Une autre enveloppe d’un peu plus de 20 millions $ est destinée à la mise à jour de la cartographie des zones inondables, surtout dans les régions de Montréal, Québec, Gatineau et de la Mauricie, mais aussi dans les municipalités qui se sont avérées vulnérables aux inondations le printemps dernier et dont plusieurs n’ont même pas de cartographie des zones inondables.

Inondations: Québec injecte 47 M$

MONTRÉAL — Québec injecte 47 millions $ afin d’améliorer l’efficacité de l’intervention lors de grands sinistres comme les inondations qui ont touché le sud du Québec le printemps dernier.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a présenté jeudi un plan en 24 mesures qui vise notamment à renforcer le niveau de préparation des municipalités et la capacité de son propre ministère à intervenir, à simplifier au maximum les réclamations des sinistrés et leur traitement et à améliorer la connaissance et la prévision des catastrophes naturelles.

«Le gouvernement se doit de faire en sorte que le Québec soit plus résilient, plus résistant face à de telles situations à l’avenir», a fait valoir le ministre Coiteux, ajoutant qu’«avec les changements climatiques, les risques ne vont aller qu’en s’accroissant».

Une tranche de 20 millions $ est destinée aux municipalités pour les soutenir dans l’élaboration d’un plan de sécurité civile, plan qui sera obligatoire et qui devra être prêt d’ici 18 mois. Seulement 30 pour cent des municipalités ont un tel plan.

Une autre enveloppe d’un peu plus de 20 millions $ est destinée à la mise à jour de la cartographie des zones inondables, surtout dans les régions de Montréal, Québec, Gatineau et de la Mauricie, mais aussi dans les municipalités qui se sont avérées vulnérables aux inondations le printemps dernier et dont plusieurs n’ont même pas de cartographie des zones inondables.

«Plusieurs municipalités n’ont pas de carte ou alors celles-ci ne sont tout simplement pas à jour. Les choses doivent changer, les gens (...) doivent connaître les risques auxquels ils sont exposés», a affirmé le ministre.

La MRC de Maskinongé, lourdement touchée lors des inondations du printemps dernier, est visée par cette mise à jour de la cartographie. Le député de Maskinongé, Marc H. Plante, estime que cela permettra d’être mieux préparé aux inondations futures. «On aura les montants de la cartographie détaillés sous peu. Les changements climatiques et l’érosion des berges changent les zones qui sont inondées», dit-il en ajoutant que le plan de Québec prévoit une meilleure mise en commun. «C’est un plan d’avenir pour bien collaborer et être le plus efficace quand ça arrive.»

Enfin, Québec versera un peu moins de 7 millions $ au consortium scientifique Ouranos afin de mener des travaux de recherche sur les crues du printemps dernier et d’élaborer des scénarios d’avenir prévisibles en fonction de l’impact des changements climatiques.

Du côté de l’intervention terrain, M. Coiteux a reconnu que l’ensemble des procédures de réclamation et de rétablissement étaient beaucoup trop complexes, particulièrement à l’échelle jusque-là inédite du printemps dernier.

«Le programme d’aide financière sera modifié afin d’en alléger les normes et les processus de gestion», a-t-il assuré, indiquant que les sinistrés doivent recevoir l’aide plus rapidement. Il estime important, à cet effet, «de s’assurer que le sinistré n’ait pas à traiter avec une multitude d’intervenants».

Il promet donc d’alléger et de simplifier l’ensemble des démarches requises et de faire en sorte que d’éventuels sinistrés puissent avoir l’ensemble des services et des informations à un guichet unique. Parallèlement, son plan prévoit de former davantage d’employés de la fonction publique dans les régions pour qu’ils soient prêts à venir prêter main-forte immédiatement à la Sécurité civile lors de sinistres à grande échelle. M. Coiteux entend également ajouter des bureaux dans les régions.

Par ailleurs, Québec se dit prêt à déléguer toute la gestion du programme d’aide financière et de rétablissement aux municipalités qui seront en mesure d’en prendre charge et qui en feront la demande, ce qui permettrait de libérer des ressources pour les rediriger dans des zones où il manque de personnel.

D’autres mesures doivent être annoncées en marge du prochain budget provincial, qui contiendra des sommes additionnelles pour les soutenir, a promis le ministre.

Dressant le bilan de l’intervention, Martin Coiteux a affirmé que «moins d’une centaine» de sinistrés n’ont toujours pas réintégré leur domicile, tout en assurant que «nous sommes tous sans exception extrêmement sensibles à ce que vivent les sinistrés».

Réactions généralement positives
Le milieu municipal accueille généralement avec enthousiasme le plan d’action du ministre Coiteux. La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, accueillait favorablement l’annonce de Québec. Elle soutient toutefois que sa municipalité n’a pas attendu Québec pour prendre les choses en mains à la suite des inondations du printemps dernier. «Nous terminons notre démarche de mesures d’urgence. Nous avons commencé ça tout juste après les inondations. Ce que nous avions était peut-être un peu minimal», précise la mairesse de Nicolet en ajoutant que les zones inondables ont déjà été cartographiées. «On vient d’intégrer les nouvelles cartes de zones inondables à notre schéma de couverture de risques. Nous étions à jour chez nous. [...] Nous ne savons toutefois pas si nous allons pouvoir être remboursés par Québec.»

De l’autre côté du fleuve, le maire de Louiseville soutenait que les investissements annoncés par Québec ne régleraient pas le problème des inondations. Ces phénomènes sont, dit-il, des «actes de Dieu». «Québec donne des millions et après, c’est on va (les municipalités) s’organiser toute seule. C’est un peu ça que je peux comprendre», questionne-t-il. «Au niveau du plan d’urgence, je fais quoi? J’embauche plus de pompiers ou des vétérans de l’armée pour attendre si de quoi arrive?»

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) reconnaît pour sa part qu’il faut des mesures «pour améliorer la préparation, se concerter davantage et mieux gérer le rétablissement des citoyennes et des citoyens» et promet que «l’expertise municipale sera mobilisée» à cette fin. Dans un communiqué diffusé jeudi, l’UMQ affirme qu’il «est essentiel de s’assurer que toutes les municipalités aient accès aux outils et à l’expertise nécessaires afin d’exercer pleinement leur compétence» et elle se réjouit que la démarche de Québec s’accompagne d’un soutien financier pour ses membres.

Enfin, l’Association des chefs en sécurité incendie du Québec (ACSIQ) «accueille et applaudit favorablement le plan d’action» présenté par le ministre Coiteux.

L’Association se dit prête à jouer le rôle de coordonnatrice «des ressources humaines et matérielles, afin qu’en cas de sinistre similaire, elle puisse assister les municipalités et le ministère de la Sécurité publique avec la coordination des forces vives que l’on retrouve aux quatre coins du Québec».

Avec la collaboration

de Gabriel Delisle