Au printemps 2017, la crue printanière exceptionnelle avait forcé le rehaussement de la route 155 au kilomètre 97 sur une distance de 150 mètres.

Inondations: Hydro-Québec prête à tout

TROIS-RIVIÈRES — Bien qu’il soit encore difficile de prédire à quel genre de crue printanière la région sera confrontée cette année, Hydro-Québec est déjà en mode préparation à la grandeur du bassin versant de la rivière Saint-Maurice afin d’amoindrir les impacts de la crue des eaux pour les municipalités riveraines et les usagers de la rivière. La société d’État, qui mène actuellement une campagne d’information auprès des municipalités concernées et des médias, constate d’ailleurs que le couvert de neige à ce jour est moins imposant qu’à pareille date, l’an dernier.

Une donnée qui n’est cependant pas forcément présage à une crue printanière moins importante que celle connue en 2017, note Martin Hallé, ingénieur et gestionnaire hydrique chez Hydro-Québec. «La donnée critique pour la crue à venir, ce sont vraiment les conditions météorologiques qu’on va vivre tout au long du printemps, qu’on ne peut prévoir pour l’instant: la pluie, les températures chaudes. Une séquence de températures chaudes suivie d’une bonne pluie pourrait causer une pointe même si le stock de neige n’était plus vraiment important à ce moment-là», explique M. Hallé.

Le couvert de neige actuellement mesuré un peu partout sur les 42 000 kilomètres carrés que forme le bassin versant du Saint-Maurice est en effet moins important que celui observé l’an dernier, qui à pareille date se situait une fois et demi plus élevé que la moyenne. Or, ce couvert de neige ne représente que 45 % du volume de crue qui sera mesuré au printemps. La balance dépendra grandement des températures chaudes et des précipitations.

Martin Hallé, ingénieur et gestionnaire hydrique et Denis Bérubé, directeur production des cascades par intérim chez Hydro-Québec.

Mais chez Hydro-Québec, on a commencé depuis le mois de janvier le travail sur les différents barrages afin de se préparer à amoindrir les impacts d’une crue des eaux importantes. Un travail qui avait d’ailleurs été fait l’an dernier et qui a permis malgré tout de limiter les dégâts, assure Hydro-Québec.

«Les actions qu’on avait à poser sur nos barrages l’ont été l’année passée. Cette année, on a fait les mêmes gestes que l’an dernier. On a décru nos réservoirs, on s’est assuré de les baisser au minimum pour qu’ils puissent recevoir la crue. C’est ce qu’on a fait à Mattawin, Manouane et à Gouin», indique Denis Bérubé, directeur production des cascades par intérim chez Hydro-Québec. «On a déjà fait le travail maximal en 2017, on s’y est pris longtemps d’avance», ajoute Martin Hallé.

Toutefois, la société d’État prévient que de tout le bassin versant de la rivière Saint-Maurice, elle ne contrôle que 40 % du débit. «Il y a 60 % du territoire qui ne peut être régulé, 60 % que toutes les quantités d’eau seront drainées et vont aller directement à la rivière. Ce 60 %-là, on n’a pas de contrôle dessus», remarque Denis Bérubé.

Sébastien Doire, directeur régional de la Sécurité civile.

Sécurité civile

Jeudi matin, Hydro-Québec et la Sécurité civile ont pris le temps de rencontrer les représentants des différentes municipalités riveraines du Saint-Maurice afin de leur expliquer le travail préparatoire qui se fait en vue de la crue printanière. Le directeur régional de la Sécurité civile, Sébastien Doire, estime que son équipe est prête encore cette année à faire face à toute éventualité.

«Ce qu’on espère, c’est qu’il y ait moins de pluie que les autres années et que pendant le jour et la nuit, si on a une température pas très élevée en peu de temps, on aura un apport d’eau qui fera qu’on aura moins d’inondations que ce qu’on a connu», indique-t-il.

Ce dernier s’affaire cette semaine à informer aussi les nouveaux élus qui n’auraient pas encore eu l’information quant au rôle de la Sécurité civile. «Cette année, c’est un peu exceptionnel parce qu’on a eu des élections. Cette semaine, on va rencontrer de nouveaux élus pour leur expliquer comment ça fonctionne au niveau de la sécurité civile en période d’inondations. Pour les autres situations, ce sont des mesures qu’on prend au début de l’année pour répondre aux questions ou les aider lors de l’événement», mentionne M. Doire.

Quant aux cours d’eau situés sur la rive sud, Sébastien Doire insiste pour dire que la Garde côtière a déjà commencé le travail à l’embouchure de plusieurs rivières entre ici et Montréal, mais que le travail de déglaçage de certaines rivières ne peut pas encore être réalisé en raison du trop bas niveau de l’eau.

Réclamations

Par ailleurs, notons que les dossiers de réclamations en lien avec les inondations de 2017 dans la région continuent d’évoluer. En Mauricie, 311 dossiers de réclamations sont présentement en traitement ou ont été complétés, pour un total de 1 841 238 $ distribués, a mentionné le député de Maskinongé Marc H. Plante. Du côté du Centre-du-Québec, ce sont 96 dossiers qui sont en traitement ou complétés pour 1 279 647 $ versés.