L'Association des pompiers de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a relayé cette photo de la famille sinistrée sur sa page Facebook.
L'Association des pompiers de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a relayé cette photo de la famille sinistrée sur sa page Facebook.

Incendie à Notre-Dame-du-Mont-Carmel: un appel à l'aide entendu

NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL — Après trois journées infernales et angoissantes, une famille de huit de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a finalement pu retrouver un toit, elle qui était sans logis depuis l’incendie survenu dans leur résidence  vendredi midi.

Dès lundi, Paméla, Carole et leurs six enfants pourront emménager dans une résidence de Saint-Barnabé. «Je suis soulagée: enfin, je sais où on va dormir demain soir», soupire Carole. 

La famille s’est retrouvée à la rue lorsqu’un incendie a éclaté dans le sous-sol de leur résidence, sur la route 157, non loin du rang Saint-Flavien Est. L’intervention des pompiers a permis de sauver la demeure, qui est somme toute peu endommagée. Personne n’a été blessé dans l’incendie, mais Paméla et sa fille de 14 ans, Marie-Maude, ont été incommodées par la fumée en se démenant pour sauver leurs animaux de compagnie. 

«J’ai essayé de sauver nos animaux et j’ai cherché partout dans la maison pour sortir nos deux chats de là. J’ai su, deux heures plus tard, que les pompiers les ont retrouvés couchés dans notre lit, à l’étage, comme s’il ne s’était rien passé du tout», raconte Paméla. 

Si la résidence n’est pas tellement endommagée, on ne peut pas en dire autant des possessions de Paméla, Carole et leurs enfants. À cause de la fumée et de l’eau, leur mobilier, leur literie, leurs vêtements et leurs aliments ont été contaminés et sont inutilisables. Et en attendant que des travaux soient faits, Paméla, Carole et leur progéniture ne peuvent retourner y vivre. 

Les deux femmes ont donc passé la fin de semaine, depuis leur chambre d’hôtel fournie par la Croix-Rouge, à chercher un nouveau toit. Un véritable chemin de croix, à les entendre. 

«On a appelé plusieurs personnes, mais à chaque fois, elles hésitaient ou disaient se faire conseiller de ne pas nous accepter parce qu’ils trouvaient qu’on a trop d’enfants, relate Paméla.
Ce matin, j’ai parlé à un monsieur, je lui ai raconté notre histoire et il semblait très empathique. Mais en arrière, j’entendais sa femme lui demander: ils ont combien d’enfants? Quand il lui a dit six, elle a dit: non, non, non, c’est beaucoup trop.»

Heureusement, le coup de fil tant espéré est arrivé dimanche, en milieu d’après-midi. La famille pourrait louer une résidence à prix réduit jusqu’en juillet. Elle compte ensuite retourner dans son ancienne résidence, une fois que les travaux nécessaires auront été faits par le propriétaire. 

Carole (à droite), Nokomy, Marie-Maude, Jackson et Paméla Girardeau (au téléphone, à droite), ont appris avec soulagement dimanche après-midi qu’elles pourront aménager dans une résidence de Saint-Barnabé, dès lundi.

Générosité montcarmeloise

Le drame vécu vendredi par cette famille aura été l’occasion pour les Montcarmelois d’exprimer leur générosité. Des proches de Paméla et Carole ont rapidement pris d’assaut les réseaux sociaux pour inviter les gens qui avaient des vêtements à donner, en particulier pour les enfants, à les porter au P’tit ranch situé sur le rang Saint-Flavien Est, non loin de la résidence sinistrée. Cet appel à la générosité a été relayé sur la page Facebook de l’Association des pompiers de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Avec les dons reçus et l’argent fourni par la Croix-Rouge, les six enfants et leurs mères ont donc pu se refaire une petite garde-robe. Cet appel aux dons a également été lancé pour du mobilier, en particulier des matelas, dont la famille a toujours besoin. 

Par ailleurs, le directeur du camp de vacances la Villa du Carmel, Jonathan Montplaisir, a offert à la famille de l’héberger dans le dortoir des bénévoles, où elle aurait eu accès à une salle de bain, une cuisinette, un salon et même une salle de jeux avec tables de ping-pong, de babyfoot et de ‘‘air hockey’’. Selon ce qu’a relayé sur Facebook l’Association des pompiers, M. Montplaisir leur aurait offert cet hébergement jusqu’au 5 mars. 

La résidence qu’occupaient Paméla, Carole et leurs six enfants a été peu endommagée, du moins, pas au niveau de sa structure.

Traumatisme à surmonter

La bonne nouvelle de dimanche vient un peu apaiser les craintes de la famille de Paméla et Carole. Il reste à espérer que cet épisode stressant ne laissera pas trop de marques chez leurs enfants. 

«J’ai eu beaucoup de mal à dormir, la première nuit. Il parait que je n’arrêtais pas de parler», raconte Marie-Maude. 

«Elle est médicamentée pour le sommeil, mais hier soir (samedi), les médicaments n’avaient aucun effet», confirme Carole. 

Le fait d’avoir trouvé un logement pas trop éloigné de Trois-Rivières la rassure également. «Mes enfants vont à l’école à Trois-Rivières, alors partir de Notre-Dame-du-Mont-Carmel ou de Saint-Barnabé, ça ne me dérange pas du tout. L’important pour moi, c’est qu’ils ne changent pas d’école», ajoute-t-elle. 

Pour Paméla, l’incident de vendredi illustre l’importance de sortir le plus rapidement possible d’un logement lorsqu’un incendie s’y déclare. 

«Quand j’ai vu le feu dans le tuyau de la sécheuse, je suis remontée en me disant: les pompiers vont vite pouvoir en venir à bout. Mais à la vitesse à laquelle la fumée a rempli la maison, je me rends compte que quand on dit qu’il faut être sorti en trois minutes, c’est vraiment ça», témoigne-t-elle.