Emmanuelle Durand doit quitter son loyer le 1er mai. Elle devait aller chez le notaire cette semaine pour finaliser la transaction d’une nouvelle maison mais le processus est suspendu. Elle craint de se retrouver sans endroit pour demeurer. Photo Stéphane Lessard
Emmanuelle Durand doit quitter son loyer le 1er mai. Elle devait aller chez le notaire cette semaine pour finaliser la transaction d’une nouvelle maison mais le processus est suspendu. Elle craint de se retrouver sans endroit pour demeurer. Photo Stéphane Lessard

Impacts majeurs dans le domaine de la construction: «C’est d’une tristesse infinie»

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le Québec sur pause n’en finit plus de causer des impacts majeurs notamment dans le domaine de la construction.

Ceux qui ont mis fin à leur bail ou vendu leur maison avec l’intention d’emménager dans une nouvelle résidence vivent de grands moments d’insécurité. Non seulement des notaires pourraient suspendre leurs activités, mettant ainsi un frein aux transactions immobilières, mais plusieurs entrepreneurs généraux seront incapables de livrer les maisons dans les délais.

Maxime Rodrigue, directeur général de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), admet que la situation est exceptionnelle. «C’est d’une tristesse infinie. Je suis conscient qu’il y aura des retards de livraison pour ceux qui ont acheté une maison, un condo ou qui avaient prévu emménager dans un nouveau loyer. Trois semaines de délai, ce n’est pas catastrophique pour certains entrepreneurs mais pour d’autres, ça peut devenir très difficile. Il faudra évidemment trouver des mesures alternatives et commencer à travailler sur un plan de relance dans la construction», a-t-il indiqué.

À ce sujet, les seules urgences en construction reconnues sont liées par exemple à des sinistres, comme un coup de vent qui arrache une toiture ou tout ce qui relève de la protection d’urgence des bâtiments. «Je reçois beaucoup d’appels de travailleurs. On veut savoir par exemple s’ils peuvent finir le recouvrement d’une toiture et non la laisser sur le «plywood» pendant la pause de trois semaines ou encore s’il est possible de poursuivre les travaux d’une rénovation lorsque la toilette, le bain et la douche ont été enlevés. Je dois répondre non à tout. Jusqu’à preuve du contraire, si on veut stopper l’épidémie, si on s’en tient à la logique, il faut prendre soin de nous et de notre famille. C’est le temps de collaborer», rappelle-t-il, tout en précisant qu’il y a encore beaucoup de questions sans réponses.

L’APCHQ recommande donc à ses membres de respecter les consignes et de cesser la construction sous peine d’amendes qui seraient particulièrement salées et de dossiers criminels.

Il n’en demeure pas moins que les consignes gouvernementales sont problématiques chez les personnes qui avaient mis fin à leur bail en attendant de prendre possession d’une nouvelle demeure. Certaines ont peur de se retrouver à la rue ou du moins, de devoir se trouver un nouveau logement temporaire. Cette conséquence touche la construction et les ventes immobilières. «Nous avons signé une promesse d’achat avant Noël pour une maison à Nicolet. Nous devions signer les papiers chez le notaire vendredi afin de déménager dans la nouvelle maison le 1er mai à la fin de notre bail. Nous sommes maintenant dans le néant. Qu’est-ce qu’on fait?», déplore Emmanuelle Durand.

Mardi matin, les services professionnels des notaires ne faisaient pas parties des services essentiels. «Ma notaire a fait une super bonne job avec nous mais elle risque de cesser ses activités. Il faudrait au moins prévoir les cas d’urgence », ajoute-t-elle.

En fin de journée mardi, la Chambre des notaires était finalement en mesure de confirmer que les services juridiques étaient reconnus comme des services essentiels incluant ceux offerts par les notaires dans leurs études privées. Les notaires qui le souhaitent peuvent donc maintenir leur étude ouverte en appliquant à la lettre les directives de distanciation.