Incendie majeur à Shawinigan: un blessé et une douzaine de personnes évacuées

SHAWINIGAN — Une douzaine de personnes se retrouvent à la rue à quelques jours de Noël après qu’un incendie majeur eut lourdement endommagé l’immeuble à logements qu’ils occupaient sur la rue Viger, non loin de l’intersection de l’avenue Saint-Marc, lundi matin à Shawinigan. L’incendie a fait un blessé léger, alors que l’occupant du logement où a pris naissance l’incendie aurait été brûlé aux mains.

Tous les locataires des sept logements ont pu évacuer à temps grâce à l’intervention des voisins qui sont venus cogner aux portes pour s’assurer que tout le monde avait quitté les lieux. Patrick Joseph dormait dans sa chambre lorsqu’il a entendu un vacarme venant de la porte d’entrée. 

«J’ai pensé que du monde faisaient du bruit dans le couloir au début, mais quand j’ai ouvert la porte, j’ai vu la fumée partout dans le corridor. J’ai refermé la porte et en regardant dehors, je voyais des flammes qui sortaient de l’immeuble. J’ai tout laissé derrière moi, je suis sorti en courant», raconte-t-il, se questionnant à voix basse sur l’état de ses cadeaux de Noël. «J’étais sur le point de déménager, j’avais déjà certaines affaires rendues dans l’autre appartement. Mais mes cadeaux de Noël pour mes enfants, pour ma mère. Ça risque d’être complètement fini», se désole-t-il.


Martine Massicotte estime qu’elle doit la vie à ses voisins qui sont venus cogner chez elle pour lui dire de sortir. Elle a eu tout juste le temps de sauver son chat.

L’une de ses voisines, Martine Massicotte, croit maintenant qu’elle doit la vie à ses voisins, ses bons samaritains qui sont venus la chercher. «Ils nous ont sauvé la vie en venant cogner chez nous, parce qu’on n’aurait peut-être pas eu le temps de sortir si ça avait été quelques minutes plus tard», lance-t-elle, reconnaissante. La dame, qui observait le désolant spectacle à partir du trottoir de l’autre côté de la rue, n’avait plus en sa possession que quelques effets personnels lancés dans un sac en vitesse, en plus de son chat qu’elle a pu sauver. 

«Une chance, j’avais des assurances pour mes meubles. Je vais sans doute pouvoir récupérer un peu. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde», croit-elle.

Selon les premières constatations, un article de fumeur pourrait être à l’origine du brasier. En effet, l’occupant de l’appartement où le feu a pris naissance a lui-même contacté les pompiers afin de les prévenir qu’un incendie avait pris naissance dans son lit après qu’il se soit endormi avec une cigarette. «On est en train de faire des recherches, mais c’est une des causes possibles. La personne s’est réveillée parce que le feu était pris dans son lit, elle avait des brûlures», explique le directeur des incendies de la Ville de Shawinigan, François Lelièvre. L’occupant du logement a donc été conduit à l’hôpital pour soigner de légères blessures, mais son état ne semblait inspirer aucune crainte.

François Lelièvre note que de nombreux appels sont tous entrés en même temps, à 8h15 lundi matin, pour prévenir les pompiers de l’incendie. La caserne étant située à moins de 300 mètres de l’endroit, l’arrivée a été très rapide. «À notre arrivée, on voyait déjà des flammes sortir. Nous sommes passés rapidement en alarme générale pour être en mesure d’avoir le plus de pompiers possible. Les pompiers ont fait une attaque très rapide, très agressive, ce qui fait en sorte qu’on a pu limiter les dommages. On pense présentement que ça s’est limité à deux logements. C’est sûr qu’il y a eu de la fumée un peu partout dans le bâtiment», constate-t-il.

Il semble par ailleurs que les bâtiments voisins, bien qu’ils soient mitoyens à cette bâtisse, aient été épargnés, notamment par la présence d’un mur de blocs de béton ayant fait office de mur coupe-feu. L’incendie a donc pu être circonscrit en moins d’une heure. Deux logements semblaient complètement ravagés par les flammes, les autres auront probablement été endommagés par l’eau et la fumée, croient les pompiers.


Patrick Joseph était sur le point de déménager de cet appartement. Il ignore dans quel état il retrouvera ses effets personnels.

Aide

Comme c’est toujours le cas dans de pareilles circonstances, la Croix-Rouge prend en charge les personnes sinistrées qui en ont besoin pour les trois premiers jours, en leur fournissant notamment de l’aide pour se loger dans des hôtels et de quoi se nourrir.

Le Centre Roland-Bertrand, dont les bureaux sont situés juste en face de l’édifice incendié, a également mis l’épaule à la roue lundi matin. «On a ouvert un local pour que les gens puissent
venir se réchauffer. On a amené du café, des muffins, on a fourni des manteaux et des bottes»,
explique le directeur général de l’organisme communautaire, Frédéric Trudelle.

Une fois que l’aide de la Croix-Rouge sera terminée, le Centre Roland-Bertrand a déjà réservé des places à son centre d’hébergement pour les sinistrés qui pourraient en avoir besoin. Un logement a aussi été réservé si des locataires avec des enfants pouvaient avoir besoin d’être logés quelques jours.