Les inondations des dernières semaines ont un impact sur des agriculteurs de la région dont les terres sont inondées.

Inondations: «je ne sais pas quand je vais pouvoir semer»

Trois-Rivières — Les inondations qui ont frappé la région dans les dernières semaines auront sans doute des impacts sur de nombreux agriculteurs dont les champs ont été inondés. La culture du maïs, dont l’ensemencement se fait au courant du mois de mai, risque d’être la plus touchée.

Les terres qui se trouvent près du lac Saint-Pierre, à Yamachiche, Louiseville et Maskinongé, sont parmi les plus affectées.

L’eau qui se retrouve dans les champs aura des impacts majoritairement sur des cultures dont la période de croissance est particulièrement longue, comme le maïs et le soya. «Si la période de croissance n’a pas été assez longue, à l’automne, le grain n’est pas à maturité», explique Martin Marcouiller, président du syndicat de l’UPA Maskinongé. «Le grain est soit plus difficile à sécher, ou le poids sera beaucoup moins bon», ajoute-t-il.

Richard Vertefeuille, propriétaire de la ferme laitière Vertefeuille 2000 inc. à Maskinongé, produit également des céréales, dont du maïs. Environ 20 % de ses terres sont inondées. «Je n’ai pas semé encore et je ne sais pas quand je vais pouvoir semer», dit-il.

Les terres de M. Vertefeuille ont été inondées pour la première fois en 2017. Elles pourraient maintenant être classées en zone inondable, ce qui augmenterait les précautions à prendre côté environnement. «Il y aura de nouvelles normes, on sera plus suivis, si on veut faire un cours d’eau, ce sera plus long», commente le producteur agricole.

Des risques de pertes financières

Les agriculteurs frappés par les inondations pourraient procéder à des modifications au niveau de certaines cultures dont l’ensemencement se fera plus tard que prévu. «Comme on raccourcit le temps de production, pour que la culture se rende à terme, il y a des cultures dont il faut changer les variétés pour avoir une durée de croissance un peu moins longue», indique M. Marcouiller.

C’est ce que devra faire M. Vertefeuille. Par contre, ces variétés moins productives peuvent entraîner des pertes financières. «Plus la variété est hâtive, moins on a de rendement cet automne», explique-t-il.

Les pertes occasionnées par les inondations sont toutefois difficiles à évaluer si tôt dans la saison, affirme M. Vertefeuille. «Ça va dépendre de l’été, parfois on se reprend en raison des grosses chaleurs», dit-il. «C’est sûr qu’il y aura des pertes, mais ce n’est pas chiffré encore».

Tout dépend du retrait de l’eau

Pour la suite des choses, tout dépend du temps avant qu’il n’y ait plus de présence d’eau des inondations sur les terres. «La période est un peu plus longue que la normale pour ce qui est du retrait de l’eau», souligne M. Marcouiller.

En plus des inondations, la température peu clémente n’aide en rien la situation des producteurs agricoles de la région. «Avec le froid qu’on a, ça ne fait pas sécher nos terres», explique M. Marcouiller. «Si on veut ensemencer, il faut que la terre soit à une certaine température, et là elle ne l’est pas», dit-il. Ces deux facteurs retarderont donc l’accès aux champs pour les agriculteurs de la région.

Par contre, M. Marcouiller considère que l’expérience peut jouer en faveur des producteurs agricoles dans ces temps difficiles. «Les producteurs qui sont sur le terrain depuis des années, ce sont eux qui connaissent le mieux la situation de leurs terres dans les cas d’inondation, donc ils sont capables de s’ajuster en conséquence», affirme-t-il.