et les conditions pour y être admissible.

Deshaies d’accord

Le gouvernement Legault a annoncé lundi qu’il imposerait un moratoire sur toutes les zones inondées en 2017 et en 2019, à l’exception de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, inondée en raison du bris d’une digue. Aucune nouvelle construction ne pourra être faite dans ces zones jusqu’à ce que le gouvernement adopte de nouvelles règles sur l’aménagement du territoire. Les propriétaires de résidences ou de commerces se trouvant déjà dans ces zones pourront faire des travaux d’entretien et des réparations mineures sur leur propriété, à moins que leur rez-de-chaussée ait été touché, que les fondations soient à refaire ou que les dommages dépassent 50 % de la valeur du bâtiment.

Une décision qui ne dérange pas M. Deshaies, puisqu’elle va déjà dans le sens de la règlementation municipale actuelle. «Depuis trois ans, il n’y a plus un permis qui est donné dans ces zones-là, affirme celui qui envisage toujours de se présenter comme candidat indépendant à Trois-Rivières aux élections fédérales de l’automne prochain. À l’époque, le gouvernement libéral avait aussi interdit de donner des permis de reconstruire dans ces mêmes zones.»

Roger Michaud inquiet

Le maire de Maskinongé, Roger Michaud, lui, est inquiet des conséquences de ce moratoire. «J’espère que ce ne sera pas trop long. J’aurais été d’accord pour les zones 0-2 ans, mais là, 0-20 ans, ça fait beaucoup», se désole-t-il.

M. Michaud craint que l’application de ce moratoire empêche des gens de reconstruire leur maison s’ils subissaient un sinistre autre que les inondations, comme un incendie, ce qu’il trouverait injuste. «Les gens qui vivent dans les zones inondables, ils y sont préparés, ils savent à quoi s’attendre et ils ne réclament pas d’argent au gouvernement, défend-il. Moi, je vis dans la zone 0-20 ans et je n’ai jamais réclamé un cent. Mais s’il m’arrive une malchance, j’aimerais savoir que je vais pouvoir me rebâtir ou réparer ma maison.»

Le premier magistrat était présent à la rencontre d’information de lundi soir au Centre communautaire de Maskinongé, comme l’était aussi son homologue de Louiseville. Les deux hommes se sont dits satisfaits du déroulement de la rencontre.

Contrairement à M. Deshaies, M. Michaud ne veut toutefois pas s’avancer sur le nombre de personnes qui pourraient quitter leur résidence en zone inondable contre un chèque du gouvernement. «Il y a des gens qui me l’ont déjà dit, qu’ils voulaient déménager. Les gens pensent ça quand ça va mal, quand il y a encore de l’eau. Mais une fois que l’eau est partie, ça va mieux et ils se disent qu’ils peuvent bien rester encore un peu», avance-t-il.