Le président du réseau de la Fédération de l’Âge d’or du Québec, Maurice Dupont, a réagi aux tristes nouvelles qui sont sorties, cette semaine, au sujet des CHSLD et du travail trop lourd des préposés aux bénéficiaires.

Il faut un changement culturel

Trois-Rivières — «Il y a des personnes, au niveau de l’organisation, qui doivent regarder ce qui se passe et faire les ajustements nécessaires.» C’est en ces mots que le président du réseau de la Fédération de l’Âge d’or du Québec, Maurice Dupont, a réagi aux tristes nouvelles qui sont sorties, cette semaine, au sujet des CHSLD et du travail trop lourd des préposés aux bénéficiaires.

«Ce qui se passe, c’est déplorable et j’exprime toute ma compassion auprès des familles», indique M. Dupont qui connaît d’ailleurs la famille d’Anita Trépanier, cette dame décédée récemment des suites d’un événement survenu au CHSLD de Sainte-Thècle. «Quand je regarde ça, c’est démesuré. Quand on parle d’une qualité de vie adéquate, c’est pour toutes les personnes aînées, peu importe l’âge et dans notre tête, au niveau du réseau FADOQ, peu importe la situation», dit-il.

Le président rappelle que le réseau FADOQ avait déposé, en juin 2013, «un contrat social qui commande une qualité de vie adéquate pour toutes les personnes de 50 ans et plus au Québec, contrat qui a été signé par les ministres en poste à ce moment-là. «Pour moi, c’était une signature importante», dit-il. «Est-ce qu’on la respecte? Je n’ai pas à porter de jugement. Cependant, quand on regarde les choses, il faut questionner», estime-t-il.

M. Dupont rappelle que la FADOQ n’est pas une instance décisionnelle, mais qu’elle exerce néanmoins un pouvoir d’influence. Dans le cas de ce qui se passe dans les CHSLD depuis quelques années, «on a tendance à mettre la faute sur quelqu’un», constate M. Dupont, «mais je pense qu’il faut arriver à un changement culturel. Les familles, qu’elles s’expriment. Si les patients peuvent s’exprimer, qu’ils s’expriment. Les organismes comme le nôtre, qu’on s’exprime. Les gens du domaine politique, qu’ils s’expriment. Travaillons en concertation», propose-t-il.

De passage à Trois-Rivières vendredi matin, la ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l’intimidation, Francine Charbonneau, a indiqué que «tout ce qui touche les aînés passe d’un échange très régulier, je vous dirais presque journalier, avec le ministre de la Santé. Je parle aussi avec la ministre (Lucie) Charlebois» (déléguée de la Santé et des Services sociaux), dit-elle.

«Notre volonté, c’est qu’il y ait des gens sur le terrain pour s’occuper de nos aînés», indique Mme Charbonneau en rappelant les récents investissements du gouvernement qui totalisent quelque 100 millions $, dans ce dossier, pour embaucher du personnel.

La difficulté «est dans le recrutement», rappelle-t-elle. «On ne peut pas inventer les élèves qui vont prendre la formation», fait-elle valoir. «Il faut valoriser ce métier.»

Lorsque des familles vont sur la place publique pour dénoncer le fonctionnement des CHSLD, «ça me fend le cœur», dit-elle, «parce que les CHSLD, ce ne sont pas des milieux pour martyriser les gens. Ce sont des milieux de vie. C’est un milieu presque de fin de vie», dit-elle, où les gens doivent être en sécurité, plaide-t-elle.

Quand on fait valoir à la ministre que le problème en CHSLD dure depuis des années sans qu’on y voit de changement notable, elle répond: «Vous dites ça, mais il y a de très belles histoires. Là, on a une histoire malheureuse. On va aller voir ce qui s’est passé, mais une histoire malheureuse ne fait pas toutes les histoires de gens qui entrent en CHSLD. Il y a de belles histoires, en CHSLD. Il faut s’assurer, par contre, que lorsqu’il y a en une qui ne fonctionne pas, on va jusqu’au bout», dit-elle.

Les problèmes soulevés au sujet des CHSLD ne proviennent pas que d’une seule histoire malheureuse, comme en ont témoigné plusieurs familles au cours des derniers jours à Trois-Rivières. À ce chapitre, la ministre rappelle que des outils ont été mis en place qui permettent aux gens de dénoncer des situations qu’ils jugent inacceptables.

Mme Charbonneau indique que Trois-Rivières «fait partie d’un projet pilote pour le comité sociojudiciaire. Chaque fois qu’une famille dénonce, un suivi doit être fait par les dirigeants», explique-t-elle. «Et si ce n’est pas fait, maintenant, de par la Loi sur la maltraitance, il y a une reddition de comptes qui va être faite et le ministre de la Santé va être capable d’aller voir encore plus loin.»