Michelle Plante, responsable du projet chez COMSEP et la directrice générale, Sylvie Tardif, devant une partie des articles pour animaux dont le public et les entreprises ont fait don jusqu'à présent.

Imbroglio entre deux initiatives charitables

En février dernier, l'organisme COMSEP annonçait en grande pompe son association avec l'animalerie Museau d'or pour la tenue d'une collecte d'articles usagés pour les animaux de compagnie appartenant à des personnes en situation de pauvreté.
Quelle ne fut pas la déception de la directrice, Sylvie Tardif, de découvrir à la mi-mars qu'une initiative presque identique était organisée parallèlement par une entreprise privée de Trois-Rivières.
Il y a quelques jours, en effet, la propriétaire de l'entreprise trifluvienne La Petite promeneuse, Nathalie Bélanger, faisait parvenir un communiqué de presse aux médias afin d'annoncer la tenue d'une collecte d'articles neufs pour animaux et d'argent visant à aider les personnes en situation de pauvreté à prendre soin de leur animal de compagnie.
Mme Bélanger s'est associé plusieurs partenaires pour ce projet, dont l'animalerie Au Fin Museau dont le nom porte même à confusion avec l'animalerie Le Museau d'or.
Parmi ses autres partenaires, Mme Bélanger avait même recruté deux organismes communautaires qui viennent en aide aux personnes défavorisées, soit Ebyôn de Trois-Rivières et Les Artisans de paix dont la direction est assumée par le frère de Sylvie Tardif, Robert Tardif.
Pire encore, les deux campagnes se déroulent à des dates semblables.
La cueillette de Mme Bélanger se fait du 1er au 30 avril tandis que celle de COMSEP s'est amorcée en février, se termine fin mars et une première distribution se fera le 12 avril.
Mme Tardif ne cache pas que l'arrivée inattendue d'une initiative presque identique à la sienne a créé une déception au sein de COMSEP, d'autant plus que deux partenaires du milieu communautaire devenaient soudainement des compétiteurs, en quelque sorte, face à son initiative.
De son côté, Mme Bélanger explique qu'elle planifiait ce projet depuis un an sans savoir ce que projetait COMSEP. «Je ne peux pas reculer», dit-elle, parce que dès le 1er avril, une séance de photographie d'animaux de compagnie en échange d'un don pour cette cause a été annoncée. «Il y a des rendez-vous de pris», fait-elle valoir.
Devant cet imbroglio complètement inattendu, Mme Tardif a réuni son équipe et discuté avec les organismes Ebyôn et Artisans de la paix.
Il en est ressorti que COMSEP proposera un partenariat à La Petite promeneuse afin que les forces des deux organisations arrivent à se conjuguer pour cette cause unique.
Nathalie Bélanger se dit très ouverte. «Tout ce que je veux, c'est que le public en profite», dit-elle, mais «ça va dépendre de ce qu'ils m'offrent», fait-elle valoir, ayant investi beaucoup dans son projet, notamment en créant un logo et en recrutant une dizaine de partenaires commerciaux.
Mme Bélanger indique qu'elle a d'abord en tête d'aider les personnes défavorisées qui ont des animaux de compagnie puisqu'au bout du compte, sa campagne, appelée Donner pour ceux qui les aiment, ne lui rapporte rien si ce n'est qu'un peu de visibilité.
«Au départ, je ne voulais même pas mettre mon nom d'ailleurs», précise celle qui a aussi organisé des campagnes, dans le passé, pour la SPA et la lutte au cancer.
Mme Bélanger a démarré son entreprise il y a six ans. Elle offre des services de promenade pour chiens, de taxi pour chiens et chats chez le vétérinaire et de gardiennage à domicile pour animaux de compagnie.
Elle détient de nombreux diplômes en comportement et entraînement canin et elle a aussi suivi des formations avec Jacynthe Bouchard.
L'organisme COMSEP, Nathalie Bélanger, de même que les partenaires communautaires impliqués dans ces initiatives, se rencontreront sous peu pour voir comment il serait possible de joindre leurs forces.
Sylvie Tardif indique qu'une première distribution des dons se fera par COMSEP le 12 avril sur invitation des membres de COMSEP seulement, des Artisans de paix et d'Ebyôn.
L'organisme veut ainsi empêcher les friperies de venir se servir et d'écrémer les meilleurs dons.
La friperie de COMSEP est en effet accessible à tous sans discernement et elle reçoit régulièrement la visite de marchés aux puces et de friperies privées, indique Mme Tardif.
Cette situation est acceptée parce que le but de la friperie est de générer des revenus pour COMSEP, explique-t-elle.
Cette fois, c'est différent, précise-t-elle. «Des entreprises nous ont donné des sacs de nourriture neufs pour animaux», dit-elle et il n'est pas question de voir cette nourriture être revendue par des friperies privées qui en tireraient des profits.
En attendant que les violons s'accordent, le public est invité à faire un don à l'organisme de son choix.
Les points de chute, pour La Petite promeneuse, sont l'animalerie Au Fin museau et l'Hôpital vétérinaire trifluvien. Pour COMSEP, les dons peuvent être déposés directement aux locaux de l'organisme ou encore à l'animalerie Museau d'or.