Le dossier de la Cabane chez Nathalie continue d’alimenter les discussions.

«Il n’y a pas eu de collaboration»

SAINT-MATHIEU-DU-PARC — Selon Josée Magny, le conseil de Saint-Mathieu-du-Parc a été loin d’être passif dans le dossier de la Cabane chez Nathalie dont les promoteurs accumulent les accrocs à différents règlements depuis leur arrivée à cette cabane à sucre.

Lors de l’acquisition de la cabane chez Hill en septembre 2014, le couple a amorcé d’importantes transformations de la bâtisse sans demander de permis de construction à Saint-Mathieu-du-Parc, confirme l’administration municipale. Le couple a aussi aménagé une partie de la bâtisse principale en résidence privée. La cabane à sucre étant un bâtiment agricole, cette façon de faire est illégale selon la loi sur la protection du territoire et des activités agricoles.

«Quand tu achètes un commerce, il me semble que tu t’informes à la base sur ce que tu peux faire et sur ce que tu ne peux pas faire. Tout promoteur doit s’informer de ce qu’il peut faire ou pas», raconte Mme Magny, la mairesse de Saint-Mathieu qui a été visée durement par les propos de Lévis Guay concernant le manque d’appui de la Municipalité de Saint-Mathieu.

Mme Magny rappelle que la Municipalité a régularisé la question des travaux de rénovation réalisés sans permis de construction. D’après la mairesse, l’administration municipale a aussi amorcé dès le mois de mai 2017 des démarches afin de clarifier la situation du couple Simard-Guay quant à son lieu de résidence. Ce point s’ajoutait à une série d’activités qui ne respectaient pas la loi sur la protection du territoire agricole.

Il y a 10 mois, la Commission de la protection du territoire agricole du Québec envoyait un préavis d’ordonnance à la Cabane chez Nathalie. La Commission indiquait que les foires champêtres, les spectacles et le karaoké sont interdits. La CPTAQ accordait un délai de 30 jours aux promoteurs pour présenter des observations, produire des documents et demander une rencontre avec la Commission afin d’expliquer les gestes reprochés. Devant l’immobilisme des promoteurs, la CPTAQ y est allée d’une ordonnance en novembre interdisant que les gestes reprochés se reproduisent.

D’après la mairesse, le conseil a délégué son inspectrice municipale en mai 2017 pour aider Nathalie Simard et Lévis Guay à remplir un document permettant de régulariser la question de l’utilisation de la cabane à sucre en lieu de résidence. Sauf que l’ensemble du dossier n’a jamais été acheminé par la Municipalité à la CPTAQ. Le couple n’a tout simplement pas déboursé les frais nécessaires au traitement du dossier, précise l’ancien maire, Claude McManus.

Claude McManus a été maire de Saint-Mathieu de 2013 à 2017.

«Ils voulaient une résidence pour s’y installer, se rappelle M. McManus. Dans le temps, je n’étais pas contre, mais il fallait voir jusqu’où on pouvait aller avec la CPTAQ. On n’avait rien contre la résidence en elle-même. Ça venait garantir que la sucrerie continuerait.»

Claude McManus se souvient qu’à l’arrivée de Nathalie Simard et de Lévis Guay à Saint-Mathieu, il était important pour le couple de s’établir dans un lieu de tranquillité. On était loin d’une série de spectacles et de la mise en place d’une foire champêtre, soutient l’ancien maire.

«La première affaire qu’ils font est une salle de spectacles sans permis (durant les travaux de rénovation). Il n’y a plus de sirop qui se fait là (l’administration municipale confirme que la production de sirop d’érable a été abandonnée par la Cabane chez Nathalie depuis au moins un an). Ça enlève le sens de cette bâtisse-là. Leur objectif est d’avoir une salle de spectacles et la Municipalité n’est pas d’accord. Tout ça se fait sans permis, au contraire de la loi, sans respect des règlements. Même si on voulait les aider, ça n’aboutissait à rien. On essayait de s’entendre avec eux, mais il n’y a pas eu de collaboration. On n’a jamais su leur objectif réel. Aujourd’hui, cet objectif est bien plus d’avoir une salle de spectacles. C’est là-dessus que le conseil actuel n’est pas d’accord et je ne suis pas d’accord, car c’est une cabane à sucre et pas une salle de spectacles.»

Selon Josée Magny, le conseil a vraiment fait ce qu’il fallait pour aider Nathalie Simard et Lévis Guay.

«Faire passer l’odieux de la situation sur le dos de la Municipalité, je pense que c’est pelleter leurs problèmes dans notre cour.»