Plusieurs secteurs de la région demeurent inondés, dont la route Langue-de-Terre, à Maskinongé.

Inondations: entre joie et prudence

La décrue printanière semble bien ancrée dans la région, mais il faudra attendre encore un peu avant que les Municipalités passent en mode nettoyage et reconstruction.
Le niveau du fleuve poursuit sa descente, notamment dans le secteur du lac Saint-Pierre où il s'élevait à 3,17 mètres, lundi. Le lac Saint-Pierre a descendu de 23 centimètres en l'espace de trois jours et de 40 cm en cinq jours.
Cette baisse est accueillie avec joie et prudence par les intervenants locaux, car de nombreux secteurs demeurent prisonniers de l'eau.
«Il fait beau, le niveau baisse. C'est encourageant. Mais on est toujours en mode protection», confirme Jacques Pellerin, coordonnateur des mesures d'urgence à Yamachiche.
Il y a bien quelques citoyens de la portion ouest du secteur du chemin Louis-Gatineau qui ont commencé à nettoyer, bénéficiant de terrains plus élevés. Pour les autres maisons situées à l'est de ce chemin, la patience est recommandée, car la chaloupe demeure le moyen de transport à privilégier.
À l'instar de Yamachiche, la Ville de Louiseville va conserver des sacs de sable inutilisés afin de les entreposer. Pour le rétablissement, il faudra faire preuve de patience.
«Il y a encore 2,5 pieds d'eau au lac Saint-Pierre. Il reste au moins une semaine avant le rétablissement», estime Marcel Lupien, chef du service de sécurité incendie de Louiseville, dont les membres ne sont plus affectés en permanence sur les lieux des inondations depuis dimanche.
Roger Michaud rappelle à ses concitoyens de Maskinongé de conserver leurs sacs de sable encore un peu, le temps que l'eau se retire des zones inondées et que le niveau du lac Saint-Pierre diminue d'une autre tranche de 30 centimètres.
«Il faut que les routes soient sèches avant de ramasser les sacs de sable. Les grosses marées sont passées, on n'annonce pas de pluie, donc ça devrait se faire en fin de semaine ou au début de la semaine prochaine», croit le maire de Maskinongé.
Champlain désire également attendre que ses routes soient asséchées pour lancer son opération de nettoyage.
«À marée haute, le niveau du fleuve est encore assez haut, explique le directeur général, Jean Houde. On ne défait pas les digues. Il faudra patienter quelques jours.»
Batiscan conserve son approche de consolidation des digues érigées pour contrer la montée du niveau du fleuve. Elles sont toujours utiles afin d'affronter ces marées montantes qui sont toutefois moins importantes.
«La marée est autour de 3,55 mètres aujourd'hui (lundi). C'est encore haut, mais c'est 30 centimètres de moins que notre pic (de mercredi dernier)», confie la mairesse Sonya Auclair.
Jacques Taillefer, directeur général de Sainte-Anne-de-la-Pérade, assure que la Municipalité veille toujours au grain. Le niveau d'inquiétude suit la même tendance que celui du fleuve, mais il faut que ce dernier baisse encore avant de penser à retirer les sacs de sable.
«Lundi, la marée est autour de 4,33 mètres. On annonce 4,01 mètres pour mardi. Pour enlever les sacs de sable, ça prend une prévision en bas de 4 mètres. On y va avec la même prudence.»
La Sécurité civile recommande aux gens aux prises avec les inondations de demeurer vigilants même si la direction se réjouit de constater une baisse constante des principaux cours d'eau de la région.
«Depuis le 12 mai, le fleuve baisse de 10 cm par jour. Mais à 3,20 mètres, il est quand même élevé. L'été, le fleuve se situe à environ 1,7 mètre à la route Langue-de-Terre (à Maskinongé)», rappelle le directeur régional, Sébastien Doire.
La Sécurité civile affirme être en constant contact avec les Municipalités pour connaître leurs besoins en cette période d'avant-rétablissement.
«Il faut savoir si une Municipalité a besoin de monde, d'équipements, de séances d'information. Il faut savoir quand le rétablissement aura lieu. Il y a des gens qui seront en rétablissement bientôt. Pour d'autres, ça va prendre plus de temps.»
Plusieurs municipalités ont l'intention de demander l'aide des Forces armées canadiennes pour nettoyer leur territoire. Si tel est le besoin, l'armée sera là, déclare la lieutenante Rachel Lefebvre, officier aux affaires publiques.
«Batiscan a demandé de l'aide pour ramasser des débris et des équipes étaient disponibles avec des scies à chaîne (des troncs d'arbre ont été déplacés dimanche et lundi). On a entre 450 et 500 militaires. Quand les municipalités feront des demandes pour le rétablissement, les militaires seront prêts.»