Le 2 mai 2017, l’avenue du Beau-Rivage, à Shawinigan, était devenu impraticable en raison des inondations.

«Il n’y a pas eu de bévue en 2017», réitère Hydro-Québec

Shawinigan — Hydro-Québec gère ses ouvrages avec la même rigueur qu’en 2017 sur la rivière Saint-Maurice, même si le printemps actuel se vit beaucoup mieux. C’est la mise au point que souhaite apporter Donald Olivier, directeur Production à la direction régionale, à la suite des commentaires émis mardi par le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Pendant que la crue printanière envenime le quotidien de plusieurs riverains le long du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre, la situation demeure stable du nord au sud le long de la rivière Saint-Maurice. Un contexte qui contraste avec ce qui s’est produit en 2017 et qui faisait dire à M. Angers, plus tôt cette semaine, que la société d’État avait sans doute appris de ces événements.

«Il n’y a pas eu de bévue en 2017», martèle M. Olivier, bien conscient que la gestion des réservoirs et des barrages soulève toujours des questions en période de crue. «Ce qu’on s’est surtout rendu compte, c’est qu’on ne communiquera jamais assez!»

«Il existe une loi et un règlement qui gèrent la sécurité des barrages, à la suite du déluge du Saguenay», poursuit-il. «Nous sommes obligés de documenter notre façon d’exploiter les barrages, dans les sommaires de plans de gestion des eaux retenues. La façon de gérer Gouin, Matawin, les Manouane est la même depuis de nombreuses années. Je comprends que M. Angers puisse se questionner, mais tout ça est enchâssé dans la loi. On ne peut pas improviser.»

Par exemple, la société d’État ne peut vider à moins de 60 % de sa capacité le réservoir Gouin, en raison notamment de sa dimension. Mais ce critère n’a pas changé depuis 2017, réitère M. Olivier.

«On doit s’assurer que la crue maximale probable ne compromettra pas la sécurité de l’ouvrage», explique-t-il. «On ne peut pas décider, une année donnée, d’établir un écart. Tout ça est prescrit. Ces temps-ci, la rivière Mékinac capte un peu plus l’attention. La crue de sécurité est d’une fois par mille ans. On doit donc s’assurer que tout ce qu’on fait à Mékinac soit conforme à cela.»

«C’est assez rigide comme processus», résume le directeur. «On n’improvise pas avec les niveaux. Parfois, la nature peut nous jouer des tours, mais la crue de sécurité, on doit toujours s’assurer qu’on sera capable de la transiter.»

Bon an mal an, M. Olivier rappelle qu’Hydro-Québec ne régularise que 40 % des apports en eau en période de crue. La fonte des neiges dans le bassin versant de la rivière Saint-Maurice et les précipitations dictent davantage le rythme.

«Au plan des codes d’exploitation, il n’y a pas eu une gestion différente depuis (2017)», martèle-t-il. «Nous avons plein de données. Nous ne sommes pas à un procès et nous ne sommes pas en mode de nous justifier, mais si quelqu’un veut nous défier là-dessus, nous pouvons mettre toutes les données sur la table. Tout ça est suivi en temps réel.»

Pour ce printemps, pas une goutte d’eau ne s’est échappée du réservoir Gouin depuis le 16 avril. Du côté de Matawin, sa fermeture complète est prévue jeudi.

«Tant qu’on réussit à transiter les débits en aval, on préfère continuer à déverser à Matawin pour avoir le tampon le plus gros possible», précise le directeur régional.

Les réservoirs Manouane A et B sont déjà fermés et Manouane C devrait suivre d’ici la fin de la semaine. Les précipitations prévues influenceront la décision finale. Quant aux vannes des barrages dans la région de La Tuque, les premières ont été ouvertes mardi et les autres suivront progressivement. Rappelons que celles d’Almaville libèrent les eaux depuis samedi.

Même si la rivière Saint-Maurice traverse plutôt bien le printemps jusqu’ici, le couvert de neige toujours bien présent en Haute-Mauricie incite à la prudence.

«Ce qui nous préoccupe, c’est ce qu’on ne connaît pas», fait remarquer M. Olivier. «Par exemple, les précipitations liquides et la température de l’air. On se souhaite la crue la plus graduelle possible.»

«On a vu que ça n’a pas bougé beaucoup sur la rivière Saint-Maurice en début de semaine à la suite du réchauffement, mais ça a bougé beaucoup pour Mékinac, un petit bassin qui réagit très vite. On prévoit du temps plus frais dans les prochains jours, alors c’est sûr que ça nous aide.»