L’incendie a détruit un bâtiment de la rue Saint-Louis à La Tuque.

Incendie criminel à La Tuque: «c’est un danger public»

La Tuque — Jean-Guy Savard était de retour devant le Tribunal, mercredi, au palais de justice de La Tuque. L’homme au lourd passé judiciaire, accusé entre autres d’incendie criminel, demeurera détenu durant les procédures judiciaires. C’est ce qu’a décidé le juge Jacques Trudel au terme de l’enquête sur remise en liberté.

«La sécurité du public est de toute évidence en danger, quant à moi, si vous êtes remis en liberté et même dans une maison de thérapie», a mentionné le juge dans sa décision.

Jean-Guy Savard est accusé d’avoir, intentionnellement ou sans se soucier des conséquences de son acte, causé par le feu ou une explosion, un dommage à un immeuble de la rue Saint-Louis à La Tuque sachant ou ne se souciant pas que celui-ci était habité. Il est également accusé d’incendie criminel, d’avoir altéré les propriétés chimiques ou physiques du cannabis par l’utilisation d’un solvant organique et d’avoir eu en sa possession du cannabis en vue de le distribuer.

Le 1er septembre dernier, les pompiers ont été appelés à se rendre à l’adresse du suspect en raison d’un violent incendie qui faisait rage. Trois déflagrations ont été entendues lors de l’événement en raison de propane qui se trouvait à l’intérieur de l’appartement du suspect. L’immeuble est une perte totale et les dommages ont été évalués à près de 250 000 $.

Le procureur de la Couronne s’était fortement opposé à la remise en liberté de Jean-Guy Savard pour plusieurs raisons. «C’est un danger public», a lancé Me Thériault.

«Libérer M. Savard minerait la confiance du public envers l’administration de la justice», a-t-il plaidé.

Il a présenté au tribunal un résumé des faits, une photo du bâtiment après l’incendie et un rapport d’expertise de scène d’incendie. Ce dernier conclut que l’hypothèse d’un incendie causé par la transformation dérivée de marijuana est la plus plausible.

«Il est sûr à 100 % que le trouble n’est pas électrique», a-t-il lancé.

Le procureur a également présenté un résumé du lourd passé criminel de l’accusé qui selon ses calculs a «eu 483 mois de prison pour 57 ans de vie» pour, entre autres, invasion de domicile, vol qualifié, et des introductions par effraction.

Il a également déposé un jugement de la Cour supérieure qui déclare Jean-Guy Savard comme étant un plaideur vexatoire. «C’est pour vous démontrer un peu le profil de l’individu», a noté Me Thériault.

Ce dernier n’a pas manqué non plus de souligner la gravité des accusations dont une est passible d’emprisonnement à perpétuité.

Pour sa part, Jean-Guy Savard, qui se défend seul, a décidé de témoigner. Il a souligné être victime d’un complot des policiers.

«J’accuse les policiers de fabrication de preuves et j’accuse Me Thériault de participer à ça […] Je vais demander que Me Thériault soit retiré du dossier. Je vais faire toutes les pressions possibles pour le retirer de là», a affirmé l’accusé.

L’accusé a déposé en preuve plusieurs carnets de notes des policiers. Il a même allégué que la scène de crime avait été contaminée «par un policier qui courait après un chat à l’intérieur».

Il a raconté également sa version des faits malgré une mise en garde du juge Trudel que tout ce qu’il allait dire pourrait être retenu contre lui lors du procès.

Il a raconté en long et en large sa soirée avant l’incendie. Jean-Guy Savard se serait étendu chez lui après une soirée bien arrosée dans un établissement du centre-ville de La Tuque. Selon sa version, il n’y avait rien d’anormal. Il aurait par la suite entendu un «boom». «J’ai réussi à sortir par une petite fenêtre. Le feu était pogné et je ne savais pas ce qui s’était passé», a-t-il raconté.

L’accusé a avoué avoir eu des bonbonnes de propane dans son salon «parce que j’étais en déménagement».

«Ce qui a été trouvé à l’intérieur pourrait porter à confusion. Effectivement, on a trouvé du pot, je l’admets. On a trouvé des bouteilles d’éthanol, oui, il y en avait dans la chambre en arrière, mais ça aucun rapport avec l’incendie. L’incendie est d’origine électrique selon moi. Ç’a été dit dans un autre rapport», a plaidé l’accusé.

Jean-Guy Savard a fait savoir qu’il souhaite la tenue d’une enquête préliminaire et il a également affirmé son souhait d’avoir un procès devant juge et jury.