Laurianne Petiquay est directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque.
Laurianne Petiquay est directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque.

Impliquer les jeunes dans la lutte au racisme

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Le Centre d’amitié autochtone de La Tuque (CAALT) a lancé une initiative avec un groupe de jeunes afin de mettre en place une campagne pour l’élimination de la discrimination raciale. Le projet final sera présenté lors du défi 100 tours sans discrimination en mars prochain.

«On travaille sur une campagne pour l’élimination de la discrimination raciale, il y a des adolescents qui se sont mobilisés à la suite de ce qui est arrivé à Joyce Echaquan et du mouvement de solidarité qui a suivi. On trouvait ça important d’en discuter avec les jeunes», lance d’entrée de jeu Laurianne Petiquay, directrice générale du CAALT.

Une quinzaine de jeunes ont été mobilisés jusqu’à maintenant, des adolescents âgés entre 13 et 16 ans. Ils travailleront sur le contenu de la campagne de A à Z, et ce, pandémie ou non.

«On va faire en sorte qu’on puisse faire du contenu qu’on soit en zone verte, rouge, jaune ou orange. On veut être capable de le faire quand même. C’est important pour les jeunes, ils veulent sensibiliser les gens. Il y aura des capsules vidéo et des photos», explique Mme Petiquay.

Dans une première rencontre tenue récemment, les intervenants du CAALT ont demandé aux jeunes de réfléchir sur la discrimination, mais aussi sur la lutte à la discrimination. Au cœur des discussions, la vidéo choquante de l’Atikamekw de 37 ans décédée à l’hôpital de Joliette.

«On leur a posé des questions sur les préjugés en général, la discrimination et le racisme. On voulait savoir pour eux c’était quoi, on a défini tout ça. On leur a aussi demandé comment Joyce devait se sentir. Ils ont parlé de peur, de stress, d’insécurité», raconte Laurianne Petiquay.

«Tout le monde a été dérangé par cette vidéo. Il y a un des jeunes qui ne l’a pas regardée complètement, il trouvait ça trop triste. Ils ont dit qu’elle ne méritait pas de se faire traiter ainsi, que c’était inacceptable, irréel, que c’est du racisme», ajoute-t-elle.

Les participants ont souvent répété que la discrimination est souvent reliée au physique, aux traits autochtones.

«Un des jeunes a aussi souligné que les personnes qui disent des choses racistes, ou qui font de la discrimination, sont souvent influencées par d’autres personnes. Donc, qu’ils apprennent ça de quelqu’un. […] C’est certain que les gens apprennent à être racistes, parce que personne ne vient au monde raciste», lance Laurianne Petiquay.

Les jeunes sont motivés à mettre en place la campagne de sensibilisation et ils sont très mobilisés. Leur message sera que nous sommes tous des humains et que nous sommes tous pareils en dedans.

«Ça leur donne de l’espoir que le monde va changer et pas seulement La Tuque», note la directrice générale du CAALT.

Cette dernière souligne que tout le monde peut se greffer à cette initiative qui vient d’être lancée, partenaires et individus.