Chloé Sainte-Marie et son amoureux Gilles Carle, celui qu'elle a accompagné et soigné jusqu'à la fin de sa vie.

Il ne faut pas se dire je t'aime juste à la Saint-Valentin - Chloé Sainte-Marie

La chanteuse Chloé Sainte-Marie, conjointe de feu Gilles Carle, apprécie qu'on associe à la fête de la Saint-Valentin la cause des aidants naturels dont elle est la marraine.
Lors des nombreuses entrevues qu'elle a accordées, cette grande amoureuse a souvent expliqué que c'est d'abord par amour qu'elle était devenue l'aidante naturelle du cinéaste, atteint de la maladie de Parkinson.
«Je trouve ça amusant, cette association. C'est un beau petit clin d'oeil. Mais il ne faut pas se dire je t'aime seulement à la Saint-Valentin», dit-elle d'une voix rieuse, en entrevue téléphonique.
Alors qu'elle se débattait dans son rôle d'aidante naturelle, Chloé Sainte-Marie rejoignait bien malgré la horde de milliers de femmes qui remplissent ce rôle au pays. Comme elles, elle a crié à l'aide, comme elles, elle en est tombée malade. La dépression ne l'a pas épargnée non plus.
«Aider, c'est naturel, commente la chanteuse, pour un homme comme pour une femme. Ce qui n'est pas naturel, c'est l'exploitation. Faire ça 24 h par jour, 7 jours par semaine, 365 jours par année. Là, ce n'est plus naturel.»
Lorsqu'on lui demande si, à son avis, on assisterait davantage les aidants naturels s'ils étaient formés de 77 % d'hommes au lieu de 77 % de femmes, la chanteuse répond que oui, sans hésitation.
«Je suis sûre de ça. C'est clair. C'est les hommes qui détiennent le pouvoir. Les postes de femmes sont souvent symboliques même en politique. Pas toujours, mais souvent. Mais bon, la situation est que dans 80 % des cas, ce sont des femmes, et que les femmes acceptent de le faire.»
Et pendant qu'elles assistent les membres de leur famille, mari, parent, enfant, les aidantes naturelles n'ont pas le temps de monter aux barricades pour revendiquer.
Même Chloé Sainte-Marie qui avait un mari célèbre, n'a pas échappé à une fatigue extrême. «Alors, j'imagine ce que c'est pour celles qui ne peuvent même se payer un café, ni aucun répit.»
Tout en reconnaissant que les aidants naturels sont sortis de l'ombre ces dernières années et qu'ils ont fait des gains, elle estime qu'il reste encore beaucoup de travail à faire.
«Ce n'est pas seulement à cause de moi, se défend-elle quand on lui accorde le crédit de cet avancement. C'est à cause de chaque aidante. Moi, j'ai une tribune. Mais chaque aidante s'implique à sa façon dans sa communauté. C'est dans le nombre qu'on est puissantes.»
Et c'est à ce titre que les regroupements d'aidants naturels sont importants, insiste celle qui vient d'ailleurs de joindre le Réseau soutien aux aidants de Brome-Missisquoi qui s'associe au projet de la nouvelle Maison Gilles-Carle.
«Gilles faisait un parallèle entre le jeu d'échecs et la vie. Sur l'échiquier, ce sont les pions qui sont les plus nombreux et donc qui ont le pouvoir. Il ne faut pas le laisser aux politiciens», conclut-elle.
Changement à la Maison Gilles-Carle
Le projet de Chloé Sainte-Marie d'une maison de partage pour les aidants naturels, appelée La Maison Gilles-Carle, qui avait pris vie dans la belle résidence du couple de Saint-Paul-d'Abbotsford, vivra autrement.
La première maison vient d'être mise en vente et Mme Sainte-Marie a annoncé son association et un transfert de fonds vers le Réseau soutien aux aidants de Brome-Missisquoi. Une nouvelle maison ouvrira ses portes et cette fois pour offrir du répit aux aidants naturels.
Il semble que les besoins exprimés se situaient d'avantage à ce niveau pour les aidants que de l'hébergement pour personnes en perte d'autonomie. Des restrictions de zonage ne permettaient pas d'offrir ces services à la première maison.