Manon Deshaies est la première à avoir foulé la scène samedi devant plus de mille personnes dans le cadre du spectacle Place aux aînés.

Il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves

TROIS-RIVIÈRES — «C’est un cadeau que nous nous sommes fait! Vivre l’expérience de la salle J.-Antonio-Thompson dans ma ville natale, devant les miens, c’est incroyable!», s’exclame Manon Deshaies quelques minutes après sa sortie de scène.

Mme Deshaies, qui a interprété L’amour en héritage de Pierre Delanoë et Vladimir Cosma, est la première à avoir foulé la scène samedi devant plus de mille personnes dans le cadre du spectacle Place aux aînés présenté par la direction de la culture, des loisirs et de la vie communautaire de la ville de Trois-Rivières. Une seconde représentation aura lieu dimanche et tous les billets ont également été vendus.

Cette année, ils étaient plus d’une cinquantaine de candidats de 55 ans et plus à auditionner pour avoir la chance de prendre part au spectacle Place aux aînés. Au total, onze artistes ont été retenus. Ces derniers pratiquent depuis plusieurs mois sous la supervision du metteur en scène William Lévesque et d’Éric Langevin, assistant à la mise en scène. «Ils sont plutôt nerveux, mais c’est tout à fait normal. Certains montent sur scène pour la première fois alors que d’autres le font après plus de vingt ans», a souligné M. Lévesque.

C’est notamment le cas d’Alain Jutras qui a interprété La Manic de George Dor. Il n’avait pas mis les pieds sur une scène depuis 1998. «J’ai soixante-dix ans et c’est un privilège incroyable de pouvoir monter à nouveau sur scène après toutes ces années. Je ne pensais pas que cela serait encore possible», a-t-il confié les yeux encore brillants. D’ailleurs, son collègue de scène, Mario Cloutier, était du même avis. «J’ai renoué avec ma première maîtresse...la scène!», s’est exclamé en riant celui qui a fait vibrer la foule avec Je m’voyais déjà de Charles Aznavour.

Alain Jutras, qui a interprété La Manic de George Dor, n’avait pas mis les pieds sur une scène depuis 1998.

Pour sa part, Robert Rhéault n’était pas à sa première expérience au spectacle Place aux aînés. «À l’âge que nous avons, c’est difficile de penser à une carrière. La vie nous a menés vers d’autres chemins et elle nous a poussés à choisir une autre carrière. Ce spectacle, c’est une chance unique. C’est une expérience inoubliable! Aujourd’hui, j’ai fait une chose que j’ai toujours voulu faire», a affirmé l’interprète de Unchained Melody de Hy Zaret.

Robert Rhéault a séduit la foule avec Unchained Melody de Hy Zaret.

Un moment haut en couleur
Cette année, Francine Potvin a osé. «Ça fait au moins cinq ans que j’y pensais. Cette année, je me suis dit: «Vas-y». J’ai fait les auditions et je n’en reviens pas. J’ai adoré mon expérience. La salle J.-Antonio-Thompson est tout simplement majestueuse et le son est incroyable. C’est tellement gratifiant de monter sur cette scène», a raconté avec émotion l’interprète d’Une chance qu’on s’a de Jean-Pierre Ferland et d’Alain Leblanc.

Autre moment fort, la présence de l’orchestre. Sur scène, quatorze musiciens accompagnaient les artistes. «Ça fait plus de vingt ans que je rêve de chanter Je suis malade de Serge Lama et d’Alice Dona sur une scène accompagnée d’un orchestre. Je l’ai fait! J’en tremble encore», a lancé Murielle Marchand.

Une surprise de taille
Après l’entracte, les spectateurs, tout comme les artistes ont eu droit à une véritable surprise. Celle qui est en nomination six fois au prochain gala de l’ADISQ notamment dans la catégorie Interprète féminine de l’année a fait une entrée vivement saluée sur la scène. C’est sous une pluie d’applaudissements qu’Isabelle Boulay a entamé les premières notes de ses plus grands classiques au plaisir de la foule.

«Je suis très chanceuse d’avoir été invitée ici. Je trouve l’idée de ce spectacle tellement belle. La créativité, c’est quelque chose qui nous amène dans un espace de jeunesse éternelle. La chanson, c’est dans l’oeil, dans la voix et c’est ce qui nous permet d’avancer et qui nous transporte», a souligné Mme Boulay peu de temps avant d’entrer en scène. Avec Jamais assez loin, Je t’oublirai, Mieux qu’ici bas, Ma fille et Entre Matane et Bâton Rouge, Isabelle Boulay et son guitariste, Simon Godin, ont su charmer les spectateurs.

Tout comme le disait Charles Aznavour dans Je m’voyais déjà: «Mes traits ont vieilli...mais la voix est là, le geste est précis et j’ai du ressort. Mais un jour viendra, je leur montrerai que j’ai du talent». Voilà ce qu’ont fait samedi les onze artistes qui ont participé au spectacle Place aux aînés.

Roger Pozier a interprété sa propre composition, L’homme à la guitare.