Le premier ministre Philippe Couillard a pris le temps de discuter avec les policiers de la Sûreté du Québec

Inondations: le sommet est atteint

Le sommet des inondations aura été atteint d'ici mercredi et à compter de ce jour, le niveau des eaux commencera enfin à baisser, a fait savoir le gouvernement du Québec lundi.
«On est peut-être dans la semaine où l'eau va commencer à baisser, mais il y a encore beaucoup de travail devant nous pour contrôler l'inondation et ensuite lors du retrait des eaux», a résumé le premier ministre Philippe Couillard, qui a fait le point sur la situation en fin d'après-midi à Quyon, une ville située dans l'Outaouais.
Comme le portrait est encore critique dans cette région - une bonne partie de l'autoroute 50 en direction ouest vers Gatineau est toujours fermée -, M. Couillard a demandé au gouvernement fédéral de garder ses bureaux fermés, ce qu'a accepté le secrétariat du Conseil du Trésor.
Le premier ministre Couillard n'a pas dit clairement s'il serait ouvert à demander plus de renforts de l'armée si nécessaire, mais il a tenu à souligner que chaque région présente des besoins différents. Selon lui, il serait malavisé d'opter pour une solution «mur à mur» dans ce cas.
«La situation en Mauricie et ici (en Outaouais) peut être très différente, ou à Montréal et ici. Chaque situation doit être gérée correctement et de façon spécifique», a-t-il dit en point de presse à Gatineau, lundi soir.
«Les forces armées sont avec nous, à notre demande, pour assurer la sécurité des gens avant tout et tant que ce sera nécessaire, elles le feront en coordination avec chacune des régions», a-t-il souligné.
Le ministre Coiteux avait rencontré la presse, lundi matin à Montréal, aux côtés de ses collègues des Transports, Laurent Lessard, et de l'Environnement et du Développement durable, David Heurtel, pour faire le point sur la situation.
Lundi matin, 2426 résidences étaient inondées et 1520 personnes avaient été évacuées, a précisé le ministre Coiteux. De même, 146 municipalités du Québec étaient encore touchées par ces inondations.
Un débit énorme
De son côté, le ministre de l'Environnement a expliqué que neuf barrages se trouvent dans le bassin versant de la rivière des Outaouais et que les trois autorités qui en sont responsables - Hydro-Québec, les gouvernements fédéral et provincial au Québec - les géraient afin de ralentir le plus possible le débit d'eau.
«Ces efforts-là font en sorte que jusqu'à maintenant, ces barrages, ces réservoirs ont réussi à retenir plus de 2500 mètres cubes-seconde d'eau, ce qui équivaut à un niveau de plus de 50 centimètres pour le lac des Deux-Montagnes», a précisé le ministre Heurtel.
«On les utilise à plein régime, on va jusqu'à la limite possible, tout en ne menaçant pas l'intégrité structurale de nos barrages, de nos réservoirs. Mais le travail se poursuit», a-t-il ajouté.
Le premier ministre Couillard a réitéré en après-midi que la structure des barrages n'était pas menacée.
À Montréal
Les autorités montréalaises avaient aussi des nouvelles relativement positives en fin de journée, lundi. La sécurité civile patrouille dans tous les endroits touchés par les inondations et pour l'instant, tout se maintient, selon Bruno Lachance, directeur du Service de sécurité incendie de Montréal.
La priorité des autorités en ce moment est de renforcer les digues pour s'assurer qu'elles ne cèdent pas comme c'est arrivé dimanche matin. Huit digues ont été consolidées et plusieurs centaines de personnes travaillent à en renforcer d'autres.
À Ottawa, la question des coûts qu'occasionnera pour le Québec l'appel en renfort de l'armée a été soulevée. Depuis 2012, les provinces qui réclament l'aide de l'armée peuvent être facturées en conséquence.
Mais au ministère de la Sécurité publique et au gouvernement, on affirmait que l'heure était à épauler les citoyens sinistrés, à pallier au plus urgent, et non à songer aux factures.
Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a indiqué que «dans les circonstances passées, parfois il y a eu partage des coûts, parfois les Forces armées se sont chargées de toute la facture». Parfois aussi, «nous réglons ça à l'amiable», a-t-il répondu.
Le premier ministre Couillard ne semblait pas inquiet face à cette possibilité.
«Il y a des programmes qui existent de remboursement fédéral. Ne nous inquiétons pas de ça. Cette semaine, on parle des gens, de la sécurité», a soutenu M. Couillard.
À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau s'est dit satisfait de la participation des Forces armées. Et «j'ai été très content de voir des familles en banlieue de Montréal, voir à quel point les communautés se rassemblent et beaucoup de bénévoles», a-t-il commenté.