Ces quatre maisons situées près des terres contaminées à Bécancour pourraient disparaître en fumée le printemps prochain lors d’exercices réalisés par le Service de sécurité incendie. Sinon, elles seront tout simplement démolies.

Il n’y a pas le feu... avant le printemps!

BÉCANCOUR — Achetées par la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, les quatre maisons environnantes au fameux site contaminé à Bécancour ne disparaîtront pas en fumée avant le printemps. Le nouveau propriétaire avait offert à la Ville de s’en servir pour des exercices de feu, à l’intention du Service de sécurité incendie.

«Faire brûler une maison, même pour une pratique de pompiers, ce n’est pas si facile. Il faut faire un paquet de devoirs auparavant pour voir ce qu’on peut faire et jusqu’où on peut aller. Il y a de grosses chances qu’il y ait de l’amiante dans ces maisons-là. C’est tout ce processus qui a fait que tout a été repoussé au printemps», a expliqué le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, évoquant les problématiques de matériaux et, possiblement, d’amiante.

photo: Sylvain Mayer

D’ailleurs, le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, reconnaît la complexité du projet.

«On sait très bien que les exercices, ce n’est pas simple, ça doit être dans les budgets, il y a plein de contraintes. Si, dans une maison, ils découvraient qu’il y avait de l’amiante ou encore des prélarts, en bout de ligne, il faut quasiment qu’ils démolissent la maison avant de mettre le feu», indique celui qui parle aussi de permis nécessaires au niveau de l’environnement.

photo: Sylvain Mayer

Mais du même souffle, il confirme que pour ces quatre propriétés achetées sur Louis-Riel, «c’est toujours un scénario qu’ils fassent des exercices de protection d’incendie». «Idéalement, ça doit se faire à l’automne ou tôt au printemps. Nous, le mandat, on les a achetées pour qu’elles disparaissent, qu’elles ne soient plus là. Nous, éventuellement, quels que soient les gestes que feront la Ville, ce qui restera, on devra, nous, le démolir. On n’est pas en urgence.

Avant de les démolir, si elles peuvent servir au niveau de la sécurité, pourquoi pas. Le site le permet bien, ce sont des maisons qui sont isolées. Donc, elles sont bien placées pour faire ce type d’exercice que maintenant tu as de la misère à faire», poursuit M. Richard.

photo: Sylvain Mayer

Quant aux terres contaminées, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques cherche toujours une solution permanente et définitive pour restaurer l’endroit et faire cesser les rejets de contaminants autour du site.

Une étude de préfaisabilité concernant la mise en place d’un écran gelé (cryogénisation) pour contenir les matières dangereuses résiduelles enfouies sur le site a été réalisée.

On se rappellera que l’entreprise RAQ avait exploité un site d’enfouissement de matières dangereuses résiduelles au 7505, chemin Louis-Riel, dans le parc industriel de Bécancour, de 1986 à 2003, laissant le site très contaminé.