Jacques Gilbeault et sa conjointe Line Dion sont très fiers de la nomination de Steven Guilbeault.
Jacques Gilbeault et sa conjointe Line Dion sont très fiers de la nomination de Steven Guilbeault.

«Il est fidèle à lui-même», affirme le père de Steven Guilbeault

La Tuque — «C’est tellement gratifiant, ça nous fait vraiment plaisir!» C’est avec beaucoup d’émotion que Jacques Guilbeault parle de l’élection de son fils Steven et de sa récente nomination au Conseil des ministres. Il sent également que toute la Haute-Mauricie est fière de voir le Latuquois à la tête du ministère du Patrimoine canadien.

«Le soir de l’élection, c’était très émotif. On a beau être fait dur... l’émotion sort de temps en temps. On était fébrile un peu. Le soir même, les résultats ne sortaient vraiment pas, il a fallu attendre après 23 heures. Quand je l’ai vu aux nouvelles, j’étais très fier. On ne peut pas faire autrement», lance Jacques Guilbeault.

«Il y avait une journaliste sur place. Il avait de la misère à trouver ses paroles, c’est rare. Je peux vous dire que je ne me suis pas couché tout de suite», ajoute-t-il.

Steven Guilbeault s’était fait connaître en 2001 alors qu’il avait escaladé la Tour du CN à Toronto pour que le Canada ratifie le Protocole de Kyoto. Jacques Guilbeault était loin de se douter à ce moment que son fils prendrait un virage politique.

«On était à Montréal chez ma sœur. Il faisait beau puis on a écouté les nouvelles. Quand ils ont parlé des deux gars dans la Tour de Toronto, j’étais certain que c’était mon gars. Il m’avait dit qu’il allait passer une semaine à Toronto. Il ne m’avait pas tout dit... J’étais certain que c’était lui et, comme de fait, c’était lui», se souvient-il.

«Dans ce temps-là, il n’était pas question de politique. Il travaillait pour l’environnement.»

Steven Guilbeault avait déjà été sollicité dans le passé pour joindre les rangs politiques, raconte son père, mais il n’avait pas fait le saut.

Si Jacques Guilbeault a soutenu son fils tout au long de l’aventure, il avoue ne pas l’avoir fait sur-le-champ.

«Au début non, c’est de l’ouvrage! L’automne dernier, sa décision était prise! Alors on lui a dit vas-y, il faut l’essayer.»

«Il avait été approché par Gilles Duceppe à un certain moment, mais dans ce temps-là, les enfants étaient très jeunes. […] L’automne passé, on a commencé à entendre que M. Trudeau l’avait approché et qu’il était en réflexion. Il a dit oui», explique-t-il.

Jacques Guilbeault est convaincu que le nouveau ministre du Patrimoine canadien sera un bon ministre... et pas seulement parce que c’est son fils.

«C’est un gars qui est calme, il ne lève pas la voix, je pense bien qu’il sera un bon ministre s’il reste dans ses convictions», soutient M. Guilbeault.

«C’est un gars très humble. Il ne cherche pas à se vanter. Il reste lui-même et je pense que ça, les gens l’apprécient. Il croit en ses valeurs, en ses combats», ajoute Line Dion, la conjointe de Jacques Guilbeault.

D’ailleurs, les deux hommes se sont parlés il n’y a pas si longtemps, après une première semaine officielle dans ses nouvelles fonctions.

«Je l’ai appelé justement dimanche pour voir comment s’était passée sa première semaine comme ministre. Il allait à Toronto, Ottawa, Montréal... C’est un gros ministère. Je lui ai posé la question: “Steven vas-tu continuer de voyager en train?” Il a dit oui. La voiture, le moins possible. Il est fidèle à lui-même», assure Jacques Guilbeaut.

«On sait que certaines personnes peuvent être désappointées de ne pas le voir à l’Environnement, mais on ne peut pas plaire à tout le monde. Pour tout de suite, ce ministère-là, c’est une bonne partance. Il a le droit de parole au Conseil des ministres...»

Jacques Guilbeault sent aussi que c’est toute la communauté de La Tuque qui soutient son fils, un Latuquois d’origine.

«La plupart des gens que je rencontre sont contents. Les gens nous félicitent. J’ai vu sa mère au Colisée dernièrement, c’est pareil pour elle. Les gens sont contents. Après tout, c’est un petit gars de chez nous. Steven était connu ici, il a fait pas mal de ski. À La Tuque, ce n’est pas Montréal, quand on va au centre de ski, on voit presque tout le village. Même les gens qui ne votent pas libéral sont fiers. Ils sont fiers du petit gars de chez nous», souligne celui qui a été bénévole pendant de nombreuses années dans la communauté de La Tuque pour la Croix Rouge et les Chevaliers de Colomb.

«Ses grands-parents seraient fiers aussi», ajoute M. Guilbeault.

Quant aux critiques et aux commentaires négatifs, le père de Steven Guilbeault ne s’en fait pas trop.

«Il ne faut pas s’arrêter à ça. Il va toujours y avoir des gens qui vont critiquer et on ne peut pas plaire à tout le monde. Ça ne m’atteint pas du tout. Donnez-lui simplement la chance de travailler», a-t-il conclu.