Mario Lebel est président du Festival de chasse du Haut Saint-Maurice.

«Il y a lieu de prendre une décision quant au modèle de gouvernance»

La Tuque — La sortie publique du Festival de chasse après la dernière assemblée publique, où il avait été question du registre des armes à feu, n’a pas plu à la Ville de La Tuque. La Municipalité demande au Festival de chasse de rendre des comptes et de faire un choix définitif sur son modèle de gouvernance. On s’inquiète même de la situation financière actuelle de l’événement.

L’organisation du Festival avait affirmé à quelques reprises son indépendance décisionnelle. Le Festival avait mentionné que la Ville de La Tuque n’était pas responsable de l’organisation afin d’éviter que les amateurs de chasse boycottent l’événement. On avait mis de l’avant qu’on bénéficiait d’une gestion budgétaire autonome.

La Ville a souhaité remettre les pendules à l’heure et demande au Festival d’assainir ses finances. Il n’a toutefois pas été question du registre des armes à feu dans la lettre.

«Il y a une tendance aux déficits depuis quatre ans, qui ont heureusement pu être épongés par les surplus, mais l’édition 2018 a généré, à elle seule, un déficit de 29 663,41 $, qui laisse aujourd’hui vos états financiers dans le négatif. Il faut agir immédiatement pour remédier à la situation», peut-on lire dans cette lettre signée par le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

La Ville a cru bon faire le point concernant la structure de l’événement et invite maintenant le comité organisateur à se positionner.

«Il y a lieu de prendre une décision quant au modèle de gouvernance actuel», note la Ville.

Cette dernière avance deux solutions, la première serait de créer un organisme à but non lucratif (ONBL) au nom du Festival de chasse du Haut Saint-Maurice.

«Vous auriez ainsi l’indépendance pleine et entière dont vous faites mention dans vos propos. L’équipe municipale peut être mise à contribution pour vous aider et vous soutenir dans la réalisation de cette option», peut-on lire.

La deuxième option proposée par les élus de La Tuque est de revoir la gouvernance actuelle associée à la Corporation des activités populaires de La Tuque (CAPLT).

«Cela implique toutefois moins d’indépendance pour votre comité organisateur et une plus grande supervision de la part de Ville de La Tuque.»

«Concernant votre bilan financier, le conseil municipal a demandé à la CAPLT de s’assurer que votre budget soit respecté considérant l’impact financier que ces déficits représentent pour la municipalité, du moins aussi longtemps que le modèle de gouvernance actuel sera en vigueur. Le Festival de chasse du Haut Saint-Maurice doit se faire à coût nul, donc vous avez la responsabilité de vous assurer d’une certaine rentabilité en agissant en bons administrateurs et en prenant des décisions qui respectent votre budget», indique la municipalité.

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, demande au Festival de choisir son modèle de gouvernance.

La Ville exige également un plan de redressement de la part du Festival de chasse concernant la gestion du déficit de l’an dernier. Le maire de La Tuque n’a pas manqué de souligner que la Ville était quand même impliquée dans l’organisation du festival.

«Le Festival de chasse dépend d’une corporation municipale qui est gérée complètement par des gens de Ville La Tuque. […] On met environ 80 000$ par année dans le Festival».

«On ne peut pas se permettre de dire qu’on est indépendant quand je fournis une personne qui consacre 40 % de son temps sur le Festival de chasse», a-t-il ajouté.

La Ville a également souligné les efforts investis par les bénévoles dans l’organisation de ce Festival, ainsi que de l’importance de l’événement revêt pour la population et les chasseurs.

«Notre soutien au Festival de chasse n’est nullement remis en question. Notre intention n’est pas de nuire au Festival, mais de vous aider à atteindre vos objectifs budgétaires, ainsi que de vous donner l’opportunité de choisir le modèle de gouvernance que vous voulez», a indiqué la Ville.

Surpris et déçu

Le Festival de chasse va donner suite aux demandes de la Municipalité. Une rencontre a eu lieu à ce sujet en début de semaine, mais le président de l’événement ne souhaitait pas dévoiler maintenant leurs intentions. On va répondre aux deux demandes, soit l’orientation quant au modèle de gouvernance et le plan de redressement budgétaire.

«On a évalué les deux possibilités. On sait vers quoi on s’enligne et on va leur fournir une réponse sous peu. On a discuté de l’ensemble de la lettre, mais on va répondre au dernier paragraphe seulement. On ne veut pas se lancer dans une guerre de chiffres. […] Les budgets sont toujours présentés à la Ville…», a mentionné le président de l’événement, Mario Lebel.

«Je ne suis pas surpris, mais je suis déçu. Je ne sens pas un esprit de collaboration», a-t-il ajouté.

Des membres du comité organisateur avaient rencontré des représentants de la Ville en privé avant de recevoir la lettre.

«On leur a exposé notre vision et vers où on s’en allait. C’est après qu’on a reçu la lettre», note M. Lebel.

Ce dernier maintient qu’il y a une indépendance décisionnelle. Selon Mario Lebel, il n’y a pas d’ingérence de la Ville dans l’événement.

«Quand je dis indépendance, je veux dire que c’est le comité qui organise le Festival. C’est certain qu’on a un coup de main de la Ville, mais les décisions sont prises par le comité. C’est ce qu’on leur a dit», a conclu M. Lebel.