Pas de football sous le mandat du recteur McMahon, et ce, pour une question d’argent.

Il faudra refléter la démographie étudiante

TROIS-RIVIÈRES — Les amateurs de football qui rêvent d’une équipe universitaire à Trois-Rivières devront prendre leur mal en patience. En entrevue éditoriale au Nouvelliste, le recteur, Daniel McMahon, réitère qu’il n’en est pas question tant et aussi longtemps que l’UQTR sera aux prises avec un déficit budgétaire.

Même s’il anticipe de régler cette situation financière assez prochainement, soit avant son départ dans 23 mois, le football n’est pas dans la mire de son administration. «Faire du foot, c’est une grosse décision. Je ne suis pas sûr qu’on a les moyens de se payer des entraîneurs, comme Laval et Montréal se paient», fait-il valoir. «Personnellement, j’aime mieux développer d’autres sports qui sont déjà implantés et qui ont de bonnes filières au niveau régional et qu’on est capable de supporter correctement», plaide-t-il.

Le recteur a également une pensée, à ce chapitre, pour les femmes qui étudient à l’UQTR. C’est qu’elles représentent maintenant 66 % de la clientèle, souligne-t-il. Les règles de USports, l’alliance qui réunit tous les sports universitaires au pays, veulent que la composition des équipes «soit le reflet de la démographie de l’Université», rappelle le recteur.

«Je ne dis pas qu’il n’y aura jamais de foot», précise-t-il, mais il appert que les étoiles ne sont pas alignées, fait-il valoir.

La haute administration de l’UQTR a d’ailleurs bien d’autres chats à fouetter en matière de sports universitaires et d’équipements sportifs, à commencer par la piscine du CAPS.

Daniel McMahon explique que les surprises survenues lorsque les tuiles ont été enlevées autour de la piscine vont faire grimper la facture de réfection de «plusieurs centaines de milliers de dollars». Le recteur refuse d’être plus précis, l’affaire étant en litige en ce moment.

C’est que le béton situé sur les deux côtés longs de la piscine s’effrite et doit donc être remplacé. Il faut déterminer qui paiera cette imposante facture. «Il faut savoir l’origine de ça. Si c’est une usure normale, on va l’assumer», dit-il, mais si c’est quelque chose qui découle d’une mauvaise construction, ça ouvre la porte à d’autres actions, fait-il valoir. «C’est ce qui cause des délais parce que ça demande expertise par-dessus expertise pour être certain de notre situation.»

Les dommages occasionnés par cette situation ne sont pas tant au niveau des coûts de réparation et des pertes de revenus, dit-il, qu’au niveau de la réputation de cet équipement et des liens avec la communauté. «On veut se rapprocher du milieu, mais on empêche le milieu de venir sur le campus et ça fait bien plus mal que la couple de centaines de milliers de dollars qu’on perd» (en revenus de fréquentation), explique-t-il.

Le projet mis de l’avant par l’ancienne administration qui comprenait un aréna n’a jamais eu de suites avec l’administration McMahon, «d’autant plus qu’on aura un nouveau Colisée», à Trois-Rivières, fait valoir le recteur.

Ce dernier ne cache pas que l’UQTR est «en discussion avec la Ville par rapport à l’utilisation du nouveau Colisée. On serait bien intéressé à pouvoir aller jouer là-bas. On a un plan de match. On a fait nos devoirs. On va arriver avec quelque chose d’intéressant à soumettre», dit-il. Il faudra toutefois attendre l’élection à la mairie de la Ville, précise-t-il.

Le terrain de soccer, rappelons-le, de même que la piste d’athlétisme qui l’entoure seront refaits cet été, rappelle le recteur. «On va pouvoir tenir des événements majeurs au niveau de l’athlétisme», souligne-t-il. «On aura huit corridors au lieu de six. Quand on a huit corridors, on peut tenir les finales canadiennes», dit-il. L’UQTR pourra donc envisager de recevoir les Jeux du Québec et les Jeux du Canada, signale-t-il. D’ailleurs, cela pourrait permettre d’aller chercher d’autres équipements pour la Ville», signale-t-il.

Le recteur ajoute que l’UQTR s’aligne sur son nouveau plan de développement du sport universitaire.

«En volley-ball, on passe en division 1. Il y a d’autres sports qu’on veut introduire. On en a parlé avec la Ville», dit-il.

Beaucoup de développements ont un lien avec la Fondation de l’UQTR», précise-t-il toutefois.

Daniel McMahon assure que l’UQTR travaillera avec le Cégep dans certains dossiers sportifs. Le Cégep doit d’ailleurs lui aussi refaire sa piscine, rappelle-t-il.

Le recteur signale que beaucoup de travail a été réalisé afin de rehausser le sentiment d’appartenance envers les équipes universitaires de l’UQTR. «Des choses vont être faites», assure-t-il. «L’offre sportive et culturelle est rendue énorme. Donc, ça prend des actions assez musclées pour être capable de créer un buzz autour de certains événements. Et c’est dans cet esprit-là qu’on travaille actuellement pour nos sports Patriotes», dit-il.