De nombreux visiteurs ont profité du beau temps et de l'invitation d'IDE Trois-Rivières pour visiter l'aéroport de Trois-Rivières, samedi.

IDE mesure l’acceptabilité sociale d’une expansion de l'aéroport de Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Samedi, la population de Trois-Rivières était invitée à découvrir l’aéroport de Trois-Rivières, dans le cadre d’une journée portes ouvertes. Une rare occasion pour les petits et les grands de voir de près plusieurs les aéronefs qui s’y trouvent et de découvrir les activités autour de l’aéronautique dans la région, notamment sur le plan de la formation. Mais pour Innovation et développement économique Trois-Rivières (IDE), ces portes ouvertes étaient surtout l’occasion de mesurer l’acceptabilité sociale d’une éventuelle augmentation des activités de l’aéroport.

La dernière activité portes ouvertes à l’aéroport remonte à 2012, alors que l'institution fêtait ses 50 ans. Plus de 4000 personnes avaient visité les installations situées au nord-ouest de la ville, près du boulevard Saint-Jean. Sept ans plus tard, IDE a décidé de tenter à nouveau l’Expérience, question de mieux faire connaître le site et les activités qui s’y déroulent.

«L’aéroport est peu connu: on reçoit des gros porteurs, mais les gens ne les voient pas. Pourtant, l’aéroport appartient aux gens de Trois-Rivières, alors c’est important qu’ils sachent ce qui s’y passe», souligne Jean Côté, directeur adjoint d’IDE.

L’activité en soi avait tout le potentiel d’intéresser les familles, qui étaient d’ailleurs nombreuses sur place. Le tarmac leur était en partie ouvert, leur permettant de voir de près plusieurs petits appareils disposés le long de la piste et d’en voir certains décoller. Ils ont également pu découvrir la station météorologique d’Environnement Canada et l’aérogare. Il était également possible de voir de près un avion de ligne en entretien dans un des hangars d’AAR. Des exposants reliés au domaine de l’aéronautique étaient également présents. 

IDE Trois-Rivières souhaite construire une nouvelle aérogare, plus grande, ce qui lui permettrait d'offrir des vols à bord d'avions de ligne.

Coup de sonde

IDE Trois-Rivières ne cache toutefois pas que cette visite servait de prétexte pour mesurer l’acceptabilité sociale de l’expansion de l’aéroport, avec la construction à venir d’une nouvelle aérogare, puisque celle existante commence à dater. Bien que l’expansion en question ne prenne pas forcément davantage d’espace, elle pourrait impliquer plus de va et viens dans le ciel trifluvien et plus de bruit.

«On veut augmenter les activités à l’aéroport, le rentabiliser davantage, explique M. Côté. C’est pour ça qu’on veut créer des impacts (avec une journée portes ouvertes), sensibiliser les gens à l’importance de l’aéroport.»

M. Côté indique que des tests pour mesurer le bruit actuel et projeté advenant une telle expansion ont déjà été effectués.

L’organisme qui gère l’aéroport souhaite donc une croissance des activités d’AAR, mais également l’implantation de davantage d’entreprises qui lui seraient complémentaires. Le plus gros projet est toutefois le transport de passagers. Sachant que l’aérogare actuelle est vétuste, IDE aimerait en construire une nouvelle, plus verte, mais surtout, plus grande, capable d’accueillir des passagers en nombre intéressant. L’aéroport a par ailleurs la capacité d’accueillir de tels vols (la piste d’atterrissage fait 2744 m de long, soit presque 2 m de plus que celle de l’aéroport de Québec, comme aime le rappeler IDE), la preuve en est que les avions s’y posent déjà pour être entretenus par AAR. Il manque toutefois le feu vert d’Ottawa: de l’argent.

«Le premier domino qui doit tomber avant que le projet aille de l’avant, c’est le financement, soutient M. Côté. Je pense qu’on a déjà l’acceptabilité sociale: j’ai demandé aux gens dans la salle quels étaient ceux qui aimeraient pouvoir prendre des vols pour le sud depuis Trois-Rivières et tout le monde a levé la main. Tout est là, la station météo, les lumières de pistes: il ne manque que l’aérogare.»

M. Côté espère d’ailleurs que les 4 millions $ promis peu avant le déclenchement de la campagne électorale par le ministre des Infrastructures et des Collectivités, François-Philippe Champagne, ne tarderont pas trop à arriver.