Le député de Saint-Maurice-Champlain et ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne.

Il faut «aller au fond des choses», estime François-Philippe Champagne

Trois-Rivières — De passage dans la région jeudi, le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, avoue dans la foulée des départs de deux ministres que le gouvernement libéral fait face à des «enjeux majeurs». Quelques heures après une déclaration du premier ministre Justin Trudeau sur la tourmente qui secoue son gouvernement, le député de Saint-Maurice-Champlain continue d’affirmer qu’il faut «aller au fond des choses» dans l’affaire SNC-Lavalin.

«C’est un enjeu sérieux. Il ne faut pas limiter l’enjeu auquel on fait face. Mais il n’y a personne qui se lance en politique en pensant que ça allait être facile. Je dis qu’il faut continuer, aller au fond des choses et faire la lumière», a déclaré en entrevue François-Philippe Champagne.

«Je le dis depuis le début. Il faut écouter les autres témoignages pour faire toute la lumière.»

À ce titre, le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités soutient que le témoignage de Gerald Butts, l’ancien chef de cabinet du premier ministre, qui a été livré environ une semaine après celui de Jody Wilson-Raybould, l’ancienne ministre de la Justice et procureure en chef du Canada, a apporté «une autre version des faits».

«Ce que je retiens du témoignage de M. Butts et de M. Trudeau ce matin (hier), c’est que M. Trudeau avait à l’esprit les 9000 emplois [de SNC-Lavalin] à travers le pays. M. Butts disait finalement que nous, ce qu’on demandait, c’est que la procureure générale du Canada considère une deuxième opinion», a ajouté le député de Saint-Maurice-Champlain.

Rappelons que l’ancienne ministre de la Justice, qui a occupé le poste de ministre des Anciens combattants durant 29 jours avant sa démission le 12 février dernier, affirme que le bureau du premier ministre Justin Trudeau a fait des pressions politiques dans l’affaire SNC-Lavalin. François-Philippe Champagne se range derrière son chef en soutenant que les démarches du bureau du premier ministre étaient «raisonnables».

«Quand tu as 9000 emplois, c’est raisonnable de demander une deuxième opinion. Je l’ai toujours dit, je serais toujours une voix forte autour du cabinet pour défendre les régions, défendre le Québec, défendre les travailleurs, défendre l’économie, tout en respectant toutes les règles de droits et d’éthique. Je n’y vois pas de contradiction», a soutenu le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités. «On peut faire valoir notre point de vue au sein du cabinet tout en respectant l’indépendance du procureur général.»

Le départ de Jody Wilson-Raybould a entraîné celui de la présidente du Conseil du Trésor du Canada, Jane Philpott, qui affirmait ne plus avoir confiance envers le gouvernement de Justin Trudeau. Bien qu’elle n’ait pas dit directement qu’elle n’avait plus confiance en Justin Trudeau, Jody Wilson-Raybould s’était plutôt contenté de ne pas répondre à cette question lorsqu’elle lui a été posée par le comité parlementaire de la Justice. François-Philippe Champagne ne croit pas que ces deux départs du cabinet des ministres ne soient que la pointe de l’iceberg.

«Deux collègues ont fait des choix. Je les respecte. Ce sont deux amies, Mme Philpott était assise juste à côté de moi pendant trois ans au cabinet. Et comme ministre de l’Infrastructure, on travaille beaucoup avec la présidente du Conseil du Trésor. Je respecte son choix, mais j’aurais aimé ça qu’elle ait la chance d’entendre toute la vérité. C’est ce que nous avons vu dans les témoignages, il semble que les versions soient différentes», a également déclaré François-Philippe Champagne.

Le député de Saint-Maurice-Champlain estime aussi qu’il était légitime pour le bureau du premier ministre «de faire valoir qu’on s’était donné un autre outil pour mettre des sanctions sévères contre une entreprise qui a commis des actes illégaux». «Pourquoi on n’a pas utilisé cet outil?», se questionne-t-il.

Des investitures à venir

Alors que nous sommes à près de sept mois des élections, le Parti libéral du Canada s’apprête à tenir des investitures dans les circonscriptions de la région. François-Philippe Champagne, qui doit tenir son investiture dans quelques semaines, affirme que plusieurs candidatures sont pressenties dans les circonscriptions de la région.

«On a beaucoup de candidates qui se sont manifestées par exemple dans Trois-Rivières. On a des gens qui sont intéressés dans Maskinongé et Bécancour-Nicolet-Saurel», a précisé M. Champagne. «On a beaucoup de femmes qui veulent ajouter une voix forte pour défendre les intérêts de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Ce sont des investitures ouvertes, ceux qui veulent se présenter se présenteront. Mais je suis content de voir qu’il y a autant de candidatures pour défendre la bannière libérale lors de la prochaine élection.»

Rappelons que l’ancienne attachée politique de la ministre et députée provinciale de Laviolette Julie Boulet, Amina Chaffaï, a déjà affirmé publiquement qu’elle envisage de se présenter à l’investiture dans Trois-Rivières.