La Seigneurie du Triton doit ouvrir le 13 mai.
La Seigneurie du Triton doit ouvrir le 13 mai.

Incertitude dans les pourvoiries

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — La saison n’est pas encore commencée qu’on sent déjà qu’elle pourrait être difficile dans certaines pourvoiries de la Haute-Mauricie en raison de la pandémie de COVID-19. C’est le cas à la Seigneurie du Triton où la clientèle européenne représente près de 50 % de leur achalandage. On suit avec attention les développements quotidiens de la situation.

«On s’attend à une baisse de la clientèle européenne, mais on espère que ce ne sera pas une perte totale de cette clientèle-là. Ce serait triste, il y a quand même 35 emplois qui sont en jeu. C’est à surveiller, parce que présentement personne n’est au courant de la suite», souligne Nicolas Bernard, propriétaire de la Seigneurie du Triton.

«En mai et en juin, ce ne sont pas des mois où on a énormément d’Européens. C’est vraiment dans les mois de juillet, août, septembre et octobre. Dans ces périodes-là, on parle de 60 à 75 % d’occupation de la clientèle européenne. On parle de gens de la Belgique, France, Suisse, Espagne, Italie, etc. Comment ça va être d’ici là? On ne le sait pas. On est en contact avec les agences de voyages en Europe», insiste-t-il.

Plusieurs réservations au niveau de la clientèle internationale ont été annulées, le téléphone sonne un peu quand même, mais non sans inquiétudes.

«Les gens s’informent sur les politiques d’annulation. Ça va se finir comment? On ne le sait pas. Ça va prendre des leviers, ce que l’on veut, c’est protéger nos entreprises et protéger nos emplois. Évidemment, la santé c’est primordial, les mesures misent en place actuellement, on les applique à la lettre. On est une famille de cinq confinés à la maison», affirme M. Bernard.

Il n’est pas le seul à être dans l’attente de voir «les impacts réels». À la pourvoirie Waban-Aki, on sait déjà que la clientèle non résidente ne sera pas au rendez-vous.

«On a beaucoup de Norvégiens pour la chasse à l’ours, on va probablement tous les perdre. C’est quand même un bon impact. Contrairement à d’autres, on a aussi beaucoup de Québécois et on a espoir que ça ouvre et que les gens seront au rendez-vous […] C’est à suivre, ça va dépendre de la durée de la crise. Pour l’instant, c’était déjà une période plus tranquille pour nous», souligne Bruno Caron, propriétaire de la pourvoirie Waban-Aki et président de l’Association des pourvoiries de la Mauricie.

Ce dernier avoue que certains membres de l’Association sont inquiets, malgré le fait qu’ils soient actuellement en période morte. «Tout le monde est en attente», souligne Bruno Caron.

La majorité des pourvoiries ouvriront leurs portes au début du mois de mai, d’ici là, on espère que des mesures seront prises pour aider l’industrie touristique. «Il faut de l’aide pour les restaurateurs, les hôteliers... S’il n’y a pas d’annonce, il y a beaucoup de gens qui vont planter. Ça va être extrêmement difficile pour l’industrie touristique», estime Nicolas Bernard, propriétaire du Triton.

D’autres établissements travaillent également avec une clientèle qui provient de l’extérieur des frontières et pourraient subir des impacts importants. «Ce n’est pas juste nos établissements qui vont en souffrir, c’est toute la communauté», note un pourvoyeur qui préfère ne pas être identifié.

Toutefois, on attend les développements avant de s’alarmer et on s’accroche sur le fait que les Européens arrivent majoritaires à la fin de l’été.

On espère quand même très fort que les Québécois seront au rendez-vous, lorsque ce sera possible, afin de faire tourner l’économie locale.

«Avant de voyager à l’international, il va falloir penser à encourager local et faire rouler notre économie. On va avoir besoin de la population du Québec pour nous aider. On a investi encore plusieurs dizaines de mille dans la rénovation des bâtiments pour améliorer notre offre, mais là, il va falloir du monde pour venir nous soutenir», note M. Bernard.

«Les gens qui ont annulé leur croisière ou leur voyage à Cuba ont déjà un budget de voyage. Ils devraient dépenser localement dans nos entreprises. Ils peuvent venir nous voir et ici, ça vaut une semaine à Cuba amplement», conclut-il.