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Annie-Kim Charest-Talbot, une jeune femme âgée de 27 ans qui est atteinte de paralysie cérébrale. veut être vaccinée le plus rapidement possible.
Annie-Kim Charest-Talbot, une jeune femme âgée de 27 ans qui est atteinte de paralysie cérébrale. veut être vaccinée le plus rapidement possible.

«Il faut se battre ensemble pour être protégé»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
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«On veut pouvoir continuer de participer à la société en tant que citoyen à part entière. Il faut se faire vacciner. Je veux participer activement et pour ça, il faut être en forme et en santé!» C’est le message que veut lancer Annie-Kim Charest Talbot, une jeune femme âgée de 27 ans qui est atteinte de paralysie cérébrale. Elle aimerait que les personnes handicapées aient accès au vaccin contre la COVID-19 en priorité.

La jeune femme comprend les règles, mais elle trouve la situation injuste par rapport à sa situation.

«J’ai 27 ans, ça va être long avant que je me fasse vacciner», lance-t-elle. «Je parle au je, mais je parle aussi au nom de toute la communauté des personnes handicapées de Trois-Rivières et ailleurs. Il faut se battre ensemble pour être protégé», ajoute Annie-Kim Charest Talbot.

La jeune femme a déjà eu des problèmes respiratoires dans le passé et sait qu’il y a des risques si elle contracte la COVID-19.

«J’ai peur, mais j’ai confiance que mon message sera entendu. Je suis certaine qu’ils vont faire les efforts nécessaires», insiste-t-elle.

Depuis un an, il y a eu beaucoup de stress, notamment quand des employés de la résidence où elle habite ont été malades. La jeune femme explique également être inquiète pour ses parents. Elle ne voudrait surtout pas leur transmettre la COVID-19.

«Je veux les protéger eux aussi. Je ne veux pas qu’ils l’attrapent. Ce sont mes aidants naturels et ils viennent me voir toutes les semaines», indique-t-elle.

L’Association des handicapés adultes de la Mauricie est d’avis que les personnes handicapées devraient être dans la liste de priorité du gouvernement pour la vaccination. «On ne comprend pas pourquoi ils ne sont pas priorisés. Dans les dernières années, il y avait eu de l’avancement au niveau de l’accessibilité des soins et des services pour les personnes handicapées. Il y a beaucoup de recul actuellement. On ne comprend pas pourquoi les personnes handicapées n’en font pas partie (des personnes priorisées). Ces gens-là ont été tout de suite en confinement au même titre que les personnes âgées. […] Quand c’est le temps de vacciner, tout d’un coup, ils ne sont plus au même niveau de priorité, on ne comprend pas», affirme Mélanie Lethiecq, directrice générale de l’organisme qui représente plus de 200 personnes handicapées.

Cette dernière assure que le vaccin est attendu impatiemment afin que tous puissent «reprendre un semblant de vie normale, déjà qu’ils sont limités dans leurs activités en temps normal compte tenu de leur situation de santé précaire pour plusieurs».

Plus le temps avance plus les facteurs de stress et d’anxiété s’intensifient, c’est même problématique dans certains cas selon l’organisme.

«Le fait d’être inactif a fait en sorte que plusieurs ont dépéri. […] Ça me fait mal au cœur des fois de constater leur état de santé un an plus tard», ajoute Mme Lethiecq.

Annie-Kim Charest Talbot espère que son message sera entendu afin de reprendre une vie normale le plus rapidement possible. «Mon but est de remonter sur scène justement pour montrer qu’on est des battants et qu’on a notre place à la télé, au cinéma, dans la société. […] On est capable de réussir malgré les difficultés comme tout le monde», insiste la jeune femme.

Rappelons que dans le Haut Saint-Maurice, Karine Thibeault réclame également que son fils de 20 ans, atteint d’une maladie dégénérative, l’amyotrophie spinale de type 2, soit vacciné plus rapidement. Dans une entrevue avec Le Nouvelliste, elle avait affirmé avoir «la peur au ventre depuis un an». Depuis son cri du coeur, la situation n’a pas bougé. La famille n’a reçu aucune nouvelle concernant la vaccination.