Il veut présenter une défense de non-responsabilité criminelle

TROIS-RIVIÈRES — Pour éviter un verdict de culpabilité et ainsi se soustraire à la prison, un homme de 54 ans de Trois-Rivières, soupçonné d’avoir abusé sexuellement de ses deux filles pendant plusieurs années, a entrepris des démarches pour présenter une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Cet individu, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des plaignantes, aurait en effet agressé sexuellement ses deux filles et les auraient violentées dans la période comprise entre 1987 et 2012. Les événements seraient survenus à Trois-Rivières notamment mais aussi dans d’autres localités de la région. On lui reproche des voies de fait à plusieurs reprises sur celles-ci alors qu’elles étaient encore très jeunes. L’une d’elles aurait même été frappée avec une ceinture.

Il est également accusé d’agressions sexuelles, d’inceste, d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels alors qu’il était en situation d’autorité et de confiance. L’une des fillettes avait sept ans lorsque les abus sexuels auraient commencé. Ils auraient pris fin dix ans plus tard alors qu’elle avait 17 ans.

Dans le cas de sa sœur, elle aurait été abusée à partir de 11 ans, et ce, pendant près de 14 ans. Les derniers délits de cette nature seraient survenus alors qu’elle avait 25 ans. Lorsque leur mère a quitté le domicile familial, le prévenu aurait même fait de sa fille aînée sa nouvelle conjointe. Il aurait ainsi eu avec elle des relations sexuelles complètes sur une base régulière.

En 2017, les présumées victimes ont finalement décidé de porter une plainte aux policiers, ce qui a donné lieu au dépôt de 18 accusations contre leur père par la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet.

En février dernier, cet homme, qui est représenté par Me Pierre Spain, avait envisagé de disposer de ses dossiers. Les plaignantes s’étaient même présentées au palais de justice à cette occasion mais il a changé d’idée, sous prétexte qu’il voulait présenter une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Pour ce faire, des documents médicaux ont été remis au juge Jacques Trudel, lundi, afin qu’il ordonne une évaluation psychiatrique sur sa responsabilité criminelle mais ce dernier a rejeté la demande. Il a en effet conclu qu’il n’y avait pas de motifs raisonnables dans les documents soumis lui permettant de croire que le prévenu souffrait à l’époque d’une problématique de santé mentale, qui pouvait engager sa responsabilité criminelle.

Toujours à la demande de son client, Me Spain a alors annoncé qu’il allait faire une demande à l’aide juridique pour tenter d’obtenir une expertise privée de même nature. La cause a donc été reportée au 20 juin.