Simon Martin, lors de son passage médical à Cuba.

«Il nie complètement le problème»

Trois-Rivières — C’est une journée en dents de scie qu’a vécue Simon Martin, mercredi, alors qu’il accompagnait les membres de l’Association québécoise de la maladie de Lyme à l’Assemblée nationale. Un certain soulagement de voir sa maladie enfin être reconnue, mais une vive déception devant la réaction du ministre de la Santé, le Dr Gaétan Barrette.

Ce sont les propos de M. Barrette selon lesquels les médecins américains qui offrent de soigner la maladie seraient possiblement des charlatans, mais aussi son affirmation selon laquelle le Québec offre ce qu’il y a de mieux comme soins pour la maladie, qui ont enflammé celui qui souffre de la maladie depuis 2004.

«Il nie complètement le problème. Je peux faire une liste de patients qui sont allés voir un médecin récemment et qui se sont fait répondre que la maladie n’existe même pas, et ce, même s’ils présentaient tous les symptômes. Oui, c’est une maladie complexe à diagnostiquer, mais elle n’est pas la seule», souligne M. Martin, qui a qualifié la réaction du ministre d’inhumaine, mais qui a aussi trouvé du positif dans les paroles du médecin.

«Je ne sais pas s’il s’est mis les pieds dans la bouche, mais jamais le ministère n’avait reconnu l’existence de la maladie dans sa forme chronique. Il l’a fait aujourd’hui, donc nous avons fait un grand pas en avant.»

Le Shawiniganais d’origine, qui habite aujourd’hui à Beauharnois, estime que le dépôt de cette pétition ouvre la porte à ce que la maladie soit reconnue et que les soins soient assurés par la Régie de l’assurance maladie. Mais il ne s’attend pas à ce que ce jour soit pour demain.

«C’est la première joute d’un combat à finir, image-t-il. Il est temps qu’ils se déniaisent parce qu’il y a des gens qui perdent leur vie. J’ai fait une tentative de suicide il y a cinq ans. Pourtant, ma famille allait bien, mon commerce aussi. J’étais seulement tanné d’avoir mal et d’être toujours fatigué.»

Depuis, M. Martin a vendu son commerce et quitté son deuxième emploi, puisque les symptômes de la maladie le font trop souffrir. Faute de reconnaissance de la maladie au Québec, il voit un mur se présenter devant lui.

«J’en suis à mon dernier chômage de maladie avant de tomber sur l’aide sociale. Je suis un père de quatre enfants, qui ne m’ont jamais connu en santé. Je veux qu’ils me connaissent en santé.»

Se faire soigner à Cuba
Le ministre Barrette a évoqué mercredi le cas des victimes de la maladie qui vont se faire soigner aux États-Unis, où le coût du traitement oscille entre 20 000 et 25 000 $. Simon Martin, lui, travaille sur une autre solution.

En janvier, il s’est rendu à Cuba pour une consultation médicale, mais aussi pour rencontrer des membres du ministère de la Santé de l’archipel, l’un des meilleurs systèmes au monde.

À son avis, il serait préférable pour les Québécois de se faire traiter à Cuba plutôt qu’aux États-Unis, particulièrement parce que les coûts sont le tiers de ceux du pays de l’Oncle Sam.

«Même si Cuba n’a pas vraiment de cas de la maladie, ils savent comment la diagnostiquer et la traiter. S’il n’y a pas de mouvement de la part du gouvernement, c’est mon projet de faire une clinique Lyme à Cuba. On pourra former des spécialistes pour le Québec lorsque la réglementation le permettra. Tout ça se retrouve dans les mains du docteur Barrette, mais il n’est pas assez responsable pour s’occuper de ses malades.»