L'église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses devra inévitablement être vendue dans un avenir rapproché en raison des déboires financiers de la fabrique de la paroisse Immaculée-Conception.

Immaculée-Conception: «Financièrement, c'est la catastrophe»

Rien ne va plus à la fabrique de la paroisse Immaculée-Conception de Trois-Rivières, à un tel point que les sept administrateurs du conseil ont remis leur démission à l'évêque de Trois-Rivières, monseigneur Luc Bouchard, lundi soir pour protester contre la décision de retirer la cathédrale de la paroisse.
Confronté à une situation financière précaire, le conseil de la fabrique mentionne avoir suggéré quatre solutions à l'évêque de Trois-Rivières pour améliorer les choses. C'est à la suite de recommandations que Mgr Bouchard a finalement opté pour le transfert de la fabrique de la cathédrale trifluvienne vers l'église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses.
Cependant, les membres du conseil estiment que la décision prise par Mgr Bouchard est «la pire» parmi les choix qui lui étaient offerts et que ceci conduira directement la fabrique dans le mur. «Financièrement, c'est la catastrophe, lance Serge Laflamme, président du conseil de la fabrique. On pensait être consultés là-dessus, ce qui n'a pas été le cas. On a plutôt appris dans une lettre que monseigneur choisissait la première solution.»
Parmi les solutions avancées par la fabrique, on suggérait notamment de transférer les bureaux vers Notre-Dame-des-Sept-Allégresses tout en conservant les activités liturgiques et pastorales à la cathédrale. Un plan visant notamment le maintien des locaux de la fabrique à la cathédrale tout en prenant des arrangements sur les tarifs de location avait aussi été suggéré.
Gouffre financier
En étant relocalisée à l'église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses à compter du 1er juillet, la fabrique économisera entre 60 000 $ et 80 000 $ annuellement pour la location de ses locaux à la cathédrale. Par contre, son déménagement entraînera également une lourde perte de revenus qui provenait de la cathédrale, un montant pouvant aller jusqu'à 200 000 $ par année selon M. Laflamme.
En faisant le calcul, il devient évident que la fabrique ne pourra tenir le coup bien longtemps financièrement, déjà que ses réserves ont baissé à 250 000 $ en l'espace de quelques années seulement.
«D'ici deux ou trois ans, on est voué à fermer le plus rapidement possible pour des raisons financières, même Notre-Dame-des-Sept-Allégresses. Comme (la cathédrale) était la principale source de revenus, on risque d'aggraver notre déficit qui, dans les six dernières années, approche du million de dollars», dit-il.
Pour le président du conseil de la fabrique, il ne fait aucun doute que la décision de retourner les activités de la fabrique vers Notre-Dame-des-Sept-Allégresses viendra devancer considérablement l'arrêt de mort annoncée de l'église. La vente de l'édifice devra donc vraisemblablement se faire plus rapidement que prévu par les prochains membres qui formeront le conseil de la fabrique.
«C'est inévitable. Plus vite les prochains marguilliers vont vendre, mieux ça sera car on peut seulement faire des déficits. Au cours des dernières années, le déficit a été en moyenne de 135 000 $. Donc à ce rythme-là, on en a pour deux ans seulement encore», explique le président du conseil de la fabrique.
En guise de protestation, ce sont donc tous les membres du conseil qui ont démissionné, lundi soir. La seule personne n'ayant pas claqué la porte est le prêtre modérateur du conseil nommé par l'évêque. «Il se retrouve un peu entre l'arbre et l'écorce», en convient M. Laflamme.
Pour les membres du conseil de la fabrique, il aurait été possible de prolonger quelque peu la durée de vie de l'église de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses. «Avoir pu s'entendre autrement, car il y aurait eu possibilité, on en aurait eu pour cinq à dix ans sans aucun problème financier», explique le président du conseil.