Le président du Syndicat des paramédics du Coeur-du-Québec, affilié à la CSN, Michel Beaumier, son vice-président, Mickael Bernier, et la première vice-présidente au Conseil Central du Coeur-du-Québec - CSN, Isabelle Gélinas.

Impatience des paramédics à La Tuque

TROIS-RIVIÈRES — Malgré une promesse écrite de la part du ministère de la Santé et une région qui rencontre les barèmes établis pour cesser l’horaire de travail 7/14, rien ne bouge au gouvernement pour régler la situation à La Tuque. Voilà le message lancé vendredi par le président du Syndicat des paramédics du Coeur-du-Québec, affilié à la CSN, Michel Beaumier. Or, la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, prévoit une annonce d’ici la fin du mois de juin.

Lors de la dernière négociation des conventions collectives dans le secteur préhospitalier au Québec en 2017, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) s’était engagé à réduire la charge de travail des paramédics, notamment en abolissant les horaires de faction qui consistent à demeurer disponibles 24 heures sur 24 durant sept jours consécutifs.

«Nous sommes exaspérés par le manque criant de véhicules d’urgence sur la route dans la région de La Tuque. On n’arrive tout simplement plus à répondre aux besoins dans les temps requis. Le territoire desservi par ces paramédics est le plus grand au Québec. Il faut en tenir compte pour le bien-être de la population», a-t-il déclaré lors d’un point de presse tenu à Trois-Rivières.

Celui-ci avait pourtant appris en début d’année que les horaires à l’heure avaient été acceptés par le ministère, mais que des problèmes budgétaires retardaient le tout.

«J’espérais qu’on puisse faire l’annonce avant le 31 mars, avant la fin de l’année fiscale, mais il n’y avait plus d’argent l’année passée. Car ça va coûter plus cher des horaires à l’heure que des horaires de faction», explique la députée Tardif.

Mais avec le nouveau budget, elle avait déjà fait savoir que le dossier était prioritaire, «qu’il est sur la pile, le MSSS est au courant, on attend leur retour».

«Oui, c’est une priorité, oui le ministère est ouvert, oui le CIUSSS a fait sa recommandation et oui, leur députée est positive, même si ça ne va pas assez vite par rapport à ceux qui attendent», a-t-elle indiqué tout en prévenant que «ce n’est pas nécessairement tous les horaires de faction qui vont être transformés en horaire à l’heure». «C’est important qu’ils le sachent. Personne ne leur a dit que la demande qu’ils ont faite va être acceptée à 100 %», a précisé la représentante caquiste.

Pour Marie-Line Séguin, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des
services sociaux (FCSS-CSN), il est important de sommer le gouvernement de respecter ses engagements. 

«Le gouvernement de la CAQ ne peut pas se défiler des engagements non partisans pris par le MSSS. Le secteur préhospitalier de la FSSS-CSN entend continuer à alerter la population qui est à risque dans ces régions tout comme les paramédics, tant que le gouvernement ne remplira pas ses engagements», a-t-elle fait savoir par voie de communiqué de presse. D’où une tournée des régions pour dénoncer la situation.

Et selon Isabelle Gélinas, première vice-présidente au Conseil Central du Coeur-du-Québec - CSN, le gouvernement doit respecter les engagements pris envers la population et les 3500 paramédics de la CSN pour des services d’urgence adéquats et conformes aux standards. Et c’est vrai, dit-elle, en particulier pour la Haute-Mauricie qui est éloignée des grands centres, allongeant ainsi le temps de transport. «Le territoire est parsemé de chemins non pavés et la région de La Tuque est quasiment aussi grande que la Belgique», renchérit-elle.

Finalement, la députée Tardif a annoncé que le processus de renouvellement d’un véhicule ambulancier adapté à la réalité terrain pour se rendre à Parent était enclenché. «Il a été demandé au CIUSSS à l’automne et oui, il va y avoir un nouveau véhicule. J’avais rencontré les paramédics en novembre pour leur demander des spécifications plus techniques afin d’avoir une ambulance qui va pouvoir aller sur des chemins de terre
aussi», raconte Marie-Louise Tardif.

Mais le Syndicat dit se réjouir de la position des maires du Haut-Saint-Maurice selon laquelle «tant que le dossier des horaires des factions n’est pas réglé, on ne réglera pas le problème des premiers répondants à Parent».