Les doléances de nombreux citoyens craignant pour leur sécurité en raison du comportement des ours au lac McLaren, puis au lac Jackson, ont finalement été entendues.

Il ne sera plus possible d'attirer les ours avec des appâts à Saint-Mathieu-du-Parc

Les doléances de nombreux citoyens craignant pour leur sécurité en raison du comportement des ours au lac McLaren, puis au lac Jackson, ont finalement été entendues.
Lors de la dernière séance publique du conseil municipal de Saint-Mathieu-du-Parc, la conseillère Josée Magny a présenté un avis de motion annonçant l'adoption prochaine d'un règlement qui interdira carrément d'installer des appâts pour nourrir les animaux indigènes.
Une position musclée qui risque de déplaire au propriétaire de l'Auberge refuge du trappeur, spécialisée dans l'observation d'ours depuis plusieurs années. Les gros mammifères étaient attirés par des appâts, permettant aux touristes de les épier. 
En 2013, des citoyens du lac McLaren avaient sensibilisé les élus à ce problème. Selon eux, les ours se familiarisaient petit à petit avec un environnement humain, de sorte qu'ils devenaient de plus en plus difficiles à effaroucher.
En septembre 2013, le conseil municipal avait adopté un règlement pour encadrer cette pratique. Par exemple, le site où la nourriture était déposée devait être situé à 1,5 kilomètre d'un chemin public ou d'une habitation et à au moins 150 mètres de tout lieu fréquenté régulièrement par des humains, par exemple un sentier pédestre. L'activité ne devait pas non plus nuire à la santé, à la sécurité et à la quiétude du voisinage.
L'Auberge refuge du trappeur a bénéficié d'une période transitoire d'un an avant de se trouver un nouveau site d'observation. Après de longues discussions avec le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, un nouvel endroit a finalement été identifié, cette fois au lac Jackson. 
Après un été sans histoire en 2015, le maire, Claude McManus, raconte que les plaintes de citoyens ont ressurgi l'an dernier, essentiellement pour les mêmes raisons. Dans ces conditions, le conseil municipal a décidé de bannir cette activité.
«Nous avons un seul entrepreneur qui offre cette activité et elle occasionne plusieurs plaintes de citoyens, inquiets pour leur sécurité», explique-t-il. «Nous lançons maintenant le message qu'il n'y a pas de place pour cette activité dans notre municipalité. Le conseil municipal décide de la prohiber, et ce, partout sur notre territoire. Nous ne ferons pas de compromis sur la sécurité.»
M. McManus reconnaît qu'aucun accident grave ne s'est produit à Saint-Mathieu-du-Parc relié aux appâts pour les ours, mais certains événements ont préoccupé les élus.
«Nous avons été mis au courant de certains incidents, par exemple une dame qui a vu un ours apparaître sur son balcon», illustre-t-il. «Les ours deviennent plus fringants, moins peureux.»
Pendant la controverse ayant mené à l'adoption du règlement en 2013, le propriétaire de l'Auberge refuge du trappeur, André Ropars, répétait qu'en pleine nature et près du parc national de la Mauricie, les citoyens devaient s'attendre à voir des ours de temps en temps.
«C'est vrai qu'il va toujours y en avoir», reconnaît M. McManus. «Mais le fait de les attirer volontairement provoque de l'insécurité chez les gens dans leur cour. S'il arrivait un accident grave, c'est sûr que la Municipalité serait blâmée.»
Appelé à réagir à la volonté du conseil municipal, M. Ropars n'a voulu émettre aucun commentaire sur ce nouveau chapitre.
«On croyait en notre règlement», assure le maire. «Nous voulions vraiment donner la chance à un entrepreneur. Mais en bout de ligne, on se rend compte qu'il n'y a pas beaucoup de place pour cette activité.»
M. McManus s'attend à ce que le nouveau règlement soit adopté à la prochaine séance régulière du conseil municipal, le 5 juin.