Mégane Denicourt et Laurence Dubuc ont pris la parole au nom des dizaines d’élèves rassemblés mardi à l’hôtel de ville de Trois-Rivières.
Mégane Denicourt et Laurence Dubuc ont pris la parole au nom des dizaines d’élèves rassemblés mardi à l’hôtel de ville de Trois-Rivières.

«Il faut que ça continue»: des jeunes réclament plus d’actions en environnement

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Un peu plus d’un an après avoir signé la Déclaration citoyenne d’urgence climatique, l’heure était au bilan pour la Ville de Trois-Rivières mardi, alors qu’elle recevait la visite de dizaines de jeunes des différentes écoles secondaire de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy et du Séminaire Saint-Joseph. Si plusieurs actions ont été mises en place depuis un an de part et d’autres, les élèves ont martelé qu’ils avaient l’intention de garder les élus à l’oeil pour que les efforts se poursuivent.

«On voit que beaucoup d’efforts ont été réalisés et il faut que ça continue. Ça prend des projets ambitieux pour répondre à l’urgence climatique», a signifié Laurence Dubuc de l’Académie des Estacades, qui n’a pas caché sa déception de constater que parfois, la machine municipale n’est pas aussi prompte à réagir et à changer que le voudraient ses camarades et elle.

Pourtant, la présidente de la Commission sur le développement durable et l’environnement, la conseillère municipale Mariannick Mercure, et son collègue Claude Ferron, ont fait la nomenclature de quelques-uns des projets réalisés en une seule année par le conseil municipal. Parmi ces mesures, on compte la distribution de plus de 450 composteurs domestiques et de développement de composteurs collectifs, l’éducation à l’environnement dans plusieurs écoles et institutions, la réduction des îlots de chaleur par la plantation de plus de 420 arbres, etc.

Par ailleurs, pour 2020, les deux conseillers municipaux ont également rappelé que le budget pour la plantation d’arbres avait été augmenté à 400 000$, et que des efforts importants avaient été déployés pour améliorer la mobilité active en doublant le budget consacré aux pistes cyclables, de même que l’amélioration du réseau de transport en commun avec 1,7 M$ de plus.

«Quand on rencontre les jeunes comme ça, ça me donne de l’énergie pour deux mois. Ils trouvent que ça ne va pas assez vite, et je suis tellement d’accord. Il y a urgence climatique, on veut agir, mais c’est une grosse machine, il y a plein de contraintes et il faut travailler avec ces contraintes», signale la conseillère municipale Mariannick Mercure.

«Je suis très fière des réalisations de la Ville, mais j’espère vraiment que cette volonté de faire des choses pour l’environnement devienne un devoir et que nous allons voir un peu partout dans le Québec une multitude de projets qui vont être mis en place pour favoriser l’environnement et la sauvegarde de la planète», ajoute Mégane Denicourt de l’école secondaire des Pionniers.

De leur côté, les élèves ont rappelé les actions posées cette année dans les différentes écoles, dont l’exigence pour les concessionnaires de cafétérias d’être plus écoresponsables, le bannissement des bouteilles de plastique à usage unique et l’installation de fontaines pour remplir les bouteilles réutilisables, la transformation d’un îlot de chaleur en cour d’école plus verte, la plantation de 200 arbres, l’installation de jardins communautaires et l’installation de bornes de récupération des piles, ou encore de bacs pour favoriser le tri des déchets et le compostage.

Plastique à usage unique

«Notre but est vraiment que les plastiques à usage unique soient bannis, et si on pouvait les bannir d’ici 2021, ce serait vraiment un rêve de réalisé», a spontanément lancé Laurence Dubuc. Un projet sur lequel planche la Commission du développement durable et de l’environnement, note Mariannick Mercure.

«La Commission est définitivement pour un changement. Maintenant il y a plein de choses qu’on peut faire et on étudie les différents modèles. Mais tout le monde est d’accord sur le fait qu’on bouge, sur le plastique à usage unique et le styromousse. On avance vraiment. J’espère que ça va être cette année que ça va se passer», ajoute-t-elle.

Toutefois, le principal objectif demeure la lutte aux gaz à effets de serre, un objectif qui doit impérativement passer par le travail sur la mobilité, ajoute Claude Ferron. «C’est l’éléphant dans la pièce. Personne ne veut agir mais c’est là qu’il faut taper, dans la mobilité active et collective. Si on ne va pas là, c’est impossible de voir les GES diminuer», mentionne Claude Ferron, précisant que la STTR se devra elle aussi d’être audacieuse en ce sens.