L'école de Saint-Sylvère a été détruite par un incendie le 16 août.

Incendie de l'école Le Rucher: désolation à Saint-Sylvère

Au lendemain de l'incendie qui a ravagé l'école primaire Le Rucher, la communauté de Saint-Sylvère observait avec désolation les décombres du bâtiment. En cours de journée, le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport Sébastien Proulx est lui-même allé constater l'ampleur des dégâts. Mais malgré la bonne volonté du monde politique et de la Commission scolaire, l'inquiétude demeurait palpable chez les employés, les parents et les élèves.
La municipalité de Saint-Sylvère avait retrouvé son calme habituel jeudi après-midi. Mais derrière cette ambiance paisible, les citoyens laissaient paraître un certain malaise à l'approche du site de l'école Le Rucher. Le bâtiment a en effet été complètement détruit par les bulldozers mercredi, puisque sa carcasse carbonisée ne pouvait plus être sauvée. Au milieu de l'amas de briques et de poutres, seule une cage d'ascenseur s'élevait encore, témoignant d'une activité humaine récente. Les autorités ont clôturé le terrain, condamnant au passage le parc de l'école. Les balançoires et les glissades vides laissaient entrevoir toute la tristesse de la situation.
Interpellé par le drame qui touche la communauté de Saint-Sylvère, le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport est venu en personne prendre la mesure des dégâts. Selon le maire Adrien Pellerin, cette visite laisserait augurer de bonnes nouvelles. «Il y a eu une conférence de presse à 12 h 30 avec le ministre Sébastien Proulx. D'après ses propos, M. Proulx semblait en faveur de la reconstruction de l'école», affirme M. Pellerin.
Le ministre Proulx a également offert son appui à la Commission scolaire. Selon Pascal Blondin, secrétaire général et directeur des services éducatifs, le gouvernement prend le dossier de l'école Le Rucher très au sérieux. «Monsieur le ministre a mis des ressources à notre disposition et nous a offert un soutien très apprécié. La Commission scolaire de la Riveraine fera un suivi auprès du ministère de l'Éducation dès demain (vendredi) afin de lui exposer les différents scénarios», écrit M. Blondin dans un communiqué envoyé aux médias.
Toutefois, la perte de l'école demeure difficile à encaisser pour plusieurs personnes. «Cet avant-midi, plusieurs citoyens sont revenus sur le site pour voir comment les choses avaient progressé. C'est déplorable, les gens trouvent ça pénible», constate M. Pellerin. Parmi ces gens, Mireille Berthiaume, une éducatrice spécialisée de l'école Le Rucher, anticipait le casse-tête qui l'attendait lors de la rentrée. L'école Le Rucher accueillait en effet des élèves présentant des difficultés d'apprentissage et des troubles cognitifs.
«Les élèves qui viennent ici ne sont pas capables de fréquenter les écoles régulières. Pour eux, c'est plus qu'une école, c'est un milieu de vie», explique-t-elle. «L'école accueillait des élèves de l'ensemble du territoire de la Commission scolaire. Ce sont des élèves qui ont de fortes réactions au changement. Nous nous attendons à une rentrée difficile. Nous n'avons plus de matériel, nous n'avons plus rien, et nous allons avoir beaucoup de gestion des émotions à faire», ajoute Mme Berthiaume.
L'éducatrice spécialisée mentionne également que le personnel avait investi beaucoup de temps et d'argent pour adapter l'école. «Depuis des années, les enseignantes ont amassé de l'équipement et du matériel adapté. Nous avions aussi amassé de l'argent pour faire une salle sensorielle. Nous avions des fonds pour l'équipement d'éducation physique. Les parents ont peint le gymnase. Le personnel et les parents étaient très impliqués. Mais maintenant, tout a disparu», se désole Mme Berthiaume.
Le maire de Saint-Sylvère rappelle aussi que toute la municipalité souffre de la perte du bâtiment. «Pour nous, ce n'était pas seulement une école, c'était aussi notre centre communautaire. Tout se passait à cet endroit, notamment l'Âge d'Or et les loisirs. Ces organismes ont tout perdu, car leur matériel et leurs documents étaient dans la bâtisse quand celle-ci a brûlé. Pour le moment, nous n'avons plus de salle», déplore M. Pellerin.
Faire vite
En fin de journée, la Commission scolaire n'avait toujours pas dévoilé son scénario pour relocaliser les élèves et le personnel de l'école Le Rucher. M. Blondin a cependant indiqué que les commissaires ne chômaient pas. «Compte tenu de l'urgence de la situation, tous nos efforts sont mis sur la relocalisation des élèves concernés», soutient-il. «Un comité d'urgence s'est réuni toute la journée pour étudier divers scénarios afin de relocaliser les quelque 40 élèves et 25 membres du personnel de cette école», ajoute M. Blondin
En attendant, le personnel de l'école s'inquiète de la suite des événements. «Nous sommes dans l'inconnu. Nous savons que nous allons continuer à travailler avec les élèves, mais nous ne savons pas où. Nous ne savons pas si nous allons être réunis tous ensemble, ou si nous serons séparés classe par classe», lance Mme Berthiaume. 
Si la Commission scolaire est consciente de l'urgence, elle veut également s'assurer de bien faire les choses. «Soyez assuré que la Commission scolaire met tous les efforts nécessaires afin de mettre rapidement en place la meilleure des solutions qui répondra aux besoins des élèves. Au cours de la prochaine semaine, les parents concernés seront informés quant à savoir s'il est possible de faire la rentrée à la date prévue au calendrier scolaire, le lundi 28 août», conclut M. Blondin.
Rappelons qu'en plus des 40 élèves de l'école Le Rucher, la Commission scolaire de la Riveraine avait dû relocaliser les 130 élèves de l'École Marquis de Saint-Célestin plus tôt cet été.
Le comble du malheur
La Municipalité de Saint-Sylvère devait inaugurer jeudi ses nouveaux jeux d'eau, qui sont situés à quelques mètres derrière l'école. Or, en démolissant l'école pour éteindre l'incendie, la machinerie lourde a également endommagé les canalisations. «L'inauguration des jeux d'eau a été annulée, parce que quand nous avons amené la pelle mécanique pour démolir l'école, nous avons endommagé la conduite d'eau. Nous avons ainsi été obligés de fermer la valve, afin de conserver l'eau pour les résidences avoisinantes», explique le maire Pellerin.