De gauche à droite: Joëlle Gagné de la Fondation de l’UQTR, le recteur Daniel McMahon ainsi que les professeurs Fadel Toure et Johana Monthuy-Blanc.

Innovation au Loricorps de l’UQTR: nouvel Intervenant de poche

Trois-Rivières — Le Loricorps de l’UQTR, ce laboratoire transdisciplinaire dont l’objectif, depuis 2011, est de lutter contre les troubles du comportement alimentaire, est reconnu pour ses approches novatrices et technologiques qui lui permettent de mieux s’attaquer à ce problème qui affecte plus de 300 000 Québécois.

Après avoir présenté, en 2016, son casque de réalité virtuelle qui permet aux personnes qui suivent le programme d’intervention d’explorer divers corps virtuels pour percevoir leur propre corps autrement, le Loricorps lance maintenant une toute nouvelle application appelée l’Intervenant de poche.

Entièrement développée à l’UQTR, cette application mobile permettra un meilleur suivi dans leur milieu de vie et un encadrement plus adéquat aux personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire qui suivent le programme du Loricorps.

Afin de réaliser cet outil d’intervention, le Loricorps et sa directrice, la professeure Johana Monthuy-Blanc, ont eu recours au département de mathématiques et d’informatique de l’UQTR.

Le professeur Fadel Toure, qui a œuvré à ce projet, explique que les intervenants qui suivent les personnes atteintes de TCA n’auront plus besoin que l’usager envoie ses données pour pouvoir suivre ses progrès. «Ses données sont envoyées automatiquement», dit-il.

La sauvegarde des données personnelles des usagers, explique-t-il, fut un défi de sécurité immense. L’architecture informatique du produit permet toutefois de séparer les données personnelles de l’utilisateur de l’application et son identité. Même si quelqu’un mettait la main sur la base de données des utilisateurs, cette personne n’arriverait à relier aucune donnée aux usagers, assure-t-il.

Le professeur Toure indique que l’autre défi fut de pouvoir injecter les données des usagers dans la recherche.

«L’introduction de nouvelles techniques d’analyse des données qu’on va mettre en place permettra de connaître le pattern de diagnostic», dit-il.

Le point fort de l’Intervenant de poche «amène un souffle de changement de paradigme en santé», estime la professeure Monthuy-Blanc.

«Ça fait 10 ans que j’essaie d’avoir une application comme ça», dit-elle.

La nouvelle application permet aux chercheurs du Loricorps de relier trois pôles, soit le pôle de la recherche avec ses développements informatiques, le pôle portant sur la formation initiale et celle des intervenants, dont le CIUSSS-MCQ, de même qu’un pôle d’intervention.

L’Intervenant de poche est le fruit d’une recherche appliquée et transférable.

L’application regroupe plusieurs disciplines telles que les sciences de l’éducation, la psychoéducation, les sciences infirmières, la psychologie, la nutrition, l’ergothérapie et l’informatique», résume la chercheuse.

L’Intervenant de poche permettra aux personnes à risque de troubles du comportement alimentaire ou qui en souffrent déjà de bénéficier d’un traitement d’autogestion et de suivis professionnels instantanés.

Les scientifiques de l’UQTR voulaient que l’application soit utilisable par tout le monde, ce qui a nécessité une simplification de son utilisation, explique le professeur Toure. L’application peut donc être utilisée de façon «intuitive», explique-t-il.