Voici la bâtisse qui est l’objet d’un conflit entre les anciens et les nouveaux propriétaires.

Immeuble vendu aux propriétaires du café Aux Cinq Sœurs: pas de vice caché selon les Chevaliers de Colomb

Sainte-Thècle — Selon les Chevaliers de Colomb de Sainte-Thècle, la bâtisse vendue en 2018 aux propriétaires du café Aux Cinq Sœurs ne cache aucun vice, contrairement aux prétentions de ceux-ci.

Plus de deux semaines se sont écoulées depuis qu’Olivier Myre et Roxanne Monfette sont sortis sur la place publique pour dénoncer ce problème. Les copropriétaires affirment se trouver dans une situation financière difficile, car ils sont aux prises avec une bâtisse dont l’avenir est mis en péril en raison d’un vice caché affectant la toiture. Celle-ci serait incapable de soutenir le poids de la neige. Selon eux, leur compagnie d’assurance refuse de couvrir les frais reliés au problème, car celui-ci est considéré comme un vice caché. Voilà pourquoi ils ont demandé, en avril, l’annulation de la transaction.

Cet avis n’est pas du tout celui du conseil local des Chevaliers de Colomb. Dans une lettre acheminée en fin de semaine aux médias, le Grand Chevalier Michel Rheault déclare que la bâtisse vendue par l’organisme au couple Myre-Monfette ne cache aucun vice.

«Il faut comprendre que la bâtisse a été vendue sans garantie légale. M. Myre n’a pas fait faire d’inspection par un inspecteur en bâtiment. Le problème est arrivé en hiver et jamais M. Myre ne nous a mentionné le problème en question», mentionne Michel Rheault, lors d’une entrevue accordée lundi soir au Nouvelliste.

Les Chevaliers de Colomb affirment avoir toujours bien entretenu l’immeuble. Ceux-ci estiment que la bâtisse semble avoir «souffert d’un entretien défaillant» depuis la transaction survenue en juin 2018. Des membres de l’organisation auraient d’ailleurs remarqué la présence d’un amoncellement de neige et de glace sur le toit de la bâtisse lors du dernier hiver, ce qui aurait fissuré le plafond.

Invité par Le Nouvelliste à réagir à cette sortie publique des Chevaliers de Colomb de Sainte-Thècle, Olivier Myre reconnaît ne pas avoir fait inspecter la bâtisse. Mais selon lui, il est faux de dire que l’immeuble n’avait pas de problème de structure.

«En 2015, les Chevaliers de Colomb ont fait une réparation au mur gauche qui s’était décollé du plafond. Il y a eu une grosse crevasse. Ils l’ont cachée avec du plâtre. On a posé des questions à propos du mur et du toit et les Chevaliers de Colomb nous disaient qu’ils n’avaient jamais eu de problème, que c’est juste une vieille bâtisse qui n’est pas tout à fait au niveau», indique M. Myre, en précisant que l’information concernant la pose de plâtre sur la crevasse provient de deux employés du bar exploité jadis par les Chevaliers de Colomb.

«On ne cache pas le fait qu’on n’a pas fait faire d’inspection par un professionnel, mais j’ai fait une inspection visuelle sur le bâtiment et j’ai posé des questions. On a fait un mauvais move, mais la responsabilité doit être partagée, car le problème est connu depuis 2015», ajoute M. Myre.

Michel Rheault est au courant de ces travaux effectués en 2015. Selon lui, ces travaux ont été effectués par un entrepreneur en construction, mais cela ne représente pas pour autant une preuve de vice caché.

«M. Myre a choisi de ne pas faire d’inspection dans le grenier même s’il y a une trappe. Nous, on a fait réparer et on n’a pas eu de problème par la suite», dit M. Rheault, qui s’attarde davantage à un rapport d’expert demandé en mai par le couple Myre-Monfette qui indiquerait que le surplus de neige est à l’origine du problème.

Offre de 50 000 $

Olivier Myre déclare avoir contacté les Chevaliers de Colomb il y a environ deux semaines pour leur demander de reprendre la bâtisse moyennant 50 000 $. Les Chevaliers de Colomb seraient ensuite responsables de démolir les lieux pour des frais variant entre 25 000 $ et 30 000 $.

«Les Chevaliers de Colomb pourraient récupérer le montant des taxes et ils se retrouvent avec un terrain qui vaut environ 5000 $ qui peut être revendu. De notre côté, on a une perte de 25 000 $ sur le montant de l’achat de la bâtisse. Mais avec nos investissements faits sur la bâtisse, on perd au moins 40 000 $», note M. Myre.

Michel Rheault est peu séduit par cette proposition.

«Il ne reste rien dans cette bâtisse. Les Chevaliers de Colomb avaient investi environ 80 000 $ en équipements dans ce bar et M. Myre a liquidé ça et obtenu 12 500 $. Il veut qu’on reprenne une bâtisse pour 50 000 $, qu’on paie 30 000 $ pour la démolition. Ça nous revient à 80 000 $ après avoir vendu pour 75 000 $. M. Myre vend les équipements à rabais et ensuite il nous envoie une mise en demeure (en avril) et demande un remboursement complet. Je pense que ça aurait été facile pour lui de nous voir au début de l’histoire. On aurait trouvé une solution.»

Les nombreuses sorties publiques de Mme Monfette et de M. Myre depuis quelques semaines font dire à Michel Rheault que les Chevaliers de Colomb de Sainte-Thècle sont victimes d’une campagne de dénigrement. M. Rheault garde toutefois une porte ouverte pour trouver un terrain d’entente.

«On a l’air de gros méchants là-dedans. Il reste qu’on est un organisme de charité et je ne suis pas insensible à leur situation», observe M. Rheault.

À entendre les propos de Michel Rheault, on peut présumer que l’écoute des Chevaliers de Colomb serait peut-être plus grande si le montant de 12 500 $ découlant de la vente d’équipements était soustrait des 50 000 $ demandés par le couple Myre-Monfette.

«Je suis ouvert à toutes les possibilités. On a une réunion cette semaine. On va expliquer le problème aux membres et en octobre, on écoutera les solutions proposées.»

Olivier Myre se dit surpris par cette ouverture des Chevaliers de Colomb. Selon le copropriétaire du café, lui et sa conjointe ont déposé des propositions de règlement sans jamais avoir de suivi.

«Mon but est de trouver une entente à l’amiable, mais ce n’est pas leur but.»