Yvon Deshaies

«Il faut que ça bouge»

LOUISEVEILLE — Différents promoteurs souhaitent lancer des projets de développements résidentiels à Louiseville afin de profiter de la création de centaines d’emplois au sein de la MRC de Maskinongé.

IsocanMed a annoncé vendredi son intention d’agrandir dès l’automne son usine de cannabis thérapeutique et de créer près de 300 emplois, dont quelque 200 à la production. Cette orientation de la compagnie, qui s’ajoute entre autres aux 350 emplois à venir chez ATrahan Transformation de Yamachiche, réjouit au plus haut point Yvon Deshaies. Mais le maire est fort conscient que le défi d’attirer des travailleurs dans la région entraîne celui de pouvoir les loger sur le territoire. Des actions seront assurément prises à court terme, prévoit-il.

«Quand j’ai lu la nouvelle ce matin (vendredi), j’étais content. La création d’autant d’emplois est un beau casse-tête, mais il faut que ça bouge dans les prochaines semaines. J’ai rencontré des gens d’affaires hier (jeudi) après-midi. Trois promoteurs, des gens sérieux, veulent bâtir des blocs en rangée pour du locatif. Ils sont prêts à commencer demain matin en bâtissant deux blocs. Et ils sont prêts à en bâtir au fur et à mesure de la demande.»

Selon les explications de M. Deshaies, ce type de bâtiment serait érigé sur deux étages afin de limiter l’espace au sol. Chaque bâtiment serait constitué de quatre logements de 5,5 pièces.

«C’est quelque chose de beau, ajoute le maire. J’ai vu les plans. C’est bien organisé. C’est une solution qui me plaît. Les gens vont vivre chez nous, dépenser chez nous, car les gens d’en dehors doivent venir s’établir avec leur famille.»

Un autre projet consiste à ériger des immeubles composés de studios afin d’accueillir les personnes provenant de l’extérieur de la région qui viennent travailler au sein d’entreprises de la MRC de Maskinongé.

«C’est aussi un beau projet, c’est parfait pour accueillir les gens seuls», ajoute le maire.

La Ville doit maintenant trouver un endroit sur son territoire qui peut accueillir ce genre de projets domiciliaires. La partie est du secteur du Moulin Tourville pourrait être une option.

Un projet résidentiel au nord de la ville est aussi dans les cartons d’un entrepreneur depuis deux ans. La Ville veut d’abord régler son problème de capacité du réseau d’égout de l’avenue Dalcourt avant de donner l’autorisation au promoteur, ce qui ne devrait pas tarder avec la réfection complète des infrastructures de cette artère qui s’amorcera cette année sur la portion entre la rue Notre-Dame Nord et la rue Ricard.

Vendredi dernier, la Ville a ouvert les soumissions concernant ce chantier évalué à près de 10 millions de dollars.

Deux entreprises ont présenté une proposition. Construction et pavage Boisvert, de Saint-Étienne-des-Grès, est arrivée avec la plus basse soumission à 8 570 227,50 $ plus taxes, soit moins de 8000 $ de moins que Construction Généreux.

Le constat d’une si petite marge entre deux soumissions et le fait d’avoir reçu uniquement deux propositions n’inquiètent pas outre mesure René Boilard, directeur des travaux publics de Louiseville.

«Ce n’est pas surprenant d’avoir deux soumissions dans la mesure où c’est un vrai gros chantier qui va s’étirer sur deux années pleines et une troisième année avec quatre semaines de travaux. Ce n’est pas tous les entrepreneurs qui sont prêts à hypothéquer deux ans et demi de calendrier pour toutes sortes de raisons. C’est sûr que plus on a de soumissions, plus on est heureux, car ça permet d’avoir une bonne validation des prix. Mais je suis satisfait: si on avait eu un écart de 2,5 millions de dollars entre les deux soumissions, on aurait pu être nerveux. Là, les deux entrepreneurs voient le chantier de la même manière. C’est sécurisant. Et les prix soumis respectent l’enveloppe budgétaire fixée.»

Jusqu’à maintenant, la soumission de Boisvert semble conforme. Avant que le conseil donne le contrat par résolution, la Ville doit recevoir l’aval du ministère des Transports du Québec, partenaire dans ce chantier.

M. Boilard confirme que les documents ont été acheminés au MTQ aux fins d’approbation.

Si tout est conforme, la Ville souhaite accorder le contrat lors d’une séance spéciale le 7 mai afin de permettre au chantier de s’amorcer dès le début du mois de juin.

Ainsi, l’entrepreneur aura le temps de commander ses matériaux dans le but de procéder au pavage de la portion de rue refaite vers la mi-octobre, soit avant l’arrivée des températures plus froides.